La Bible ONT — מקרא הקדם

Intraduisible

rashaʿ

רָשָׁע

rashaʿ

Formes : rashaʿ, reshaʿim

Prononciation

ra-SHA — deux syllabes, accent sur la dernière, qui est la règle générale (§2.12).

Le sh est un shin : c'est le « ch » de « chat » — dans l'ONT, c'est sh qui porte ce son, jamais ch.

Un mur qui penche. Il tient encore, on passe dessous tous les jours, et pourtant il n'est plus d'aplomb. Quelque chose, dans son assise, s'est déplacé. L'hébreu appelle rasha (rashaʿ / רָשָׁע) l'homme dont l'existence est ainsi — non pas écroulée, déviée.

Il est l'exact envers du tsadiq, et la paire est constitutive : là où le tsadiq tient l'axe, le rasha s'en écarte. Ni l'un ni l'autre ne se mesure à un compte de fautes. On mesure un alignement.

D'où le contresens de « méchant », qui est notre traduction ordinaire. Le méchant français est celui qui veut le mal, qui prend plaisir à nuire ; on juge son intention, sa noirceur intérieure. Le rasha n'est pas défini par ce qu'il ressent. Il est défini par la position de son existence dans l'ordre — de travers, et par conséquent nuisible à ce qui l'entoure, que cela lui plaise ou non.

Ce qui donne son vrai sens au plaidoyer d'Avraham devant Sedom. Il ne demande pas si YHWH épargnera des gens sympathiques. Il pose une question de structure : feras-tu périr le tsadiq avec le rasha ? Autrement dit — l'ordre juste peut-il emporter, dans sa remise en place, ce qui était déjà d'aplomb ? La réponse tient tout le dialogue, et elle serait inintelligible si les deux mots parlaient de caractère.

C'est aussi pourquoi le corpus peut dire d'une ville entière qu'elle est rasha. Une ville n'a pas d'intentions. Elle a une manière de fonctionner — ce qu'on y fait des étrangers, des faibles, de la parole donnée. Quand cette manière est déviée, la ville l'est.

Le mishpat est la décision qui redresse ; le rasha est ce qui doit l'être.

Source

7563 · רָשָׁע

Dans le corpus

12 occurrences