La Bible ONT — מקרא הקדם

Intraduisible

tsedaqah

צְדָקָה

tsedaqah

Formes : tsedaqah, tsedaqah umishpat

Prononciation

tse-da-QA — trois syllabes, accent sur la dernière, qui est la règle générale (§2.12).

Le ts est un tsade : d'un seul geste, comme dans « tsar ».

Le q est un qof : un k produit tout au fond, contre la luette.

Le h final est un he, et il ne se prononce pas : c'est une lettre-support, qui porte la voyelle sans ajouter de son. On dit tse-da-QA. Ne pas l'aspirer — et ne pas le confondre avec le he initial de hineni, qui s'entend, lui.

Un fléau de balance, deux plateaux, des poids de pierre dans un sac. Le marchand pose ses poids, le client regarde. Si les poids sont exacts, la balance est tsedeq — ajustée, conforme. De cette famille vient la tsedaqah (tsedaqah / צְדָקָה), et il faut partir de là pour ne pas la manquer.

Elle ne désigne pas une vertu qu'on posséderait. Notre justice est une qualité morale ou une institution ; la tsedaqah est l'état d'un monde où chaque chose est à son rang — où les poids sont justes, où l'orphelin n'est pas dépouillé, où la parole donnée tient, où le champ rend ce qu'il doit rendre.

Elle va toujours avec le mishpat, et c'est le couple qu'il faut tenir : la tsedaqah est l'ordre juste, le mishpat est la décision qui le rétablit quand il s'est rompu. L'un est l'état, l'autre l'acte. Le français a fondu les deux dans « justice », et il n'en dit plus aucun.

C'est ce qui rend lisible la scène la plus étonnante du corpus sur ce point. Avram n'a rien fait — pas d'exploit, pas de sacrifice, pas de promesse. Il s'est appuyé. Et le texte dit que YHWH le lui compta comme tsedaqah, avec le verbe du comptable qui inscrit une somme dans une colonne. L'acte d'ʾemunah entre au registre de l'ordre juste.

Ni un mérite gagné, ni un cadeau sans rapport avec ce qu'on fait : une inscription, portée par un autre. La distinction paraît subtile et elle a occupé des siècles de théologie — qui discutaient d'ailleurs sur une traduction, « justice », dont ni l'un ni l'autre des deux mots hébreux ne portait le sens.

Et c'est aussi ce que YHWH attend d'Avraham : garder la voie de YHWH en faisant tsedaqah et mishpat. Non pas être juste dans son cœur — tenir le monde droit autour de soi, et redresser ce qui penche.

Source

6666 · צְדָקָה

Dans le corpus

17 occurrences