La Bible ONT — מקרא הקדם

Intraduisible

natan

נָתַן

installer

Formes : natan, vayiten

Prononciation

na-TAN — deux syllabes, accent sur la dernière, qui est la règle générale (§2.12).

La voyelle devant le n n'est pas nasale : on détache, jamais le « on » de « bon » ni le « an » de « banc ».

Un verbe si courant qu'on ne le regarde plus : donner. Mais l'hébreu s'en sert là où le français emploierait placer, poser, installer — et cette extension dit ce que le mot fait.

Natan (Natan / נָתַן) est un acte de placement précis et intentionnel. On ne lâche pas une chose entre les mains de quelqu'un : on la met à un endroit, pour qu'elle y tienne un rôle.

Le premier chapitre le montre bien. ʾElohim natan les luminaires dans le raqiaʿ — il ne les offre à personne, il les installe à leur poste, pour qu'ils gouvernent le jour et la nuit. Le même verbe qu'on emploierait pour poser une pierre dans un mur.

Et il l'emploie encore pour la nourriture : je vous ai natan toute herbe portant semence. Ce n'est pas un cadeau qu'on pourrait ne pas faire — c'est une assignation : voilà ce qui vous revient, voilà de quoi vous vivrez. Le verbe distribue les domaines et ce qui va avec.

C'est ce qui rend saisissante la phrase de l'ʾIsh au moment de la fracture. Interrogé, il répond : la Ishah que tu as natan pour être avec moi. Il ne dit pas « celle que tu m'as donnée » au sens d'un présent — il dit celle que tu as placée là. En un verbe, il renvoie l'affaire à celui qui a fait le placement.

Le mot travaille aussi dans le vocabulaire de la berith : on natan une alliance, on la pose, comme on dresse un mât. Elle n'est pas offerte à discuter — elle est installée, et l'on vit dedans.

Formes

natan · natati · natata · vayiten · veʾetnah

Source

5414 · נָתַן