La Bible ONT — מקרא הקדם

Intraduisible

milah

מִילָה

milah

Prononciation

mi-LA — deux syllabes, accent sur la dernière, qui est la règle générale (§2.12).

Le h final est un he, et il ne se prononce pas : c'est une lettre-support, qui porte la voyelle sans ajouter de son. On dit mi-LA. Ne pas l'aspirer — et ne pas le confondre avec le he initial de hineni, qui s'entend, lui.

Un homme de quatre-vingt-dix-neuf ans. Une promesse qui ne s'est pas réalisée depuis vingt-quatre ans qu'elle a été faite. Et un signe qui lui est demandé — non pas un serment, non pas un autel, non pas un monument : une incision, dans sa propre chair, à l'endroit par où la descendance passe.

C'est cela, la milah (milah / מִילָה). La racine moul veut dire couper, et le mot désigne l'acte — le geste d'incision par lequel le signe de la berith entre dans le corps.

Le choix de l'endroit n'est pas une pudeur du texte : c'est tout le sens. Ce qui est promis à Avraham, c'est une descendance. Le signe est donc posé là où la descendance passe — sur l'organe de la transmission, et non sur le front, la main ou l'oreille. L'alliance ne se range pas dans un coffre ; elle est marquée sur ce qui va la porter plus loin que celui qui la reçoit.

Voilà pourquoi « circoncision » ne suffit pas. Le mot latin décrit une opération — circum-cidere, couper autour — et un lecteur français y entend une pratique, éventuellement médicale, éventuellement ethnique. Toute la dimension d'alliance disparaît. Il reste un geste sur un corps, sans ce qui le rend nécessaire.

Le corpus, lui, ne s'arrête pas à la chair. Ce qui est retiré s'appelle l'ʿorlah, ce qui est encore couvert — et le mot vaut aussi bien pour un cœur, des lèvres ou un fruit. La milah est donc une ouverture avant d'être une coupe : ce qui était fermé devient disponible à son usage. Les neviʾim demanderont plus tard la milah du cœur à des hommes qui portaient déjà celle de la chair, ce qui n'a de sens que si le geste est d'abord une ouverture.

Un détail qui date la scène, et qu'on ne remarque plus : Avraham l'accomplit sur lui-même, sur Ishmaʿel et sur tous les hommes de sa maison le jour même. Il n'y a ni Kohen, ni sanctuaire, ni loi donnée. La berith précède l'institution qui l'encadrera.

Source

— · מִילָה

Le témoin porte la racine — mul (4135 a), trente-quatre emplois, dont himmol en *Genèse* 17:10 — et un nom, מוּלָה (4139), une seule fois, en *Exode* 4:26. Mais מִילָה, la forme que l'ONT emploie, n'y est pas : c'est le nom rabbinique de l'acte.

Racine : 4135 a · mul. Le tiret n'est pas un oubli : le témoin ne porte pas ce nom, et la fiche le déclare plutôt que de se taire.

Dans le corpus

11 occurrences