Chapitre 19
Bereshit 19:1-38
Traduction en cours
Bereshit 19
Bereshit 19
Les deux malʾakhim à Sedom
Les deux malʾakhim (shnei hamalʾakhim / שְׁנֵי הַמַּלְאָכִים) [deux — non plus trois : le texte ne suit pas le troisième des ʾish de *Bereshit* 18 (en 18:22, les ʾish partent vers Sedom tandis qu'ʾAvraham demeure devant YHWH). Et le texte les nomme enfin malʾakhim — le titre promis : l'ambiguïté maintenue tout au long de *Bereshit* 18 (jamais malʾakhim, toujours ʾanashim) se résout ici. Malʾakh posé en *Genèse* 16:7] vinrent à Sedom (Sedom / סְדֹם) [Sedom — la cité du kikar que Lot avait choisie des yeux parce qu'elle était bien arrosée (*Genèse* 13:10-12), et dont le cri est monté jusqu'à YHWH (*Genèse* 18:20-21). Ce n'est plus un lieu du récit : c'est la question qu'ʾAvraham vient de poser au shofet de toute l'ʾeretz] au soir (baʿerev / בָּעֶרֶב) [erev — le soir. C'est par lui que le jour bascule depuis *Bereshit* 1 : « il y eut un soir, puis un matin ». Ce qui commence ici tient donc dans un seul jour hébreu : une nuit, puis l'aube du v.15 et le soleil levé du v.23. Et c'est aussi l'heure où l'on ferme la porte d'une ville : les envoyés entrent au dernier instant où l'on peut encore entrer], et Lot (Lot / לוֹט) [Lot — le neveu d'ʾAvraham, séparé de lui en *Bereshit* 13 et installé dans le kikar, puis délivré des rois par lui en *Bereshit* 14. En *Bereshit* 18, ʾAvraham a plaidé pour la cité sans jamais le nommer : il demandait dix tsadiqim, non un homme] était assis à la porte de Sedom (beshaʿar Sedom / בְּשַׁעַר־סְדֹם) [la porte de la ville — le siège de l'autorité civique et du mishpat, là où les anciens rendent le jugement. Lot, le ger (posé en *Genèse* 15:13, 16:1), a pris place à la porte : entré dans la cité. L'ironie du récit : c'est là qu'on rend le mishpat, et le mishpat descend sur la cité]. Lot vit, se leva à leur rencontre, et se prosterna face contre terre (vayishtachu ʾapayim ʾartsah / וַיִּשְׁתַּחוּ אַפַּיִם אָרְצָה) [le même geste d'accueil qu'ʾAvraham en *Genèse* 18:2 — Lot reproduit l'hospitalité patriarcale : le récit met les deux hôtes en regard, l'un aux Chênes de Mamreʾ, l'autre à la porte de Sedom].
Il formula : "Voici donc, mes ʾadonai (hinneh na adonai / הִנֶּה נָּא־אֲדֹנַי) [ʾAdonai — ici au pluriel, adressé aux deux hôtes honorés ; l'ambiguïté divin/humain de *Bereshit* 18 se prolonge] — détournez-vous (suru naʾ / סוּרוּ נָא) [suru — de sur (סוּר) : quitter la route qu'on suit. L'hospitalité commence par une déviation : pour entrer chez quelqu'un, il faut d'abord sortir de sa marche] vers la maison de votre serviteur [« votre serviteur » — la formule d'accueil du Proche-Orient ancien : celui qui reçoit se place au-dessous de celui qu'il reçoit. C'est mot pour mot celle d'ʾAvraham aux Chênes de Mamreʾ (*Genèse* 18:3) — Lot tient l'hospitalité de son oncle jusque dans les mots], passez la nuit et lavez vos pieds (urachatsu rageleikhem / וְרַחֲצוּ רַגְלֵיכֶם) [laver les pieds — le premier acte d'hospitalité, comme ʾAvraham en *Genèse* 18:4] ; vous vous lèverez tôt et poursuivrez votre route." Et ils formulèrent : "Non — nous passerons la nuit sur la place (barechov nalin / בָּרְחוֹב נָלִין) [sur la place publique : le refus initial met à l'épreuve l'hospitalité de la cité. Rester dehors, c'est éprouver si Sedom accueille l'étranger — l'épreuve à laquelle la cité va échouer]."
Il les pressa vivement (vayiftsar bam meʾod / וַיִּפְצַר־בָּם מְאֹד) [patsar (פָּצַר) — presser, insister jusqu'à forcer la main. Le même verbe reviendra au v.9, retourné contre lui : ce que Lot fait ici par hospitalité, la cité le lui fera par violence. L'hébreu emploie un seul mot pour les deux insistances], et ils se détournèrent [vayasuru — le verbe même de sa demande au v.2, suru na. Le récit dit l'acceptation en reprenant le mot de l'invitation : ils ont quitté la route] vers lui et vinrent dans sa maison. Il leur fit un festin (mishteh / מִשְׁתֶּה) [de shatah, boire — le banquet ; Lot fait bien plus que le gîte proposé, comme ʾAvraham fit le veau] et cuisit des pains sans levain (matsot / מַצּוֹת) [le pain non levé, cuit vite — l'urgence de l'hospitalité ; écho anticipé des matsot de la sortie de Mitsrayim], et ils mangèrent.
Ils n'étaient pas encore couchés que les ʾanashim de la ville, les ʾanashim de Sedom (ʾanshei haʿir ʾanshei Sedom / אַנְשֵׁי הָעִיר אַנְשֵׁי סְדֹם) [l'hébreu nomme deux fois : « les ʾanashim de la ville, les ʾanashim de Sedom ». La reprise n'ajoute aucune information — elle ferme toute échappatoire. Ce ne sont pas des gens de passage, ce sont ceux de la cité, et la cité a un nom], entourèrent la maison — du jeune au vieillard (minaʿar veʿad zaqen / מִנַּעַר וְעַד־זָקֵן) [« du jeune au vieillard » — un mérisme (§4.5) : dire la totalité en nommant les deux bouts du spectre. Un second suit dans la même phrase (« depuis l'extrémité ») ; l'hébreu en superpose deux pour que personne ne reste hors du compte], tout le peuple depuis l'extrémité (kol haʿam miqatseh / כָּל־הָעָם מִקָּצֶה) [« depuis l'extrémité » = la totalité, un mérisme (§4.5) : la ville entière, sans exception. La dysfonction n'est pas le fait de quelques-uns — c'est tout le corps de la cité qui se lève. L'écho de l'intercession de *Bereshit* 18 est là : ʾAvraham demandait dix tsadiqim ; la cité entière assemblée en donne la mesure].
Ils appelèrent Lot et lui formulèrent : "Où sont les ʾanashim qui sont venus chez toi cette nuit ? Fais-les sortir [« fais sortir » — de yatsa (יָצָא) au causatif : non pas « qu'ils sortent » mais « fais qu'ils sortent ». La cité exige de Lot qu'il livre lui-même ceux qu'il abrite. C'est le verbe exact que les envoyés lui donneront au v.12, pour faire sortir les siens du lieu] vers nous, que nous les connaissions (venedeʿah ʾotam / וְנֵדְעָה אֹתָם) [yada — connaître ; le verbe même de la connaissance qui unit l'ʾish et l'ʾishah (*Genèse* 4:1), retourné ici en violence : la cité veut s'approprier de force les hôtes protégés. Le crime fonctionnel est l'assaut sur les hôtes sous le toit de Lot — le viol de l'hospitalité et de la protection du seuil. Le texte dit yada et laisse le lecteur mesurer le renversement : la connaissance qui lie devient la connaissance qui écrase] !"
Lot sortit vers eux à l'entrée (hapetchah / הַפֶּתְחָה) [petach (פֶּתַח) — l'ouverture, l'embrasure ; la finale -ah dit le mouvement vers (« vers l'entrée »). Lot va se placer dans l'embrasure même, ni dedans ni dehors : il se met à la place du seuil] et ferma la porte (hadelet / הַדֶּלֶת) [delet (דֶּלֶת) — le battant, la planche qui ferme ; l'hébreu la distingue du petach, qui est le trou dans le mur. Deux mots pour ce que le français appelle « porte », et Lot met son corps entre les deux] derrière lui.
Il formula : "De grâce, mes frères (al na achai / אַל־נָא אַחַי) [Lot appelle « frères » les ʾanashim de la cité — il plaide du dedans, comme l'un d'eux] — ne faites pas le raʿ (al tareʿu / אַל־תָּרֵעוּ) [raʿa — agir en raʿ, faire ce qui dévie de l'ordre ; racine de raʿ (posé en *Genèse* 2:9)]."
"Voici, j'ai deux filles qui n'ont pas connu d'ʾish (asher lo yadʿu ish / אֲשֶׁר לֹא־יָדְעוּ אִישׁ) [reprise de yada — elles n'ont pas connu d'ʾish]. Que je les fasse sortir vers vous, et faites-leur ce qui est tov à vos yeux (ka'tov beʿeineikhem / כַּטּוֹב בְּעֵינֵיכֶם) [« ce qui est tov à vos yeux » — tov n'est plus l'ajustement d'une chose à sa destination : il est remis dans le regard de ceux qui entourent la maison. La tournure « à ses yeux » est celle qui clôra *Juges* 21:25, quand chacun fera ce qui est droit aux siens]. Seulement à ces ʾanashim ne faites rien (al taʿasu davar / אַל־תַּעֲשׂוּ דָבָר) [« ne faites pas un davar » — asah (§3.1), faire ; davar, la parole et la chose (§3.2). L'hébreu ne dit pas « ne leur faites pas de mal » : il dit qu'il ne se fasse rien du tout, pas même ce qui ne serait qu'un mot], car c'est pour cela qu'ils sont venus à l'ombre de mon toit (betsel qorati / בְּצֵל קֹרָתִי) [sous l'ombre de ma poutre — la protection sacrée de l'hôte : le toit qui couvre l'étranger engage tout entier celui qui l'abrite. Le texte n'approuve pas l'offre des filles ; il expose sans commenter la collision de deux obligations. L'ONT restitue, il ne tranche ni ne justifie (§4.9)]."
Ils formulèrent : "Approche-toi là-bas (gesh halʾah / גֶּשׁ־הָלְאָה) [gesh — de nagash (נָגַשׁ) : s'approcher, s'avancer avec une intention déclarée ; c'est le verbe d'ʾAvraham s'avançant pour l'intercession en *Genèse* 18:23. Suivi de halʾah, « plus loin », il devient un ordre d'écartement : ôte-toi de là. Le même mot sert à plaider devant YHWH et à chasser un homme de sa propre porte] !" Et ils formulèrent : "Celui-ci est venu comme ger (haʾechad ba lagur / הָאֶחָד בָּא־לָגוּר) [gur — résider comme étranger sans droit de cité ; Lot est un ger (posé en *Genèse* 15:13, 16:1)], et le voici qui fait le shofet (vayishpot shafot / וַיִּשְׁפֹּט שָׁפוֹט) [infinitif absolu : « juger, il jugerait ! » — ils reprochent au ger de s'ériger en shofet (posé en *Genèse* 18:25). L'ironie du récit est totale : ils refusent le mishpat de celui qui les avertit, à l'instant même où le mishpat de YHWH descend sur eux] ! Maintenant nous te ferons pis qu'à eux." Ils pressèrent l'ʾish, Lot, avec violence [vayiftseru — de patsar, le verbe du v.3 : Lot avait « pressé vivement » ses hôtes d'entrer, la cité le presse maintenant de céder. Le récit met l'insistance de l'hospitalité et celle de l'assaut dans le même mot, et laisse le lecteur mesurer l'écart], et s'approchèrent pour briser la porte.
Les ʾanashim [le texte renomme les hôtes ʾanashim, non malʾakhim : l'oscillation du titre se maintient, comme en *Bereshit* 18 (§4.11)] étendirent leur main [« étendre la main » — shalach (שָׁלַח) : le verbe de l'envoi, celui-là même qui dira au v.13 que YHWH les a mandatés. Leur premier geste n'est pas de frapper : c'est de tirer Lot à l'intérieur, du côté où ils se tiennent], firent entrer Lot vers eux dans la maison, et fermèrent la porte.
Et les ʾanashim qui étaient à l'entrée de la maison, ils les frappèrent d'éblouissements (basanverim / בַּסַּנְוֵרִים) [sanverim — un aveuglement de lumière, un éblouissement qui désoriente ; mot rare (seulement ici et 2 Rois 6:18). Non pas la cécité ordinaire ni une cécité morale : une clarté qui aveugle et fait perdre le seuil], du petit au grand, et ils s'épuisèrent à trouver l'entrée (vayilʾu limtsoʾ hapatach / וַיִּלְאוּ לִמְצֹא הַפָּתַח) [ils cherchent en vain la porte qu'ils voulaient briser : la dysfonction se retourne contre elle-même — ceux qui forçaient le seuil ne le trouvent plus].
Le mishpat exécuté sur Sedom
Les ʾanashim formulèrent à Lot : "Qui as-tu encore ici ? Un gendre (chatan / חָתָן) [chatan — celui qui entre dans la maison par le mariage, ou qui doit y entrer : le mot couvre le gendre et le fiancé, et l'hébreu ne tranche pas. Le v.14 les dira « preneurs de ses filles » — un participe qui ne tranche pas davantage], tes fils, tes filles, tout ce qui est à toi dans la ville — fais-les sortir du lieu (hotse min hamaqom / הוֹצֵא מִן־הַמָּקוֹם) [maqom — le lieu ; le même mot que le lieu où se tenait ʾAvraham en *Genèse* 18:33]."
"Car nous détruisons (mashchitim ʾanachnu / מַשְׁחִתִים אֲנַחְנוּ) [shachat — corrompre, détruire ; la racine même de la corruption de l'ʾeretz en *Genèse* 6:11-12 (vattishahet haʾarets) et du lo ashchit de l'intercession (18:28). le même verbe dit la corruption (ce qui s'était gâté, 6:11-12) et la destruction qui en découle : les malʾakhim exécutent sur la cité le renversement de ce qui s'était corrompu] ce lieu, car leur cri (tsaʿaqatam / צַעֲקָתָם) [tseʿaqah — variante de la zeʿaqah de *Genèse* 18:20 : le cri judiciaire de l'opprimé qui monte devant la face de YHWH et appelle le mishpat] a grandi devant la face de YHWH [« devant la face » — panim (§3.2) : non pas une surface neutre, mais une face tournée vers. Le cri ne se perd pas en l'air ; il parvient à quelqu'un qui est orienté vers lui, et c'est ce qui met le mishpat en marche], et YHWH nous a envoyés (vayeshallechenu YHWH / וַיְשַׁלְּחֵנוּ יְהוָה) [shalach — envoyer, mandater ; la racine de shaliach. Les malʾakhim sont les envoyés-mandatés qui portent et exécutent le mishpat] pour la détruire."
Lot sortit et parla (vayedabber / וַיְדַבֵּר) [dibber — piel de davar : la parole d'adresse relationnelle directe, distincte de vayomer (§3.1)] à ses gendres, preneurs de ses filles [loqchei — participe construit de laqach (prendre), posé en apposition et sans ʾasher : l'hébreu n'a pas de relative ici, et le verset voisin en porte une (v.12, ʾasher : « tout ce qui est à toi »). La langue emploie donc la particule quand elle la veut, et ne la veut pas ici. Le participe ne dit pas davantage si la noce avait eu lieu — voir la glose du chatan au v.12], et formula : "Levez-vous, sortez de ce lieu, car YHWH détruit la ville [« YHWH détruit » — le participe hébreu dit l'action en cours, non celle qui viendra : à l'instant où Lot parle, la chose est déjà engagée. C'est cela que ses gendres reçoivent comme une plaisanterie] !" Et il fut aux yeux de ses gendres comme quelqu'un qui plaisante (kimtsacheq / כִּמְצַחֵק) [tsachaq — rire, plaisanter ; la racine même du rire de Sarah devant la promesse (*Genèse* 18:12) et du Shem de Yitschaq (17:19). Le davar du mishpat est reçu comme une plaisanterie — la même incrédulité devant la parole de YHWH, ici renversée : Sarah riait d'une naissance, les gendres rient d'une destruction] [vayehi (וַיְהִי) — le waw-consécutif nu : « et il fut ». Aucune particule adversative dans le verset. Le contraste entre l'avertissement et l'accueil qu'il reçoit naît de la suite des deux propositions, non d'un mot qui l'énonce : la charnière est laissée au lecteur, comme l'hébreu la lui laisse (§4.11)].
Comme montait l'aube (ukemo hashachar ʿalah / וּכְמוֹ הַשַּׁחַר עָלָה) [shachar (שַׁחַר) — la première lueur, avant que le soleil ne paraisse ; alah — monter, la racine de l'ʿOlah, l'offrande qui monte en fumée. En hébreu l'aube monte, elle ne se lève pas : le même verbe dira la fumée du v.28], les malʾakhim pressèrent Lot en formulant : "Lève-toi, prends ta ʾishah et tes deux filles qui se trouvent là [« qui se trouvent là » (hanimtsaot) — de matsa (מָצָא) : trouver. La formule compte ce qui est présent sous le toit, non ce qui appartient à Lot : les gendres du v.14 ne sont pas là, et ils ne sortiront pas], de peur que tu ne sois emporté (pen tissafeh / פֶּן־תִּסָּפֶה) [safah — balayer, emporter sans distinction ; le mot même d'ʾAvraham dans l'intercession (*Genèse* 18:23 : tispe). Ce qu'ʾAvraham craignait pour le tsadiq — être emporté avec le rashaʿ —, les malʾakhim l'écartent de Lot] dans l'avon de la ville (baʿavon haʿir / בַּעֲוֺן הָעִיר) [avon (posé en *Genèse* 15:16) — la torsion structurelle, le gauchissement accumulé qui pèse. La ville est emportée dans le poids de son avon, parvenu à son seuil]."
Il s'attardait (vayitmahmah / וַיִּתְמַהְמָהּ) [la forme redouble ses consonnes et le mot traîne comme le pas qu'il décrit : il tardait, il s'attardait. On lui a dit de se lever ; Lot ne parvient pas à s'arracher au lieu], et les ʾanashim saisirent [chazaq (חָזַק) — être fort, empoigner avec force. Ce n'est pas une main tendue que l'on prend : c'est une prise ferme sur quelqu'un qui ne bouge pas. Quatre mains sont nommées, et aucune ne s'est levée d'elle-même] sa main, la main de sa ʾishah et la main de ses deux filles — dans la chemlah de YHWH sur lui (bechemlat YHWH ʿalav / בְּחֶמְלַת יְהוָה עָלָיו) [chemlah — l'épargne, la retenue qui préserve. YHWH épargne Lot par sa chemlah — l'épargne dont l'initiative appartient au donneur, comme le chen (§4.7)] — ils le firent sortir et le posèrent [vayanichuhu — de nuach (נוּחַ) : déposer, poser et laisser reposer. Ils ne l'accompagnent pas au-dehors : ils l'y posent, comme on met une chose en lieu sûr, et le laissent là] hors de la ville.
Et il advint, quand ils les eurent fait sortir dehors, qu'il formula [« ils les eurent fait sortir… qu'il formula » : le pluriel bascule au singulier dans la même phrase, et personne n'est nommé. Le texte ne dit pas qui parle — l'un des deux, ou YHWH par eux. L'oscillation ouverte en *Bereshit* 18 se poursuit, et l'ONT la restitue sans la lever (§4.11)] : "Sauve-toi pour ton Nefesh (himmalet al nafshekha / הִמָּלֵט עַל־נַפְשֶׁךָ) [malat — s'échapper, se glisser hors du danger ; pour ton Nefesh, ton principe vital] ! Ne regarde pas derrière toi (al tabbit acharekha / אַל־תַּבִּיט אַחֲרֶיךָ) [ne pas se retourner : ne pas rester lié à l'ordre qu'on renverse. Le mishpat n'est pas un spectacle qu'on contemple ; se retourner vers ce qui est emporté, c'est demeurer tourné vers lui], ne t'arrête pas dans tout le kikar (bekhol hakikar / בְּכָל־הַכִּכָּר) [le kikar — le bassin du Yarden, la plaine que Lot avait choisie pour son abondance (*Genèse* 13:10-11). Ce qu'il avait choisi des yeux est précisément ce qui est emporté], vers la montagne sauve-toi, de peur d'être emporté !"
Lot leur formula : "Non, de grâce, ʾAdonai [« leur » au pluriel, « ʾAdonai » au singulier, dans la même ligne. Le v.2 disait déjà adonai pour deux hôtes ; ici le nombre de l'adresse et celui du titre se heurtent ouvertement. L'hébreu ne corrige pas, et l'ONT non plus (§4.11)] !
Voici, ton serviteur a trouvé faveur (chen / חֵן) [chen — de chanan (חָנַן) : se pencher vers quelqu'un. Le mot dit seulement que l'initiative appartient au donneur, non au receveur. Il ne dit rien d'un mérite ni de son absence : cette question-là n'est pas hébraïque (§4.7). Déjà posé pour Noach en *Genèse* 6:8] à tes yeux, et tu as fait grand ton chesed (chasdekha / חַסְדְּךָ) [chesed — la fidélité loyale envers celui à qui l'on est lié : tenir parole et agir pour son bien à l'intérieur d'un lien (une berith). Non pas « bonté » sentimentale, ni « grâce » au sens théologique tardif (§4.7), ni simple « miséricorde » : le chesed est dû dans le lien. Intraduisible, comme ʾemunah et tsedaqah. Premier emploi dans l'ONT — traitement définitif réservé à son locus central (*Exode* 34:6-7 ; Ruth)] que tu as fait avec moi pour faire vivre [« faire vivre » — de chayah (חָיָה) au causatif : le chesed ne se contente pas d'épargner, il fait vivre. Ses filles emploieront le même verbe au v.32 pour ce qu'elles veulent obtenir de leur père — le mot traverse le chapitre d'un bout à l'autre] mon Nefesh ; mais moi, je ne pourrai me sauver vers la montagne, de peur que le raʿ ne me davaq (pen tidbaqani haraʿah / פֶּן־תִּדְבָּקַנִי הָרָעָה) [tidbaqani — de davaq, intraduisible depuis le 11 septembre 2026 : l'adhérence qu'on ne défait pas. Non « s'attacher », qui dit une proximité qu'on peut reprendre. Lot ne choisit rien : il redoute ce qui va le rejoindre par-derrière, et c'est le sens que le verbe prend au causatif — rattraper, c'est coller. Même verbe qu'en *Genèse* 2:24, où l'ʾish davaq à son ʾishah ; le raʿ est ici la puissance qui poursuit] et que je ne meure.
Voici donc cette ville, proche pour y fuir, et elle est petite (mitsʿar / מִצְעָר) [mitsʿar — de tsaʿar (צָעַר) : être petit, peu de chose. On vient d'ordonner la montagne à Lot ; il marchande une ville, et son seul argument est la petitesse — si peu de chose qu'on peut bien la laisser debout] ; que je m'y sauve — n'est-elle pas petite ? — et mon Nefesh vivra."
Il lui formula : "Voici, j'ai levé ta face (nasati fanekha / נָשָׂאתִי פָנֶיךָ) [nasa panim — lever la face de quelqu'un = accueillir sa demande, lui faire droit. Nasa est le verbe même de l'intercession de *Genèse* 18:24-26 (tissa, nassati : porter, faire grâce). Ce que YHWH accordait à ʾAvraham pour Sedom, celui qui parle l'accorde à Lot pour Tsoʿar — le locuteur reste au singulier sans être nommé (l'oscillation malʾakhim/YHWH, §4.11)] aussi pour cette parole, pour ne pas renverser (levilti hofki / לְבִלְתִּי הָפְכִּי) [hafakh — retourner de fond en comble ; la racine du renversement (mahpekhah) qui va frapper les villes] la ville dont tu as parlé.
Hâte-toi, sauve-toi là-bas, car je ne peux rien faire jusqu'à ce que tu y sois arrivé [« je ne peux rien faire » — celui qui exécute le mishpat se déclare empêché tant que Lot n'a pas atteint le refuge. Le texte pose la limite et ne l'explique pas : le renversement attend qu'un homme soit arrivé quelque part]." C'est pourquoi il nomma le Shem de la ville Tsoʿar (Tsoʿar / צוֹעַר) [Tsoʿar — de mitsʿar (מִצְעָר) : la petitesse ; « la Petite ». Le Shem garde la parole de Lot (« n'est-elle pas petite ? ») : l'étiologie inscrit dans le nom la demande qui l'a sauvée. Premier emploi].
Le soleil sortait sur l'ʾeretz (hashemesh yatsa al haʾarets / הַשֶּׁמֶשׁ יָצָא עַל־הָאָרֶץ) [le soleil sort : yatsa (יָצָא), le verbe même que la cité employait au v.5 pour exiger qu'on lui fasse sortir les hôtes, et que les envoyés employaient au v.12 pour faire sortir Lot. L'astre sort sur l'ʾeretz à l'instant où l'homme est sorti de la ville], et Lot vint à Tsoʿar [deux propositions à sujet antéposé, cousues par un simple waw : hashemesh yatsa al haʾarets / veLot ba Tsoʿarah. L'hébreu ne porte ici aucune particule de temps — les deux scènes sont posées côte à côte, et le texte ne dit pas laquelle sert de cadre à l'autre. La simultanéité se lit dans la juxtaposition même : le soleil sort et l'homme entre au refuge, sans qu'un mot décide lequel des deux fait le décor de l'autre (§4.11)] [le lever du soleil : le jour se lève sur le mishpat ; Lot entre au refuge à l'instant même où l'aube découvre le renversement].
Et YHWH fit pleuvoir (vaYHWH himtir / וַיהוָה הִמְטִיר) [himtir — hiphil de matar (מָטָר), la pluie : au causatif, « il fit pleuvoir ». Ce n'est pas une intempérie qui tombe d'elle-même sur une cité ; le verbe met l'acte au compte de celui qui le fait, et le français « faire pleuvoir » le garde tout juste] sur Sedom et sur ʿAmorah (ʿAmorah / עֲמֹרָה) du soufre et du feu (gofrit vaʾesh / גָּפְרִית וָאֵשׁ) [gofrit : le soufre ; esh : le feu. La pluie inversée : non plus l'eau qui fait vivre, mais le feu qui consume — la dé-création par le haut, comme le mabbul fut la dé-création par les eaux] — de la part de YHWH, depuis les shamayim (meʾet YHWH min hashamayim / מֵאֵת יְהוָה מִן־הַשָּׁמָיִם) [le texte nomme YHWH deux fois : YHWH qui fait pleuvoir, et YHWH depuis les shamayim d'où vient le feu. L'hébreu redouble le Nom sans le résoudre — le YHWH présent-agissant et le YHWH source dans les shamayim tenus ensemble dans la même phrase. L'ONT restitue le redoublement, il ne le tranche pas (§4.11)].
Il renversa (vayahafokh / וַיַּהֲפֹךְ) [hafakh — retourner sens dessus dessous ; la racine du renversement (mahpekhah / מַהְפֵּכָה) qui deviendra le nom même de la catastrophe de Sedom dans tout le corpus (*Deutéronome* 29:22, *Ésaïe* 13:19, *Amos* 4:11, *Jérémie* 49:18)] ces villes et tout le kikar, tous les habitants [yashav (יָשַׁב) — habiter, s'asseoir, demeurer : le verbe du v.1, où Lot était assis à la porte. Ceux que le renversement emporte sont nommés par le fait de s'être assis là] des villes et le germe de l'ʾadamah (tsemach haʾadamah / צֶמַח הָאֲדָמָה) [ce qui pousse de l'ʾadamah : le renversement atteint jusqu'à la végétation. La plaine « toute arrosée, comme le jardin de YHWH » (*Genèse* 13:10) devient stérilité].
Sa ʾishah [elle n'est pas nommée. Le chapitre donne un Shem à une ville (v.22) et à deux goyim (v.37-38) ; celle-ci n'en reçoit aucun, et le texte n'en dira rien d'autre que ce verset] regarda derrière lui (vatabbet ʾishto meʾacharav / וַתַּבֵּט אִשְׁתּוֹ מֵאַחֲרָיו) [elle regarda en arrière — l'avertissement « ne regarde pas derrière toi » avait été donné (v.17, au masculin singulier ; le texte ne dit pas s'il la liait). Se retourner, c'est demeurer tourné vers l'ordre condamné] et elle devint une colonne de sel (netsiv melach / נְצִיב מֶלַח) [netsiv — ce qui est dressé, une stèle ; melach — le sel, marque de la terre rendue stérile par le renversement (*Deutéronome* 29:22 : la terre de Sedom, « soufre et sel, toute brûlée »). Celle qui se retourne vers ce qui est emporté est prise dans le renversement même — figée en stèle de la désolation].
Avraham devant la fumée
ʾAvraham se leva tôt le matin (vayashkem ʾAvraham baboqer / וַיַּשְׁכֵּם אַבְרָהָם בַּבֹּקֶר) [vayashkem — de shakham (שָׁכַם), au causatif : proprement charger la bête au petit jour, d'où « se lever tôt ». Le mot vient du campement : il dit un homme debout avant que le jour n'ait rien montré] vers le lieu où il s'était tenu devant la face de YHWH (el hamaqom asher amad sham et penei YHWH / אֶל־הַמָּקוֹם אֲשֶׁר־עָמַד שָׁם אֶת־פְּנֵי יְהוָה) [le maqom de *Genèse* 18:22 — là où ʾAvraham se tenait devant YHWH pour l'intercession. Il y retourne pour voir l'issue du mishpat].
Il regarda vers la face de Sedom et d'Amorah, et vers toute la face de l'ʾeretz du kikar, et vit — et voici (vehinneh / וְהִנֵּה) [hinneh — « voici » : la particule qui fait voir avec celui qui regarde. L'hébreu ne décrit pas la plaine du dehors ; il place le lecteur dans l'œil d'ʾAvraham à l'instant où la fumée apparaît] : la fumée de l'ʾeretz montait [alah — monter, la racine de l'aube du v.15 et de l'ʿOlah, l'offrande qui monte en fumée vers ʾElohim. Le mot est le même, et le lecteur hébreu entend les deux] comme la fumée d'une fournaise (keqitor hakivshan / כְּקִיטֹר הַכִּבְשָׁן) [kivshan — le four à chaux, la fournaise ; la même image que la fumée du Sinaï (*Exode* 19:18) et le four fumant qui passa entre les morceaux de la berith (*Genèse* 15:17). La fumée qui monte : signe visible que le mishpat s'est accompli].
Et il advint, quand ʾElohim détruisit les villes du kikar, qu'ʾElohim se souvint d'ʾAvraham (vayizkor Elohim et Avraham / וַיִּזְכֹּר אֱלֹהִים אֶת־אַבְרָהָם) [zakhar — le souvenir agissant de l'alliance, non le simple ressouvenir ; le verbe même de *Genèse* 8:1 (vayizkor Elohim et Noach) au cœur du mabbul. Ici le texte passe à ʾElohim, et fait suivre le souvenir d'ʾAvraham du renvoi de Lot — voir la glose du renversement, plus bas, sur ce que la suite des deux verbes dit et ne dit pas] et renvoya [vayeshallach — piel de shalach (שָׁלַח) : envoyer, et ici renvoyer hors de. C'est le verbe du v.13, « YHWH nous a envoyés », retourné : les envoyés étaient venus pour détruire, et le même mot dit que Lot est expédié hors du renversement] Lot du milieu du renversement (mitokh hahafekhah / מִתּוֹךְ הַהֲפֵכָה) [Lot est tiré du cœur même du renversement. L'hébreu juxtapose : vayizkor puis vayeshallach, deux wayyiqtol cousus par le waw, sans aucune particule causale. Lire le souvenir d'ʾAvraham comme le ressort du salut de Lot est donc une lecture : la séquence l'appelle, et le poids de zakhar — le souvenir agissant de l'alliance — la porte, mais le texte ne la pose pas, et l'ONT ne la pose pas davantage (§4.11). Ce que le verset fait, il le fait en mettant les deux choses côte à côte : l'intercession de *Bereshit* 18 et Lot hors du renversement, dans la même phrase, sans le mot qui les nouerait], quand il renversa les villes où Lot avait habité.
Lot et ses filles — l'origine de Moav et Ammon
Lot monta de Tsoʿar et habita dans la montagne (bahar / בָּהָר) [har (הַר) — la montagne : exactement celle qu'il refusait au v.19, « je ne pourrai me sauver vers la montagne ». Il y monte de lui-même, et la raison que le verset donne est la crainte], ses deux filles avec lui, car il craignit d'habiter à Tsoʿar. Il habita dans la grotte (bameʿarah / בַּמְּעָרָה), lui et ses deux filles [Lot, sauvé de la ville, finit dans une grotte : le choix du kikar abondant (13:10-11) s'achève dans le dénuement de la caverne].
L'aînée (habekhirah / הַבְּכִירָה) [bekhirah — de bekhor (בְּכוֹר) : le premier-né. Aucune des deux filles n'est nommée : elles ne sont désignées que par leur rang de naissance, et c'est ce rang qui commandera l'ordre des deux nuits] formula à la cadette (hatseʿirah / הַצְּעִירָה) [tseʿirah — de tsaʿir (צָעִיר) : petit, cadet ; la racine même de mitsʿar et de Tsoʿar (v.20-22). Le mot par lequel leur père avait sauvé une ville nomme maintenant sa seconde fille] : "Notre père est vieux, et il n'y a pas d'ʾish dans le pays pour venir vers nous selon la voie de toute l'ʾeretz (kederekh kol haʾarets / כְּדֶרֶךְ כָּל־הָאָרֶץ) [la voie de toute l'ʾeretz — la génération, l'ordre commun des vivants. Eretz : « le pays » (local) ou « la Terre » (le monde entier) — le texte ne tranche pas. Les filles disent « pas d'ʾish dans le eretz pour venir vers nous » : c'est le motif qu'elles déclarent pour leur acte].
Viens, faisons boire du vin (nashqeh yayin / נַשְׁקֶה יַיִן) [nashqeh — de shaqah (שָׁקָה) au causatif : non pas boire avec quelqu'un, mais lui en faire boire. Le vin et le père qui ne saura pas (v.33) reprennent les deux mots de *Genèse* 9:20-24, Noach sous sa tente] à notre père, et couchons avec lui, et faisons vivre de notre père une semence (unechayeh meʾavinu zaraʿ / וּנְחַיֶּה מֵאָבִינוּ זָרַע) [zera (posé en *Genèse* 12:7) — la semence, la continuité. Leur intention déclarée est la survie de la semence, non le plaisir. Le texte expose l'acte sans le commenter (§4.9, §10)]."
Elles firent boire du vin à leur père cette nuit-là ; l'aînée vint et coucha avec son père, et il ne sut pas (velo yadaʿ / וְלֹא־יָדַע) [yada de nouveau — le père ne connaît pas : le verbe de la connaissance parcourt tout le chapitre (v.5, 8, 33), de la violence de Sedom à l'ignorance de Lot] quand elle se coucha ni quand elle se leva.
Le lendemain [la parole qui vient reprend le v.32 presque mot pour mot, dans la même bouche — l'aînée à sa sœur. Le récit ne redit pas par négligence : la seconde nuit se dit avec les mots exacts de la première, et ce qui change n'est pas le projet mais celle qui l'exécute], l'aînée formula à la cadette : "Voici, j'ai couché hier avec mon père ; faisons-lui boire du vin cette nuit encore, et viens, couche avec lui, et faisons vivre de notre père une semence."
Elles firent boire du vin à leur père cette nuit-là aussi, et la cadette se leva et coucha avec lui, et il ne sut pas quand elle se coucha ni quand elle se leva.
Les deux filles de Lot conçurent de leur père (vatahareina shtei venot Lot meʾavihen / וַתַּהֲרֶיןָ שְׁתֵּי בְנוֹת־לוֹט מֵאֲבִיהֶן) [harah (הָרָה) — concevoir, être enceinte. Le verbe est au féminin pluriel, une forme que l'hébreu emploie rarement : les deux conceptions tiennent dans un seul mot, et le verset ne les sépare pas].
L'aînée enfanta un fils et nomma [c'est elle qui nomme : qara (§3.1), l'acte souverain qui fait entrer dans l'existence fonctionnelle. Le père n'est pas consulté — il n'a pas su (v.33) —, et le Shem qu'elle donne dit d'où l'enfant vient] son Shem Moav (Moav / מוֹאָב) [Moav — entendu comme meʾav (מֵאָב) : « du père ». Le Shem inscrit l'origine dans le nom]. C'est le père de Moav jusqu'à ce jour (ad hayom / עַד־הַיּוֹם) [« jusqu'à ce jour » — la formule étiologique : le regard du consignateur, qui écrit quand Moav existe déjà comme goy (§4.14 : la consignation est postérieure à l'émergence ; §4.15). Moav, goy voisin et rival d'Israël].
La cadette aussi enfanta un fils et nomma son Shem Ben-Ammi (Ben-Ammi / בֶּן־עַמִּי) [Ben-Ammi — « fils de mon parent » (ben ammi) : le Shem dit la parenté proche]. C'est le père des fils d'Ammon (avi venei Ammon / אֲבִי בְנֵי־עַמּוֹן) [les benei Ammon — goy voisin d'Israël] jusqu'à ce jour [deux goyim naissent de Lot, Moav et Ammon — voisins et rivaux d'Israël dans toute l'histoire à venir. Le texte donne leur origine sans la commenter : il affirme, il ne juge pas (§10)].