La Bible ONT — מקרא הקדם

Nom propre

ʾAvram

Prononciation

av-RAM — deux syllabes, accent sur la dernière, qui est la règle générale (§2.12).

Aucune consonne difficile : le v est un bet sans dagesh, et il se dit comme en français. La voyelle devant le m n'est pas nasale — on détache ra-m, jamais le « am » de « camp ».

Le Shem

(ʾAvram / אַבְרָם) — de av (אָב), le père, et d'une racine qui dit la hauteur. Soit père élevé, ou père de hauteur.

C'est un nom de dignité, et il faut voir vers où il pointe : vers celui qui le porte. Il dit son rang, sa position, ce qu'il est. Un homme s'appelle ainsi et l'on sait ce qu'il vaut dans sa maison.

Retenez cela, parce que c'est exactement ce qui va lui être retiré.

Celui à qui il est dit de partir

Le corpus l'introduit par deux mots dont il ne lève pas l'ambiguïté : lekh-lekha — va pour toi, va vers toi, va-t'en.

Ce qu'on lui demande de quitter est énuméré dans l'ordre du resserrement : son pays, sa parenté, la maison de son père. On va du plus large au plus intime, et le dernier terme est le vrai : la maison du père, c'est-à-dire tout ce qui donnait son nom un sens.

Il part sans qu'on lui dise où. Le texte ne dit pas qu'il croit — il dit qu'il va.

Ce qu'il fait, et qui n'est pas édifiant

Tenez-vous dans le récit plutôt que devant le personnage.

Une famine arrive, il descend vers Mitsrayim, et il fait passer sa ʾishah pour sa sœur parce qu'il a peur d'être tué. Le texte l'enregistre sans commentaire. Il le fera une seconde fois.

Il laisse Lot choisir le premier, et Lot prend le meilleur.

Il lève trois cent dix-huit hommes de sa maison pour aller reprendre ce même Lot à quatre rois, et il gagne. Puis il refuse le butin, pour que nul ne puisse dire qu'un homme l'a enrichi.

Le corpus ne fait pas de lui un modèle. Il fait de lui quelqu'un à qui il arrive quelque chose.

La berith, tant qu'il est encore Avram

C'est en *Bereshit* 15, et c'est capital : tout est déjà donné avant que son Shem ne change.

Il est mené dehors et invité à compter les étoiles. Il ʾemuna en YHWH — il s'appuie, il pose son poids — et cela lui est compté à tsedaqah.

Puis vient la berith entre les morceaux. Les bêtes sont fendues, la nuit tombe, une torpeur le prend — la même que celle de *Bereshit* 2 —, et YHWH seul passe entre les pièces. Avram dort. Rien ne lui est demandé.

Une berith de ce monde se scelle en marchant tous les deux entre les morceaux : que je devienne comme ces bêtes si je romps. Ici l'un des deux dort, et l'autre passe seul. L'engagement ne dépend pas de lui, et c'est pourquoi il tiendra.

Où ce nom s'arrête

En *Bereshit* 17, ʾEl Shaddai lui apparaît et reformule son Shem. Avram cesse d'exister — le corpus ne l'emploie plus jamais après ce verset.

Ce n'est pas un surnom qu'on ajoute. C'est le père élevé qui disparaît pour que paraisse le père d'une multitude : le possessif particulier tombe, l'universel s'ouvre. Le même geste est fait au même moment sur Sarai.

Ce sur quoi cette fiche repose

*Genèse* 11:26 à 17:4, où le nom cesse. La suite est chez ʾAvraham.

Voir aussi

Ce qu'il devient : ʾAvraham.

Sa maison : Terach son père, Sarai sa ʾishah, Lot son neveu, Hagar la Mitsrit.

Ce que son histoire touche : la berith, l'ʾemunah, la tsedaqah, ʾEl ʿElyon et le kohen Malki-tsedeq.

Source

87 · אַבְרָם