La Bible ONT — מקרא הקדם

Intraduisible

shofet

שֹׁפֵט

shofet

Formes : shofet, shoftim

Prononciation

sho-FET — deux syllabes, accent sur la dernière, qui est la règle générale (§2.12).

Le sh est un shin : c'est le « ch » de « chat » — dans l'ONT, c'est sh qui porte ce son, jamais ch.

Un différend dans un village. Il n'y a pas de tribunal, pas de code écrit, pas de police. Il y a des gens qui se connaissent, une affaire qui empoisonne tout le monde, et quelqu'un qu'on va chercher parce qu'il a de l'autorité et qu'il voit clair. Il écoute, il regarde, il tranche — puis chacun repart et les choses se remettent à fonctionner. Cet homme est un shofet (shofet / שֹׁפֵט).

Il vient de la même racine que le mishpat, la décision qui remet les parties dans l'ordre. Le shofet est celui qui la rend.

Notre « juge » évoque autre chose : une profession, une robe, une salle, un homme dont le métier est d'appliquer un texte à un cas. Le shofet n'applique rien. Il discerne dans une situation concrète où passe le droit, et il rétablit. C'est un geste de binah avant d'être un geste d'autorité.

Ce qui explique une chose qui déroute toujours dans le livre qui porte son nom. Les shoftim n'y jugent presque jamais d'affaires : ils délivrent, ils rassemblent, ils mènent au combat. On croit à une bizarrerie de vocabulaire. Ce n'en est pas une — rétablir l'ordre fonctionnel, c'est aussi bien trancher un litige que chasser l'oppresseur qui empêche un peuple de vivre. Un seul mot, parce qu'un seul geste.

De là vient le titre le plus lourd que le corpus donne à YHWH. Quand Avraham plaide pour Sedom, il l'appelle leshofetde toute la Terre — et sa question n'est pas de savoir si YHWH est bon. Il demande si celui dont la charge est de rétablir l'ordre va emporter le tsadiq avec le rashaʿ. On ne pose cette question qu'à un shofet, et on ne la pose que parce qu'on attend qu'il fasse son office.

Pluriel shoftim.

Source

8199 · שֹׁפֵט

Dans le corpus

7 occurrences