Nom propre
ʾAvraham
Prononciation
av-ra-HAM — trois syllabes, accent sur la dernière, qui est la règle générale (§2.12).
Le h est un he, et il se prononce : un vrai souffle, comme le h de l'anglais house. Il est au milieu du mot, non à la fin — c'est là toute la différence, car un he final serait muet. Ne pas le laisser tomber comme le fait le français.
Le Shem
(ʾAvraham / אַבְרָהָם) — le nom d'ʾAvram avec, inscrit dedans, hamon (הֲמוֹן) : la multitude. Père d'une multitude de goyim.
Écoutez ce qui se déplace. Avram disait ce qu'il est : un père élevé, un homme de rang. Avraham dit ce dont il est l'origine. Le nom cesse de le décrire pour désigner ce qui sortira de lui.
Et il est donné à un homme de quatre-vingt-dix-neuf ans qui n'a qu'un fils, d'une shifchah. On l'appellera « père d'une multitude » pendant les années où il n'a personne. Chaque fois que quelqu'un le nomme, le nom dit ce qui n'est pas encore là.
C'est le régime des Shemot dans ce corpus : un nom n'enregistre pas un état, il assigne une place dans un ordre — et l'ordre tient même quand le visible le contredit.
Le même geste est fait au même moment sur sa ʾishah : Sarai devient Sarah.
Le signe entré dans la chair
Avec le nom vient la milah. Le signe de la berith n'est pas gravé sur une stèle ni consigné dans un contrat : il est incisé dans le corps, et à l'endroit par lequel une descendance passe.
Tenez-vous là un instant. Ce qui est promis est une lignée ; le signe est posé sur l'organe même de la lignée. Il ne se montre pas, il ne se retire pas, et il voyage avec celui qui le porte. Tous les hommes de sa maison le reçoivent le jour même, les esclaves compris, achetés d'un étranger : la berith ne suit pas le sang, elle suit la maison.
Celui qui discute le mishpat
En *Bereshit* 18, il fait quelque chose que personne n'avait fait.
YHWH descend voir Sedom. Avraham se tient devant lui et négocie : et s'il y a cinquante tsadiqim ? quarante-cinq ? dix ?
On lit souvent cela comme un marchandage pour sauver la ville. Ce n'est pas ce qu'il demande. Sa phrase est celle-ci : le shofet de toute la Terre ne fera-t-il pas mishpat ? Il ne demande pas qu'on suspende le jugement — il demande qu'il soit juste, c'est-à-dire qu'il ne balaie pas le tsadiq avec le rashaʿ.
Un homme se lève devant celui qui juge tout, et lui rappelle sa propre règle. Le corpus l'enregistre sans le blâmer.
Ce qu'il n'est pas
Il faut l'écrire, parce que le français le trahit deux fois.
Il n'est pas un croyant au sens où nous l'entendons, quelqu'un qui tient une proposition pour vraie. L'ʾemunah n'est pas une opinion : c'est la posture du poids qui se pose sur ce qui porte.
Il n'est pas un juste au sens moral. La tsedaqah qui lui est comptée est un ajustement à l'ordre, non une note de conduite — et le même corpus raconte qu'il a fait passer sa ʾishah pour sa sœur, deux fois, par peur.
Ce sur quoi cette fiche repose
*Bereshit* 17 à 25. Avant le changement de Shem, voir ʾAvram.
Ce qui reste à venir : son cycle n'est pas entièrement écrit, et les Igerot de Shaul le relisent de bout en bout — cette fiche sera reprise quand elles le seront.
Voir aussi
Ce qu'il était : ʾAvram.
Sa maison : Sarah sa ʾishah, Hagar la shifchah, Ishmaʿel et Yitschaq.
Sa ligne : il descend de Shem-fils-de-Noach par Ever, dont le nom donne ivri.
Ce que son Shem touche : la berith, la milah, ʾEl Shaddai, le mishpat qu'il discute, l'ʾemunah et la tsedaqah qui lui sont comptées.
Source
85 · אַבְרָהָם