La Bible ONT — מקרא הקדם

Intraduisible

ʾemunah

אֱמוּנָה

ʾemunah

Formes : ʾemunah, ʾEmunah, ʾemuna

Prononciation

e-mou-NA — trois syllabes, accent sur la dernière, qui est la règle générale (§2.12).

Le h final est un he, et il ne se prononce pas : c'est une lettre-support, qui porte la voyelle sans ajouter de son. On dit e-mou-NA. Ne pas l'aspirer — et ne pas le confondre avec le he initial de hineni, qui s'entend, lui.

Le u se dit « ou », comme dans « loup » — jamais le u français de « lune ».

Un enfant porté sur le bras d'une nourrice. Un poteau planté qui tient la tente contre le vent. Une main qu'on relève, et qui reste levée parce qu'un autre la soutient. Ces trois images viennent de la même racine que emunah (ʾemunah / אֱמוּנָה), et elles disent toutes la même chose : ce qui tient bon, et sur quoi on peut s'appuyer.

Ce n'est donc pas ce que nous appelons la foi. Notre foi est une adhésion de l'esprit : croire que quelque chose est vrai sans pouvoir le prouver, un contenu qu'on tient pour tel. L'emunah ne dit rien d'un contenu. Elle dit une fidélité qui dure — un appui qui ne cède pas quand on met du poids dessus.

Ce qui change de fond en comble la scène où le mot paraît. Avram n'a pas de fils, il est vieux, et on lui montre les étoiles. Le texte dit qu'il heʾemin en YHWH — l'ONT rend le verbe par emuna plutôt que par « il crut ». Car il ne s'agit pas d'un assentiment intellectuel à une promesse improbable : il s'agit de s'appuyer. Il met son poids là. Et la suite le montre bien, qui n'est pas un acte de conviction mais des années à vivre en comptant dessus.

Le mot vaut d'ailleurs dans les deux sens, et c'est ce que « foi » perd entièrement. YHWH est dit d'emunah bien plus souvent que les hommes : il est celui sur qui l'appui tient. Une relation, pas une opinion — et une relation où le plus fidèle des deux n'est pas l'homme.

Elle appartient à la même famille que la teshuvah, qui n'est pas un remords mais un demi-tour effectif, et que la yirah, qui n'est pas une frayeur mais une place occupée. Aucune des trois ne décrit un état intérieur. Toutes décrivent une manière de se tenir — et une traduction qui les rend par des sentiments déplace le corpus entier vers l'intériorité, là où il parlait de postures.

C'est aussi pourquoi son inscription au registre de la tsedaqah n'est ni un salaire ni un cadeau : on ne récompense pas un appui, on le constate.

Source

530 · אֱמוּנָה

Dans le corpus

16 occurrences