La Bible ONT — מקרא הקדם

Intraduisible

ʾish

אִישׁ

Ish

Formes : ʾish, ʾIsh, ʾanashim, ʾanshei

Prononciation

ISH — une syllabe.

Le sh est un shin : c'est le « ch » de « chat » — dans l'ONT, c'est sh qui porte ce son, jamais ch.

Il y a d'abord un être façonné du sol, et le texte ne l'appelle jamais Ish (ʾIsh / אִישׁ). Il l'appelle adam, du mot adamah — la terre travaillée. Il est ce qui a été tiré du sol, et rien d'autre. Il n'y a pas d'Ish dans le Jardin tant qu'il est seul.

Le mot n'apparaît qu'à l'instant où quelqu'un se tient en face. Celle-ci sera appelée ʾIshah, dit-il, parce qu'elle a été prise de l'Ish — et c'est en la nommant qu'il se nomme. Avant elle, il était l'adam. Après elle, il est un Ish, et il ne peut plus l'être autrement.

Voilà pourquoi ces deux-là sont des intraduisibles et non des mots difficiles. « Homme » et « femme » sont chez nous des catégories : on peut être l'un sans référence à l'autre, chacun tient debout tout seul dans le dictionnaire. Ish et ʾIshah ne tiennent pas debout séparément — chacun est le terme par lequel l'autre se dit. Le français a deux mots sans rapport de forme ; l'hébreu en a un, décliné, à une syllabe d'écart. Le lien est dans le son avant d'être dans le sens.

Ce qui change la portée de ce qui suit. Quand le texte dit que l'Ish quittera son père et sa mère et s'attachera à sa ʾIshah pour devenir une seule chair, il ne prescrit pas une institution : il constate un retour. Ils viennent d'un seul, ils redeviennent un seul.

Et quand la fracture arrive, elle se lit d'abord là. Interrogé, l'Ish répond : la Ishah que tu as donnée pour être avec moi. En trois mots il la met à distance et met YHWH en cause. Ce n'est pas une lâcheté de plus dans un récit qui en compterait beaucoup : c'est le vis-à-vis qui se défait, et le mot qui perd ce qui le tenait.

Source

376 · אִישׁ

Dans le corpus

104 occurrences