Bereshit 7
Bereshit 7-8
Traduction en cours
L'entrée dans la tevah
YHWH (YHWH / יְהוָה) formula (vayomer / וַיֹּאמֶר) à Noach (Noach / נֹחַ) [Noach — de nuach (נוּחַ) : se poser, trouver sa demeure — le repos fonctionnel] :
« Viens dans l'arche (tevah / תֵּבָה), toi et toute ta maisonnée (kol beitecha / כָּל-בֵּיתְךָ) [kol beitecha — la totalité de ceux qui vivent sous ton autorité et ta responsabilité fonctionnelle : non une famille au sens affectif, mais une unité de gouvernance], car c'est toi que j'ai examiné (ra'iti / רָאִיתִי) [ra'iti — de ra'ah : le regard évaluateur. Même regard qu'Elohim portait sur son œuvre dans Bereshit 1 — YHWH a examiné Noach et a constaté sa conformité fonctionnelle] comme tsadiq (tsadiq / צַדִּיק) [tsadiq — intraduisible, déjà posé en Bereshit 6:9] devant moi dans cette génération. »
De tout grand quadrupède Tahor (behemah hatehoorah / הַבְּהֵמָה הַטְּהוֹרָה) [Tahor — intraduisible. La pureté fonctionnelle rituelle : ce qui peut entrer en contact avec le domaine sacré sans le perturber. Première occurrence dans toute la Bible — Noach en connaît déjà la distinction sans que le texte l'explique : cette catégorie est opératoire avant Sinaï] — sept paires (shivah shivah / שִׁבְעָה שִׁבְעָה) [sept — unité de plénitude et d'accomplissement, non un décompte arbitraire], mâle (ish / אִישׁ) et son appariée (ve'ishto / וְאִשְׁתּוֹ) [ish ve'ishto — littéralement "un homme et sa femme" : le texte utilise les termes relationnels humains pour les animaux — une parité fonctionnelle entre l'humain et l'animal dans l'acte de préservation] — et des grands quadrupèdes qui ne sont pas Tahor (lo tehorah / לֹא טְהֹרָה) — deux, mâle et son appariée.
Aussi des créatures ailées des Cieux (me'of hashamayim / מֵעוֹף הַשָּׁמָיִם) — sept paires, mâle (zakhar / זָכָר) et femelle (nqevah / נְקֵבָה), pour maintenir la semence (zera / זֶרַע) en vie [zera — la graine, la semence : le principe de continuité propre à chaque espèce, déjà défini en Bereshit 1 verset 11. L'arche préserve non seulement les créatures mais leur capacité à se perpétuer] sur la face de toute la Terre.
Car dans sept jours encore, j'amènerai de la pluie sur la Terre — quarante jours et quarante nuits (arba'im yom ve'arba'im laylah / אַרְבָּעִים יוֹם וְאַרְבָּעִים לָיְלָה) [quarante — unité fonctionnelle hébraïque de transformation : la durée qu'il faut pour qu'une réalité se transforme fondamentalement. Même chiffre pour les quarante ans au désert, les quarante jours de Moïse sur la montagne, les quarante jours d'Élie. Ce n'est pas une durée météorologique — c'est la durée d'une métamorphose cosmique] — et j'effacerai (umachiti / וּמָחִיתִי) [machah — effacer comme on efface une écriture de la surface sur laquelle elle était inscrite. Même terme qu'en Bereshit 6 verset 7 : retirer fonctionnellement ce qui avait été inscrit dans l'existence] tout ce qui se tient dans l'existence (hayiqum / הַיְקוּם) [yiqum — de qum (se tenir debout, exister) : tout ce qui a une stature dans le cosmos créé, tout ce qui se tient debout dans l'ordre fonctionnel. Un seul mot hébreu pour "tout ce qui vit et se tient dans l'existence"] que j'ai mis en place, de la face du sol concret.
Et Noach fit (vaya'as / וַיַּעַשׂ) selon tout ce que YHWH lui avait commandé.
Et Noach avait six cents ans, et le déluge (mabbul / מַבּוּל) était des eaux sur la Terre.
Et Noach vint — lui, ses fils, sa ishah (ishto / אִשְׁתּוֹ) [ishah — intraduisible. Non pas "femme" au sens social ni "épouse" au sens juridique : l'ishah est l'être édifié (banah) pour faire face à l'ish, tiré de lui et lui faisant face — "os de mes os, chair de ma chair" (Bereshit 2). Le lien ish/ishah est une alliance de l'être même, antérieure à tout contrat. Laissé en hébreu comme Ruach et Nefesh] et les ishah (neshei / נְשֵׁי) [neshei — pluriel construit de ishah : les ishah appartenant à, liées par alliance à] de ses fils avec lui — dans l'arche, loin des eaux du déluge.
Parmi les grands quadrupèdes Tahor et parmi les grands quadrupèdes qui ne sont pas Tahor, parmi les créatures ailées (ha'of / הָעוֹף) et tout ce qui rampe (romes / רֹמֵשׂ) sur le sol concret —
deux par deux (shnayim shnayim / שְׁנַיִם שְׁנַיִם), ils vinrent vers Noach dans l'arche, mâle et femelle, comme Elohim l'avait commandé à Noach.
Et il advint, au bout de sept jours, que les eaux du déluge survinrent sur la Terre.
Le mabbul
En l'an six cents de la vie de Noach, le deuxième mois, le dix-septième jour du mois — en ce jour précis : toutes les sources (ma'ayanot / מַעְיְנֹת) du grand tehom (tehom rabbah / תְּהוֹם רַבָּה) [tehom rabbah — écho délibéré de Bereshit 1, verset 2 : les eaux primordiales sans fond, sans limite, sans bord — sur lesquelles reposait le cosmos non encore ordonné. Ce que Bereshit 1 avait scellé sous et au-dessus remonte et s'ouvre : la décréation commence là où la création avait commencé — le tehom] se fendirent (nibqe'u / נִבְקְעוּ), et les écluses (arubbot / אֲרֻבֹּת) [arubbot — les écluses, les fenêtres du ciel. Les Cieux retiennent les eaux supérieures — quand elles s'ouvrent, ce que la Voûte maintenait séparé se déverse] des Cieux s'ouvrirent.
Et la pluie (gueshem / גֶּשֶׁם) fut sur la Terre quarante jours et quarante nuits.
En ce même jour vinrent Noach, et Shem (Shem / שֵׁם) [Shem — intraduisible : l'acte d'existence fonctionnelle lui-même — non pas "le nom" au sens français, mais ce qui fait entrer une réalité dans l'ordre en la nommant], Cham (Cham / חָם) [Cham — de cham (חָם) : chaleur] et Yaphet (Yaphet / יָפֶת) [Yaphet — de pata (פָּתָה) : étendre, élargir], fils de Noach, et ishah de Noach (eshet Noach / אֵשֶׁת נֹחַ) [eshet — forme construite de ishah : "l'ishah de" — la forme construite désigne la relation d'alliance qui unit l'ishah à l'ish dont elle partage l'existence] et les trois ishah (neshei / נְשֵׁי) de ses fils avec eux — dans l'arche.
Eux et toutes les bêtes sauvages (chayah / חַיָּה) selon leur espèce, et tous les grands quadrupèdes selon leur espèce, et tous les rampants (remes / רֶמֶשׂ) qui rampent sur la Terre selon leur espèce, et toutes les créatures ailées selon leur espèce — tout petit oiseau (tsippor / צִפּוֹר) [tsippor — l'oiseau singulier et identifiable, de tsafar (pépier, gazouiller) : distinct d'of (la catégorie fonctionnelle des créatures ailées) — tsippor désigne l'individu concret, l'oiseau nommable], toute aile (kanaf / כָּנָף).
Ils vinrent vers Noach dans l'arche, deux par deux, de toute chair (kol basar / כָּל-בָּשָׂר) en qui est un Ruach de vie (ruach chayyim / רוּחַ חַיִּים) [ruach chayyim — le Ruach dans sa dimension vitale créaturelle : le souffle animant qui fait vivre chaque être. Distinct du Ruach d'Elohim de Bereshit 1 (présence divine agissante sur les eaux du chaos) — mais de même racine : tout ce qui a reçu du Ruach, tout ce qui vit par le Ruach, entre dans l'arche. La vie animée est préservée pendant que la décréation efface tout le reste].
Et ceux qui vinrent, mâle et femelle de toute chair, vinrent comme Elohim l'avait commandé à Noach — et YHWH referma (vayisguer / וַיִּסְגֹּר) derrière lui [YHWH referme la porte de l'arche — non Noach. L'arche est entre les mains de YHWH depuis son entrée jusqu'à sa sortie : Noach n'est pas capitaine, il est passager porté].
La submersion
Et le déluge fut sur la Terre quarante jours — et les eaux se multiplièrent (vayirbu / וַיִּרְבּוּ) et soulevèrent (vayis'u / וַיִּשְׂאוּ) l'arche, et elle s'éleva au-dessus de la Terre.
Et les eaux dominèrent (vayigberu / וַיִּגְבְּרוּ) et se multiplièrent grandement sur la Terre — et l'arche allait sur la face des eaux (al pnei hamayim / עַל-פְּנֵי הַמָּיִם) [écho délibéré de Bereshit 1, verset 2 : "la face des eaux primordiales était dans les ténèbres" — le Ruach d'Elohim couvait sur cette face. Le cosmos est retourné à son état d'avant l'ordination. Mais l'arche flotte sur cette face : la vie est préservée au-dessus du non-être].
Et les eaux dominèrent de plus en plus (me'od me'od / מְאֹד מְאֹד) [me'od me'od — superlatif redoublé. La même intensification que tov me'od au dernier verset de Bereshit 1, pour l'accomplissement total du cosmos. Ici pour sa submersion totale — le chiasme est complet : ce qui était tov me'od est maintenant pleinement et totalement recouvert] sur la Terre — et toutes les hautes montagnes sous tous les Cieux furent recouvertes.
Quinze coudées au-dessus les eaux dominèrent — et les montagnes furent recouvertes.
Et toute chair qui rampait sur la Terre expira (vayigva / וַיִּגְוַע) [gava — rendre le dernier souffle, expirer. Non le mot ordinaire pour "mourir" — le Ruach sort de la chair. Ce qui avait un Ruach de vie perd son Ruach] — parmi les créatures ailées, parmi les grands quadrupèdes, parmi les bêtes sauvages, parmi tous les grouillants qui grouillent sur la Terre, et tout l'Être façonné du sol.
Tout en qui était la neshamah (nishmat / נִשְׁמַת) [neshamah — terme de Bereshit 2 (PRIORITÉ ABSOLUE, non encore traitée avec l'auteur). Ici employé pour toute créature vivante dans la formulation nishmat ruach chayyim (la neshamah du Ruach de vie). À noter : dans Bereshit 2, la neshamah est soufflée spécifiquement dans les narines de l'adam par Elohim. Ici elle est étendue à toute créature "en qui est la neshamah du Ruach de vie dans ses narines" — une extension qui devra être examinée lors du traitement de Bereshit 2] du Ruach de vie (ruach chayyim / רוּחַ חַיִּים) dans ses narines — tout ce qui était sur la terre ferme — mourut.
Et il effaça tout ce qui se tenait dans l'existence sur la face du sol concret — depuis l'Être façonné du sol jusqu'aux grands quadrupèdes, jusqu'aux rampants et jusqu'aux créatures ailées des Cieux — ils furent effacés de la Terre. Et seul (akh / אַךְ) demeura Noach, et ceux qui étaient avec lui dans l'arche.
Et les eaux dominèrent sur la Terre cent cinquante jours.
Le retrait des eaux
Et Elohim se souvint (vayizkor / וַיִּזְכֹּר) [zakar — se souvenir en hébreu n'est pas un acte cognitif passif : c'est un engagement actif. Quand Elohim "se souvient" de quelqu'un, il entre en action pour lui. Ce verset est le pivot du chiasme — le tournant exact entre la décréation et la re-création] de Noach, et de toutes les bêtes sauvages, et de tous les grands quadrupèdes qui étaient avec lui dans l'arche. Et Elohim fit passer un Ruach (ruach / רוּחַ) sur la Terre [écho délibéré de Bereshit 1, verset 2 : "le Ruach d'Elohim couvait sur la face des eaux." Le même geste inaugural — le Ruach sur les eaux comme signal de l'inauguration d'un ordre nouveau. La re-création commence par la même formulation que la création] — et les eaux s'apaisèrent (vayashochu / וַיָּשֹׁכּוּ).
Les sources du tehom se refermèrent (vayissakheru / וַיִּסָּכְרוּ), et les écluses des Cieux — et la pluie fut retenue des Cieux [écho inversé de 7:11 : ce qui s'était ouvert se referme. Le chiasme structurel est symétrique — la décréation et la re-création sont comme deux mains qui s'ouvrent et se referment].
Et les eaux retournèrent de sur la Terre, allant et revenant (halokh vashuv / הָלוֹךְ וָשׁוֹב) [halokh vashuv — figure hébraïque du mouvement progressif et graduel : les eaux se retirent lentement, pas par rupture soudaine. La re-création se fait dans le même ordre lent et fonctionnel que la création] — et les eaux diminuèrent au bout de cent cinquante jours.
Et l'arche se posa (vatanach / וַתָּנַח) [tanach — de nuach (se reposer, se poser). Même racine que Noach. L'arche "repose" — elle porte dans son nom le Shem fonctionnel de celui qu'elle transporte. Noach avait été nommé "celui qui apportera le repos" (Bereshit 5) — l'arche accomplit ce Shem en se posant] le septième mois, le dix-septième jour du mois, sur les montagnes d'Ararat (Ararat / אֲרָרָט) [Ararat — le royaume d'Ourartou : l'Arménie antique, territoire montagneux au septentrion de Shin'ar].
Et les eaux allaient et diminuaient (halokh vechasor / הָלוֹךְ וְחָסוֹר) jusqu'au dixième mois — au dixième mois, le premier du mois, les sommets des montagnes apparurent (nirru / נִרְאוּ) [nirru — de ra'ah (apparaître, se montrer). Écho délibéré de Bereshit 1, verset 9 : "que le sol sec apparaisse" (vayera hayabashah). Les mêmes montagnes qui avaient été recouvertes émergent des eaux — la re-création suit les mêmes étapes que la création].
Les envois d'oiseaux
Et au bout de quarante jours [quarante — la période de transformation est achevée : ce qu'il fallait transformer a été transformé], Noach ouvrit la fenêtre (challon / חַלּוֹן) de l'arche qu'il avait faite.
Et il envoya le corbeau (ha'orev / הָעֹרֵב) (orev / עֹרֵב) — et il sortit, allant et revenant (yatso vashuv / יָצוֹא וָשׁוֹב), jusqu'au tarissement des eaux de sur la Terre.
Et il envoya la colombe (hayonah / הַיּוֹנָה) (yonah / יוֹנָה) loin de lui, pour voir si les eaux s'étaient allégées de sur la face du sol concret.
Et la colombe ne trouva pas de lieu de repos (manoach / מָנוֹחַ) [manoach — même racine que Noach et nuach : un endroit où se poser, où reposer. La colombe cherche un manoach — ce que Noach lui-même était destiné à apporter] pour la plante de son pied — et elle revint vers lui dans l'arche, car des eaux étaient sur la face de toute la Terre. Il étendit la main et la prit et l'amena vers lui dans l'arche.
Et il attendit encore sept autres jours — et de nouveau il envoya la colombe hors de l'arche.
Et la colombe revint vers lui à l'heure du soir (le'et erev / לְעֵת עֶרֶב) — et voici : un rameau d'olivier (aleh zayit / עֲלֵה-זַיִת) fraîchement cueilli (taraf / טָרָף) était dans son bec. Et Noach sut (vayeda / וַיֵּדַע) que les eaux s'étaient allégées de sur la Terre.
Et il attendit encore sept autres jours — et il envoya la colombe, et elle ne revint plus vers lui.
Et il advint, en l'an six cent un, le premier mois, le premier du mois — les eaux s'étaient retirées (charvu / חָרְבוּ) de sur la Terre. Et Noach ôta le couvercle (mikhseh / מִכְסֵה) de l'arche et examina (vayar / וַיַּרְא) [vayar — le regard évaluateur. C'est Noach qui exerce ici le regard de ra'ah — comme Elohim dans toute Bereshit 1, le représentant fonctionnel évalue l'état de la création dont il a la charge] — et voici que la face du sol concret (pnei ha'adamah / פְּנֵי הָאֲדָמָה) [pnei ha'adamah — écho délibéré de Bereshit 1, verset 2 : "la face des eaux primordiales" était dans les ténèbres. Maintenant c'est la face de l'adamah qui est visible — la re-création a renversé la décréation terme pour terme] s'était retirée.
Et le deuxième mois, le vingt-septième jour du mois — la Terre était sèche.
La sortie de la tevah
Et Elohim parla (vayedabber / וַיְדַבֵּר) [vayedabber — non pas vayomer (il formula) : davar est la parole dans sa dimension de communication relationnelle directe, adressée à quelqu'un. Elohim ne prononce plus une parole cosmique performative — il parle à Noach personnellement] à Noach, en disant :
« Sors de l'arche — toi, ta ishah (ishtekha / אִשְׁתְּךָ), tes fils et les ishah (neshei / נְשֵׁי) de tes fils avec toi.
Toutes les bêtes sauvages qui sont avec toi — de toute chair, parmi les créatures ailées, parmi les grands quadrupèdes et parmi tous les rampants qui rampent sur la Terre — fais-les sortir avec toi, et qu'ils grouillent (wesharetu / וְשָׁרְצוּ) [sherets/sharetz — le grouillant de Bereshit 1 : les eaux qui fourmillent de Nefesh vivants. Ici la Terre entière reprend son grouillant — le cosmos retrouve sa densité de vie] sur la Terre, et qu'ils soient féconds et qu'ils se multiplient (ufaru verabu / וּפָרוּ וְרָבוּ) [écho délibéré de Bereshit 1, verset 22 : la dotation des créatures — "soyez féconds et multipliez-vous." La même formule de plénitude fonctionnelle est répétée — la re-création reprend depuis le même point que la création] sur la Terre. »
Et Noach sortit — lui, ses fils, sa ishah (ishto / אִשְׁתּוֹ) et les ishah (neshei / נְשֵׁי) de ses fils avec lui.
Toutes les bêtes sauvages, tous les rampants et toutes les créatures ailées — tout ce qui rampe sur la Terre — selon leurs familles (lemishpechoteihem / לְמִשְׁפְּחֹתֵיהֶם) [lemishpechoteihem — selon leurs familles. Non plus "selon leur espèce" (leminim) de Bereshit 1 — mais selon leurs familles : l'espèce s'est déclinée en familles à l'intérieur de l'arche. L'ordre du cosmos s'est affiné au cours du déluge — la diversité fonctionnelle s'est enrichie] — ils sortirent de l'arche.
L'olah et la promesse de YHWH
Et Noach édifia (vayiven / וַיִּבֶן) [banah — bâtir, construire. Le même verbe que pour la construction de la ishah en Bereshit 2. Noach édifie un autel comme on construit quelque chose de durable — un geste d'architecte, non d'improvisation] un autel (mizbeach / מִזְבֵּחַ) à YHWH — et il prit de tous les grands quadrupèdes Tahor et de toutes les créatures ailées Tahor, et il fit monter des Olot (olot / עֹלֹת) [Olot — intraduisible. De alah (עָלָה) — monter, s'élever. Les offrandes qui montent vers YHWH dans la fumée. Le premier geste de Noach hors de l'arche — avant même de planter une vigne ou de bâtir un abri — est un acte d'Olot : la re-création est accueillie par un geste d'élévation vers YHWH] sur l'autel.
Et YHWH perçut (vayarach / וַיָּרַח) l'arôme de repos (reah hannichoach / רֵיחַ הַנִּיחֹחַ) [reah hannichoach — l'arôme qui apaise, l'odeur de quiétude. De nuach (se reposer, s'installer) — même racine que Noach. L'arôme des Olot de Noach produit le nuach de YHWH : ce que Noach était fonctionnellement destiné à apporter au monde (Bereshit 5 — "celui qui nous apportera le repos") s'accomplit ici dans la fumée de ses Olot. Le Shem fonctionnel de Noach atteint sa plénitude] — et YHWH dit en son cœur (el libbo / אֶל-לִבּוֹ) [el libbo — YHWH ne parle pas à Noach ni au cosmos : il se parle à lui-même, dans l'intimité de sa délibération souveraine intérieure] :
« Je n'ajouterai plus à retirer de sa Kavod (qallel / לְקַלֵּל) [qallel — de qalal : alléger, réduire le poids fonctionnel. Kavod (כָּבוֹד) est la pesanteur fonctionnelle d'une réalité dans l'ordre cosmique — sa substance, son poids d'existence. Opposé exact de barakh (doter, alourdir de capacité fonctionnelle). L'adamah a encore de la Kavod après Gn 3 — elle produit encore, elle fonctionne encore. Ce que YHWH ne refera pas : en retirer davantage] le sol concret à cause de l'Être façonné du sol — car ce que forme (yetser / יֵצֶר) [yetser — écho délibéré de Bereshit 6, verset 5 : "tout ce que formait (yetser) la pensée de son cœur n'était que ra." La même impulsion constitutive demeure. YHWH fait sa promesse non parce que l'humanité a changé — mais en regardant en face le fait qu'elle ne change pas] le cœur de l'Être façonné du sol est ra (ra / רַע) dès sa jeunesse — et je n'ajouterai plus à frapper tout vivant comme je l'ai fait.
Tous les jours de la Terre (kol yemei ha'aretz / כֹּל יְמֵי הָאָרֶץ) —
semailles (zera / זֶרַע) et moisson (qatsir / קָצִיר),
froid (qor / קֹר) et chaleur (chom / חֹם),
été (qayits / קַיִץ) et hiver (choref / חֹרֶף),
et jour (yom / יוֹם) et nuit (laylah / לָיְלָה) [trois mérismes successifs : les deux extrémités du cycle agricole, les deux extrémités de la température, les deux extrémités du temps quotidien — la totalité du temps dans toutes ses dimensions. La figure du mérisme de Bereshit 1 portée à son maximum : la totalité du cosmos temporel] —
ne marqueront pas de cessation (lo yishbotu / לֹא יִשְׁבֹּתוּ) [lo yishbotu — de shavat : ils ne feront pas de Shabbat. La même racine que le Shabbat d'Elohim en Bereshit 1. Ce que YHWH avait consacré — le rythme du temps — ne sera plus interrompu. La promesse de continuité cosmique est formulée dans la langue même du Shabbat : le temps fera désormais son propre Shabbat en permanence, sans rupture]. »