La Bible ONT — מקרא הקדם

Bereshit 1

Bereshit 1:1 — 2:3

Traduction en cours

L'état sans ordre

Quand Elohim (elohim / אֱלֹהִים) [nom divin hébreu laissé intact — intraduisible sans perte majeure. Forme plurielle de eloah (אֱלוֹהַּ), toujours construite avec un verbe au singulier quand il désigne le Dieu d'Israël : ce pluriel n'est pas numérique — c'est un pluriel de plénitude et de souveraineté absolue. "Dieu" efface le pluriel hébreu ; "les dieux" introduit le polythéisme. L'ONT laisse Elohim en hébreu, car le terme porte en lui-même sa propre intraduisibilité] commença à orchestrer (bara / בָּרָא) [à inaugurer dans l'existence fonctionnelle, à attribuer des rôles et des fonctions comme un roi investit son royaume] les Cieux et la Terre (hashamayim ve'ha'aretz / הַשָּׁמַיִם וְהָאָרֶץ) [c'est-à-dire la totalité du cosmos, du plus haut au plus bas]

la Terre (ha'aretz / הָאָרֶץ) existait déjà, mais sans ordre ni fonction ni habitant (tohu vavohu / תֹהוּ וָבֹהוּ) [un espace non nommé, non délimité, non assigné — présent matériellement mais inexistant fonctionnellement], et la face des eaux primordiales (tehom / תְהוֹם) [l'océan sans fond, sans limite, sans bord — les eaux d'avant toute ordination sur lesquelles repose le cosmos] était plongée dans les ténèbres (choshekh / חֹשֶׁךְ) [l'absence de toute lumière — donc l'impossibilité de distinguer, de séparer, de nommer quoi que ce soit : la condition anti-fonctionnelle par excellence]. Et le Ruach (ruach / רוּחַ) [souffle, vent, esprit — trois dimensions inséparables en hébreu : une présence à la fois physiquement ressentie et intentionnellement agissante, impossible à réduire à un seul mot français] d'Elohim (elohim / אֱלֹהִים) couvait (merachefet / מְרַחֶפֶת) [comme l'aigle au-dessus de ses petits — une présence enveloppante qui prépare l'éclosion fonctionnelle du cosmos] la face des eaux.

Jour-Un — La Lumière

Elohim (elohim / אֱלֹהִים) formula (vayomer / וַיֹּאמֶר) [une parole performative — qui en s'énonçant accomplit ce qu'elle énonce] :
« Qu'advienne la Lumière (or / אוֹר) [non pas la lumière physique — mais l'Ordre lui-même : ce qui rend toute distinction, toute séparation, toute existence fonctionnelle possible]. »
Et la Lumière advint.

Elohim (elohim / אֱלֹהִים) examina (vayar / וַיַּרְא) [le regard évaluateur du maître d'œuvre — non pas admiratif, mais une inspection fonctionnelle : est-ce que ça remplit son rôle ?] la Lumière et constata qu'elle était tov (tov / טוֹב) [tov — intraduisible. Non pas "belle" ou "moralement bonne" : ce qui est pleinement ajusté à sa destination dans l'ordre cosmique, ce qui accomplit sa fonction. Opposé fonctionnel : ra. Premier emploi dans l'ONT]. Et Elohim (elohim / אֱלֹהִים) distingua (vayavdel / וַיַּבְדֵּל) [une séparation fonctionnelle et rituelle — le même geste que la havdalah juive : définir chaque réalité par rapport à l'autre, leur assigner un rôle distinct dans le système] la Lumière des Ténèbres.

Elohim (elohim / אֱלֹהִים) nomma (vayiqra / וַיִּקְרָא) [nommer c'est l'acte souverain par excellence — faire entrer dans l'existence fonctionnelle, assigner un rôle et une identité dans le système ordonné] la Lumière : « Jour » (yom / יוֹם) [la période pendant laquelle l'Ordre est manifeste, le temps habitable et structuré]. Et il nomma les Ténèbres : « Nuit » (laylah / לָיְלָה) [la période pendant laquelle l'Ordre se retire — non pas dans le chaos, mais dans un rythme réglé et fonctionnel].

Il y eut un soir (erev / עֶרֶב) [le moment où les distinctions s'estompent — la frontière entre l'ordre manifeste et son retrait], puis un matin (boqer / בֹּקֶר) [le moment où les distinctions redeviennent perceptibles — le retour de l'ordre manifeste] — ce fut le Jour Un (yom echad / יוֹם אֶחָד) [non pas "le premier jour" — mais le Jour-Un, unique et fondateur qui pose le principe de tout ce qui suit : le rythme, la distinction, l'ordre].

Deuxième Jour — La Voûte

Elohim (elohim / אֱלֹהִים) formula (vayomer / וַיֹּאמֶר) :
« Qu'advienne une Voûte (raqia / רָקִיעַ) [non pas un dôme solide à la manière grecque — mais une surface délimitante tendue entre deux domaines aquatiques, comme un forgeron bat le métal pour l'étendre : ce qui a été aplati et étendu pour servir de frontière structurante entre les eaux d'en haut et les eaux d'en bas] au milieu des eaux, et qu'elle soit séparatrice (mavdil / מַבְדִּיל) [son existence se résume entièrement à sa fonction : elle n'est pas définie par ce qu'elle est, mais par ce qu'elle fait — séparer, distinguer, délimiter] entre les eaux et les eaux. »

Elohim (elohim / אֱלֹהִים) mit en place (vaya'as / וַיַּעַשׂ) [non pas un acte distinct de la parole — mais sa dimension structurelle : la parole divine et sa réalisation concrète sont les deux faces d'un même acte souverain] la Voûte et distingua (vayavdel / וַיַּבְדֵּל) les eaux qui étaient en dessous de la Voûte des eaux qui étaient au-dessus de la Voûte. Et il advint, et demeura conformément à ce qui avait été formulé (vayehi khen / וַיְהִי-כֵן) [la formule d'accomplissement — ce qu'Elohim formule se réalise et s'installe durablement dans l'ordre cosmique].

Elohim (elohim / אֱלֹהִים) nomma (vayiqra / וַיִּקְרָא) la Voûte : « Cieux » (shamayim / שָׁמַיִם) [non pas un lieu divin ou un au-delà — mais ce qu'on voit au-dessus de nous : la structure qui retient les eaux d'en haut, étymologiquement "là où sont les eaux" — quand il pleut ce sont ses écluses qui s'ouvrent], pour la faire entrer dans sa fonction.

Il y eut un soir (erev / עֶרֶב), puis un matin (boqer / בֹּקֶר) — ce fut le deuxième jour (yom sheni / יוֹם שֵׁנִי).

Troisième Jour — La Terre et la végétation

Elohim (elohim / אֱלֹהִים) formula (vayomer / וַיֹּאמֶר) :
« Que les eaux (mayim / מַיִם) qui sont en dessous des Cieux se rassemblent (yiqavu / יִקָּווּ) [non pas poussées de force — mais convoquées à occuper leur place fonctionnelle dans le système cosmique] en un lieu unique (maqom echad / מָקוֹם אֶחָד) [un espace fonctionnellement défini et singulier — leur place assignée dans l'ordre cosmique], et que le sol sec (hayabashah / הַיַּבָּשָׁה) [qui existait déjà sous les eaux — non pas créé, mais révélé : rendu visible et donc discernable, nommable, habitable] apparaisse. »
Et il advint, et demeura conformément à ce qui avait été formulé (vayehi khen / וַיְהִי-כֵן).

Elohim (elohim / אֱלֹהִים) nomma (vayiqra / וַיִּקְרָא) le sol sec : « Terre » (eretz / אֶרֶץ) [le domaine terrestre habitable — enfin nommé, donc enfin pleinement fonctionnel : ce qui était tohu vavohu au verset 2 entre maintenant dans son existence accomplie]. Et le rassemblement des eaux (miqveh hamayim / מִקְוֵה הַמַּיִם) [les eaux convoquées en leur lieu unique au verset 9 — ordonnées, délimitées, définies], il le nomma : « Mers » (yamim / יַמִּים) [pluriel — plusieurs bassins distincts, chacun dans son lieu fonctionnel assigné]. Et Elohim (elohim / אֱלֹהִים) examina (vayar / וַיַּרְא) et constata que c'était tov (tov / טוֹב).

Elohim (elohim / אֱלֹהִים) formula (vayomer / וַיֹּאמֶר) :
« Que la Terre fasse germer (tadsheh / תַּדְשֵׁא) [non pas Elohim qui plante ou fabrique — mais la Terre elle-même convoquée à sa fonction productrice : elle reçoit ici une vocation active, une capacité à générer la vie] de la végétation (deshe / דֶּשֶׁא) [la verdure dans son ensemble — ce qui couvre et habille le sol, le rendant pleinement fonctionnel comme domaine de vie] : des plantes à graines (esev mazria zera / עֵשֶׂב מַזְרִיעַ זֶרַע) [classées non par apparence mais par fonction : ce qui se reproduit par la graine, portant en elles leur propre perpétuation] et des arbres fruitiers (etz pri / עֵץ פְּרִי) dont la semence est en eux (asher zaro-vo / אֲשֶׁר זַרְעוֹ-בוֹ) [principe d'autosuffisance fonctionnelle — chaque végétal porte en lui le principe de sa propre continuité], chacun selon son espèce (lemino / לְמִינוֹ) [non pas une classification botanique — mais un principe d'ordre : chaque chose reste fidèle à sa fonction, à son identité, à sa place dans le système cosmique], sur la Terre. »
Et il advint, et demeura conformément à ce qui avait été formulé (vayehi khen / וַיְהִי-כֵן).

Et la Terre fit sortir (vatotse ha'aretz / וַתּוֹצֵא הָאָרֶץ) [remarque le changement de sujet — ce n'est plus Elohim qui agit, c'est la Terre elle-même : une fois sa fonction assignée, elle l'accomplit par elle-même. Le cosmos n'est pas une marionnette — c'est un système fonctionnel qui se maintient par lui-même] de la végétation (deshe / דֶּשֶׁא) : des plantes à graines (esev mazria zera / עֵשֶׂב מַזְרִיעַ זֶרַע) chacune selon son espèce (leminehu / לְמִינֵהוּ), et des arbres fruitiers (etz pri / עֵץ עֹשֶׂה-פְּרִי) dont la semence est en eux (asher zaro-vo / אֲשֶׁר זַרְעוֹ-בוֹ), chacun selon son espèce (leminehu / לְמִינֵהוּ). Et Elohim (elohim / אֱלֹהִים) examina (vayar / וַיַּרְא) et constata que c'était tov (tov / טוֹב).

Il y eut un soir (erev / עֶרֶב), puis un matin (boqer / בֹּקֶר) — ce fut le troisième jour (yom shelishi / יוֹם שְׁלִישִׁי).

Quatrième Jour — Les luminaires

Elohim (elohim / אֱלֹהִים) formula (vayomer / וַיֹּאמֶר) :
« Que des luminaires (me'orot / מְאֹרֹת) [distincts de la Lumière du verset 3 qui est l'Ordre invisible lui-même — les luminaires en sont les incarnations visibles et instrumentales : l'Ordre s'était inauguré au jour 1 comme principe cosmique, les luminaires sont les instruments matériels par lesquels cet Ordre invisible se rend perceptible et mesurable dans le temps. C'est pourquoi il y a de la lumière au jour 1 et le soleil seulement au jour 4 — ce ne sont pas la même chose] adviennent dans la Voûte, les Cieux (raqia hashamayim / רָקִיעַ הַשָּׁמַיִם) pour distinguer (lehavdil / לְהַבְדִּיל) le Jour de la Nuit, et qu'ils servent de signes (le'otot / לְאֹתֹת) [des marqueurs fonctionnels qui communiquent l'ordre du temps, qui pointent vers une réalité plus grande qu'eux-mêmes], de temps fixés (mo'adim / מוֹעֲדִים) [non pas les saisons météorologiques — mais les rendez-vous sacrés, les assemblées convoquées : le soleil et la lune sont des instruments liturgiques cosmiques qui gouvernent le calendrier sacré], et pour les jours (yamim / יָמִים) et les années (shanim / שָׁנִים) [mérisme temporel — les deux extrémités de l'échelle du temps pour désigner sa totalité : les luminaires gouvernent le temps dans toutes ses dimensions]. »

Et qu'ils servent de luminaires (me'orot / מְאוֹרֹת) dans la Voûte, les Cieux (raqia hashamayim / רָקִיעַ הַשָּׁמַיִם) pour illuminer (leha'ir / לְהָאִיר) [de la même racine que la Lumière du verset 3 — les luminaires sont les vecteurs physiques par lesquels l'Ordre invisible se répand concrètement sur la Terre habitable] la Terre.
Et il advint, et demeura conformément à ce qui avait été formulé (vayehi khen / וַיְהִי-כֵן).

Elohim (elohim / אֱלֹהִים) mit en place (vaya'as / וַיַּעַשׂ) les deux grands luminaires (me'orot / מְאֹרֹת) : le grand luminaire (hama'or hagadol / הַמָּאוֹר הַגָּדֹל) [délibérément non nommé — le texte refuse d'utiliser "soleil" et "lune", noms de divinités dans les cultures environnantes. Ce qui était adoré comme dieu n'est ici qu'un instrument fonctionnel dans le système cosmique d'Elohim] pour gouverner (lememshelet / לְמֶמְשֶׁלֶת) [gouvernance fonctionnelle — non pas une domination violente mais une autorité assignée sur un domaine temporel] le Jour, et le petit luminaire (hama'or haqaton / הַמָּאוֹר הַקָּטֹן) pour gouverner la Nuit — et les étoiles (hakkokhavim / הַכּוֹכָבִים) [mentionnées presque comme une parenthèse — là où toutes les cosmologies voisines faisaient des étoiles des divinités majeures gouvernant le destin des hommes, le texte les efface de ce statut : elles aussi ne sont que des instruments fonctionnels].

Elohim (elohim / אֱלֹהִים) les installa (vayiten / וַיִּתֵּן) [forme conjuguée de natan (נָתַן) — donner, placer, installer : un acte de placement précis et intentionnel, comme un architecte qui pose les lampes dans le plafond qu'il vient de construire] dans la Voûte, les Cieux (raqia hashamayim / רָקִיעַ הַשָּׁמַיִם) pour illuminer (leha'ir / לְהָאִיר) la Terre.

pour gouverner (velimshol / וְלִמְשֹׁל) [même racine que verset 16 — mashal : les luminaires sont les gardiens permanents de l'ordre cosmique inauguré au verset 4, ils maintiennent et perpétuent la distinction fondatrice entre Lumière et Ténèbres] le Jour et la Nuit, et pour distinguer (ulehavdil / וּלְהַבְדִּיל) la Lumière des Ténèbres. Et Elohim (elohim / אֱלֹהִים) examina (vayar / וַיַּרְא) et constata que c'était tov (tov / טוֹב).

Il y eut un soir (erev / עֶרֶב), puis un matin (boqer / בֹּקֶר) — ce fut le quatrième jour (yom revi'i / יוֹם רְבִיעִי).

Cinquième Jour — Les créatures des eaux et des airs

Elohim (elohim / אֱלֹהִים) formula (vayomer / וַיֹּאמֶר) :
« Que les eaux pullulent (yishretsu / יִשְׁרְצוּ) [comme au verset 11 avec la Terre — les eaux sont ici convoquées à leur fonction productrice : Elohim ne fabrique pas les créatures, il convoque les domaines à foisonner] de Nefesh vivants (nefesh chayah / נֶפֶשׁ חַיָּה) [non pas l'"âme" grecque — substance immatérielle distincte du corps. Nefesh désigne étymologiquement la gorge, le souffle, le principe vital concret et incarné : un être qui respire, qui désire, qui vit de façon pleinement physique] qui grouillent (sherets / שֶׁרֶץ) [une catégorie fonctionnelle propre au milieu aquatique — définie non par l'espèce mais par le mode d'existence : le grouillement dense et foisonnant de créatures dans un milieu dense], et que des créatures ailées (of / עוֹף) [étymologiquement "ce qui vole" — définies non par leur nature mais par leur fonction : habiter et traverser l'espace entre la Terre et la Voûte] volent au-dessus de la Terre sur la face (al-pnei / עַל-פְּנֵי) [panim — non pas une simple surface neutre mais une surface orientée vers, en relation avec : les créatures ailées habitent l'espace qui fait face à la Voûte] de la Voûte, les Cieux (raqia hashamayim / רְקִיעַ הַשָּׁמָיִם). »

Elohim (elohim / אֱלֹהִים) orchestra (vayibra / וַיִּבְרָא) [bara revient — après le verset 1, c'est la première fois. Ce retour signale un nouveau niveau d'existence fonctionnelle : les Nefesh vivants ne sont pas simplement une extension du cosmos déjà ordonné — ils inaugurent quelque chose de fondamentalement nouveau] les grands dragons des eaux (hatanninim haggedolim / הַתַּנִּינִם הַגְּדֹלִים) [dans toutes les cosmologies voisines ces créatures sont des divinités chaotiques primordiales que les dieux doivent vaincre pour créer le monde. Ici : aucun combat, aucune victoire dramatique. Elohim les bara simplement — les plus terrifiantes divinités du Proche-Orient ancien réduites à des Nefesh vivants parmi d'autres], et tous les Nefesh vivants (nefesh chayah / נֶפֶשׁ חַיָּה) qui grouillent (sherets / שֶׁרֶץ) dans les eaux selon leur espèce (leminehem / לְמִינֵהֶם), et toutes les créatures ailées (kol-of kanaf / כָּל-עוֹף כָּנָף) [kanaf — l'aile : définie par ce qui lui permet d'habiter son domaine fonctionnel] selon leur espèce (leminehu / לְמִינֵהוּ). Et Elohim (elohim / אֱלֹהִים) examina (vayar / וַיַּרְא) et constata que c'était tov (tov / טוֹב).

Elohim (elohim / אֱלֹהִים) les dota (vayevarekh / וַיְבָרֶךְ) [non pas "bénit" au sens d'une formule rituelle — barakh vient étymologiquement du genou, berekh : c'est un acte de transmission et de délégation. Elohim dote les créatures vivantes de la capacité à perpétuer leur propre existence fonctionnelle — il leur transmet une puissance créatrice], en disant :
« Soyez féconds (peru / פְּרוּ), multipliez-vous (revu / רְבוּ), et remplissez (mil'u / מִלְאוּ) [remplir le domaine qui vous a été assigné — un espace fonctionnel n'est pleinement accompli que lorsqu'il est habité par les êtres qui lui correspondent] les eaux des Mers, et que les créatures ailées se multiplient sur la Terre. »

Il y eut un soir (erev / עֶרֶב), puis un matin (boqer / בֹּקֶר) — ce fut le cinquième jour (yom chamishi / יוֹם חֲמִישִׁי).

Sixième Jour — Le vivant terrestre et l'adam

Elohim (elohim / אֱלֹהִים) formula (vayomer / וַיֹּאמֶר) :
« Que la Terre fasse émerger (totse ha'aretz / תּוֹצֵא הָאָרֶץ) [comme au verset 12 — la Terre est convoquée à sa fonction productrice : les animaux terrestres émergent d'elle, ils en sont littéralement issus — des êtres de sol, enracinés dans le domaine qui les a produits] des Nefesh vivants (nefesh chayah / נֶפֶשׁ חַיָּה) selon leur espèce : les grands quadrupèdes (behemah / בְּהֵמָה) [catégorie définie par la taille et le mode de déplacement — et par contraste avec les bêtes sauvages, ce sont les animaux de l'espace proche de l'homme : les animaux domestiques et domesticables comme les bœufs, moutons, ânes et chèvres], les rampants (remes / רֶמֶשׂ) [de ramas — se mouvoir au ras du sol : définis par leur mode de déplacement en contact direct avec la terre], et les bêtes sauvages (chayto-eretz / חַיְתוֹ-אֶרֶץ) [chayah — la vitalité brute, la force animale non domestiquée : les grands animaux qui habitent les espaces sauvages hors de l'espace humain], chacune selon son espèce (lemineha / לְמִינָהּ). »
Et il advint, et demeura conformément à ce qui avait été formulé (vayehi khen / וַיְהִי-כֵן).

Elohim (elohim / אֱלֹהִים) mit en place (vaya'as / וַיַּעַשׂ) les bêtes sauvages (chayat ha'aretz / חַיַּת הָאָרֶץ) selon leur espèce, les grands quadrupèdes (behemah / בְּהֵמָה) selon leur espèce, et tous les rampants du sol concret (remes ha'adamah / רֶמֶשׂ הָאֲדָמָה) [adamah — non pas eretz le domaine terrestre en général, mais le sol concret et physique, la glaise elle-même : les rampants sont les créatures de la matière même de la terre, même racine qu'Adam — l'être façonné du sol] selon leur espèce. Et Elohim (elohim / אֱלֹהִים) examina (vayar / וַיַּרְא) et constata que c'était tov (tov / טוֹב).

Elohim (elohim / אֱלֹהִים) formula (vayomer / וַיֹּאמֶר) :
« Faisons (na'aseh / נַעֲשֶׂה) [pluriel délibératif — Elohim s'adresse à son Conseil Divin, l'assemblée céleste qui délibère avec lui. La création de l'être humain est un acte concerté au plus haut niveau du cosmos — non une décision impulsive mais une délibération souveraine] l'Être façonné du sol (adam / אָדָם) [non pas encore un nom propre — le terme générique pour l'humanité, dont la racine est adamah : le sol concret, la glaise. Son identité est inscrite dans son nom — il vient de la terre] comme notre représentant fonctionnel (tselem / צֶלֶם) [non pas une ressemblance physique ou spirituelle — dans tout le Proche-Orient ancien, un tselem est la statue représentative d'un roi placée dans les territoires qu'il ne peut gouverner personnellement. L'être humain est le tselem d'Elohim sur la Terre : son représentant fonctionnel, celui qui exerce son autorité à sa place dans le cosmos terrestre], modelé sur notre manière d'être (demut / דְּמוּת) [renforce tselem : non seulement représentant dans sa fonction, mais conforme au caractère et à la manière d'être d'Elohim]. Et qu'il gouverne (veyirdu / וְיִרְדּוּ) [radah — la gouvernance d'un représentant royal : non une domination violente, mais l'administration responsable d'un vice-roi qui gère le territoire au nom du roi — y compris sur les grands dragons des eaux du verset 21 : ce que les nations adoraient comme des dieux chaotiques est sous l'autorité de l'être humain] sur les poissons de la Mer, sur les créatures ailées des Cieux, sur les grands quadrupèdes, sur toute la Terre et sur tous les rampants qui rampent sur la Terre. »

Elohim (elohim / אֱלֹהִים) orchestra (vayibra / וַיִּבְרָא) l'Être façonné du sol (adam / אָדָם) comme son représentant fonctionnel (betsalmo / בְּצַלְמוֹ)
comme représentant fonctionnel d'Elohim (betselem elohim / בְּצֶלֶם אֱלֹהִים) il l'orchestra —
mâle (zakhar / זָכָר) et femelle (nqevah / נְקֵבָה) [deux termes biologiques et fonctionnels — non pas sociaux ou culturels. À ce moment précis de l'orchestration, l'être humain est une seule créature qui porte en elle-même les deux dimensions simultanément : il est à la fois mâle et femelle, une unité originelle complète. Ce n'est qu'ensuite — au chapitre 2 — que cette unité se séparera en deux êtres distincts. C'est cet être complet, mâle-et-femelle à la fois, qui est le tselem d'Elohim sur la Terre] il les orchestra.

Elohim (elohim / אֱלֹהִים) les dota (vayevarekh / וַיְבָרֶךְ) [barakh — dotation en capacité fonctionnelle. Mais ici différente du verset 22 : Elohim ne dote pas seulement de fécondité — il dote d'un mandat royal complet. Et pour la première fois il parle directement à sa créature — non plus d'elle, mais à elle : une relation d'une nature entièrement nouvelle] et leur dit :
« Soyez féconds (peru / פְּרוּ), multipliez-vous (revu / רְבוּ), et remplissez (mil'u / מִלְאוּ) la Terre. Prenez-en charge (vekhivshuha / וְכִבְשֻׁהָ) [kavash — non pas exploiter ou détruire : la prise en charge responsable d'un territoire par celui qui en a reçu le mandat. Comme un roi qui prend possession d'un pays pour l'administrer et le faire prospérer au nom d'une autorité supérieure] et gouvernez (urdu / וּרְדוּ) [radah — même logique fonctionnelle que la gouvernance des luminaires sur le temps au verset 16 : une autorité déléguée par Elohim sur un domaine assigné. Les luminaires gouvernent le temps, l'être humain gouverne le vivant — ensemble ils couvrent la totalité de la gouvernance cosmique] sur les poissons de la Mer, sur les créatures ailées des Cieux et sur toutes les créatures vivantes qui rampent sur la Terre. »

Elohim (elohim / אֱלֹהִים) leur dit :
« Voilà ce que j'établis (hinneh / הִנֵּה) [particule d'attention solennelle — non pas une simple information mais une proclamation royale officielle : Elohim se lève pour faire une déclaration d'allocation définitive] : je vous attribue (natatti / נָתַתִּי) [natan — attribution souveraine et définitive : ce qui est assigné ici est permanent dans l'ordre cosmique original] toutes les plantes à graines qui sont sur la face de toute la Terre, et tous les arbres portant des fruits à graines — cela vous servira de nourriture (le'okhlah / לְאָכְלָה) [uniquement le végétal — pas les animaux. Le cosmos original dans son état pleinement accompli est un cosmos sans mort alimentaire. Ce n'est qu'après le déluge en Bereshit 9 que la consommation de viande sera autorisée]. »

Et à toutes les bêtes sauvages de la Terre, à toutes les créatures ailées des Cieux, à tout ce qui rampe sur la Terre — en qui est un Nefesh vivant (nefesh chayah / נֶפֶשׁ חַיָּה) [tous les animaux sans exception partagent le même principe vital que l'être humain — le Nefesh n'est pas une exclusivité humaine. Ce qui distingue l'homme de l'animal ce n'est pas le Nefesh, c'est le tselem — le mandat de représentant fonctionnel d'Elohim] — j'attribue toute la verdure des plantes pour nourriture (le'okhlah / לְאָכְלָה) [même allocation végétale qu'au verset 29 : dans le cosmos original pleinement accompli, aucun être animé ne se nourrit d'un autre — ni l'homme ni l'animal. La prédation et la mort alimentaire sont absentes de l'ordre cosmique originel].
Et il advint, et demeura conformément à ce qui avait été formulé (vayehi khen / וַיְהִי-כֵן).

Elohim (elohim / אֱלֹהִים) examina (vayar / וַיַּרְא) tout ce qu'il avait accompli (kol asher asah / כָּל-אֲשֶׁר עָשָׂה) — et voilà que c'était tov me'od (tov me'od / טוֹב מְאֹד) [tov me'od — intraduisible. Tov déjà posé en v.4. Me'od : l'intensificateur de plénitude totale. Utilisé une seule fois dans tout Bereshit 1 : pour le cosmos entier dans sa totalité intégrée — tous ses domaines, habitants, rythmes et gouvernances en synergie fonctionnelle parfaite].

Il y eut un soir (erev / עֶרֶב), puis un matin (boqer / בֹּקֶר) — ce fut le Sixième Jour (yom hashishi / יוֹם הַשִּׁשִּׁי) [avec l'article défini marqué en hébreu — non pas "un sixième jour" parmi d'autres, mais LE jour de l'accomplissement total].

Le Septième Jour — L'Intronisation

Les Cieux et la Terre et toute leur légion (tseva'am / צְבָאָם) [tseva — non pas une métaphore militaire : la totalité organisée et ordonnée de tout ce qui peuple et fait fonctionner le cosmos, dans sa multiplicité fonctionnelle accomplie] atteignirent leur plénitude (vayekhullu / וַיְכֻלּוּ) [kalah — non pas "ils furent terminés" comme une tâche qu'on barre d'une liste : ils atteignirent leur état d'accomplissement total. Chaque domaine habité, chaque fonction assignée, chaque rôle rempli].

Elohim (elohim / אֱלֹהִים) acheva au septième jour son œuvre architecturale (melakhto / מְלַאכְתּוֹ) [melakhah — non pas le travail ordinaire mais l'œuvre qualifiée de l'architecte : le même mot que pour la construction du Tabernacle. Elohim était l'architecte du Temple cosmique — et son œuvre est maintenant pleinement achevée] qu'il avait accomplie, et il marqua une cessation (vayishbot / וַיִּשְׁבֹּת) [shavat — non pas se reposer par fatigue : Elohim n'est pas épuisé. C'est l'acte souverain de poser les outils parce que l'œuvre est pleinement accomplie. Le Shabbat n'est pas un vide — c'est le couronnement fonctionnel du cosmos : le jour où Elohim prend possession de son Temple] au septième jour de toute son œuvre architecturale qu'il avait accomplie.

Elohim (elohim / אֱלֹהִים) dota (vayevarekh / וַיְבָרֶךְ) [barakh — dotation en capacité fonctionnelle : comme les créatures au verset 22 et l'être humain au verset 28, le septième jour reçoit ici une dotation. Elohim transmet au temps lui-même une capacité fonctionnelle particulière] le septième jour et le consacra (vayeqadesh / וַיְקַדֵּשׁ) [qadash — non pas "rendre moralement pur" : mettre à part fonctionnellement, séparer du domaine ordinaire pour l'attribuer au domaine divin. Et remarque : c'est la première chose dans toute la Bible déclarée qadosh — non pas un lieu, non pas un objet, mais un TEMPS. Le sacré primordial en hébreu n'est pas spatial, il est temporel], car en ce jour il avait marqué une cessation de toute son œuvre architecturale qu'Elohim (elohim / אֱלֹהִים) avait orchestrée (bara / בָּרָא) pour accomplir.