La Bible ONT — מקרא הקדם

Intraduisible

ʾishah

אִשָּׁה

Ishah

Formes : ʾishah, ʾIshah, ʾishto, ʾeshet, neshei, nashim

Prononciation

I-SHAH — deux syllabes, accent sur la dernière, qui est la règle générale (§2.12).

Le sh est un shin : c'est le « ch » de « chat » — dans l'ONT, c'est sh qui porte ce son, jamais ch.

Un homme dort. Quand il se réveille, quelqu'un se tient devant lui, et ce qu'il dit n'est pas « voici une femme » — c'est os de mes os, chair de ma chair. Puis il la nomme : celle-ci sera appelée Ishah (ʾIshah / אִשָּׁה), parce qu'elle a été prise de l'Ish.

Retiens le verbe que le texte emploie pour ce qui vient de se passer. Elle n'a pas été façonnée comme l'adam l'avait été, du sol pétri entre des mains : elle a été édifiée — banah, le verbe qu'on emploie pour un mur, une maison, une ville. On ne bâtit pas au hasard : on bâtit pour. Ce qui a été édifié là l'a été pour faire face.

C'est ce que le texte appelle ezer kenegdo, et il faut y regarder de près parce que les traductions l'ont abîmé des deux côtés. Ezer n'est pas une assistance subalterne : ailleurs dans le corpus, c'est YHWH lui-même qui est l'ezer d'Israël — un appui sans lequel on ne tient pas. Et kenegdo dit « en face de lui », littéralement : ni au-dessus, ni au-dessous, ni derrière. En vis-à-vis. Deux qui se répondent.

D'où l'intraduisible. « Femme » et « homme » sont chez nous des catégories sociales — des rôles, des statuts, des places dans une organisation. Ishah et ʾIsh ne sont pas des rôles : ce sont deux termes qui se définissent l'un par l'autre, comme les deux moitiés d'une même parole. Le jeu de sons hébreu le fait entendre et le français ne peut pas le rendre : ish et ishah, une seule syllabe d'écart. Traduire, c'est couper le lien qui les tient.

Une règle d'écriture en découle, et elle n'est pas une coquetterie : on écrit toujours sa Ishah, ta Ishah, jamais « son ishah », même devant la voyelle. Le hiatus est voulu. Il oblige la langue française à laisser voir un féminin qu'elle voudrait masculiniser par euphonie — et ce qui se joue là est exactement ce que le mot porte.

Formes

ʾishto · ʾeshet · neshei · nashim

Source

802 · אִשָּׁה

Dans le corpus

142 occurrences