La Bible ONT — מקרא הקדם

Intraduisible

Kohen

כֹּהֵן

Kohen

Formes : Kohen, kohen, kohanim, kohen gadol

Prononciation

Ko-HEN — deux syllabes, accent sur la dernière, qui est la règle générale (§2.12).

Le h est un he : un vrai souffle, comme le h de l'anglais house. Il se prononce — il n'est pas muet comme en français.

La voyelle devant le n n'est pas nasale : on détache, jamais le « on » de « bon » ni le « an » de « banc ».

Deux domaines, et entre eux une frontière qui ne se franchit pas comme on veut. En haut, ce qui est mis à part ; en bas, l'usage ordinaire des jours. Il faut pourtant que les deux communiquent — qu'on puisse porter quelque chose de là-bas vers ici, et d'ici vers là-bas. Celui qui tient ce passage ouvert s'appelle un kohen (kohen / כֹּהֵן).

Voilà sa fonction, et elle est positionnelle avant d'être rituelle : il se tient à l'interface. Ce qu'il fait des mains — offrir, brûler, asperger, bénir — découle de l'endroit où il se tient, et non l'inverse.

C'est ce que « prêtre » manque. Le mot français arrive chargé d'une institution romaine puis catholique, où le prêtre est d'abord celui qui sacrifie, et où le sacrifice est l'essentiel. Le sacrifice n'est qu'une part du travail du kohen, et pas la première. Il enseigne la distinction entre ce qui est mis à part et ce qui ne l'est pas — c'est même sa charge la plus constante. Il discerne, et ce geste-là est celui de la binah.

Le corpus place son premier au moment le moins attendu. Avram revient d'une bataille ; sort à sa rencontre un roi de Shalem, Malki-tsedeq, qui est kohen d'ʾEl ʿElyon. Il n'appartient à aucune lignée, aucun sanctuaire n'existe encore, aucune loi n'a été donnée. Il apporte du pain et du vin, il bénit, il reçoit le dixième — et il disparaît du récit. La fonction précède l'institution qui l'organisera.

Et elle avait été donnée avant lui, sans le mot. Dans le Jardin, l'adam reçoit deux verbes : avad et shamar, servir et garder. Ce sont exactement les deux qui décriront le travail des kohanim dans le Tabernacle. Le Jardin était un sanctuaire, et son gardien y tenait déjà l'interface.

Pluriel kohanim ; kohen gadol pour celui qui a la charge principale.

Source

3548 · כֹּהֵן

Dans le corpus

18 occurrences