La Bible ONT — מקרא הקדם

Nom propre

Sarah

Prononciation

sa-RA — deux syllabes, accent sur la dernière, qui est la règle générale (§2.12).

Le h final est un he, et il ne se prononce pas : c'est une lettre-support, qui porte la voyelle sans ajouter de son. On dit sa-RA. Ne pas l'aspirer — et ne pas le confondre avec le he médian d'ʾAvraham, qui s'entend, lui.

Le Shem

(Sarah / שָׂרָה) — le même mot que Sarai, sans le possessif : la princesse, la souveraine. Sans complément, sans propriétaire, sans maison qui la borne.

Une seule lettre a changé, et il faut voir ce qu'elle emportait. Sarai disait ma souveraine — souveraine de quelqu'un, dans un lieu. Sarah dit la souveraine. Le rang reste, la clôture tombe.

Et le corpus lui donne aussitôt la portée : elle deviendra des goyim, des rois de peuples sortiront d'elle. La dignité qui tenait dans une tente passe à l'échelle des nations.

C'est le même mouvement, à la même heure, dans la même phrase, que celui qui fait de ʾAvram un ʾAvraham. Les deux noms sont ouverts ensemble, et c'est ce qui fait de la scène de *Bereshit* 17 une reformulation de couple et non deux décisions séparées.

Celle qui rit

La promesse lui est enfin adressée à elle. Trois ʾish sont assis sous les térébinthes, on demande où elle est, et l'un d'eux annonce qu'elle aura un fils.

Elle est derrière l'entrée de la tente, hors de vue, et elle rit en elle-même. Le corpus prend soin de noter les deux : le lieu, et l'intériorité. Personne ne pouvait la voir ; personne ne pouvait l'entendre.

Sa phrase, si l'on écoute bien, n'est pas de l'incrédulité pure — c'est l'inventaire d'un corps : après que je suis usée, aurais-je encore cette jouissance ? et mon ʾish est vieux. Elle compte ce qu'elle a.

Puis on lui dit qu'elle a ri. Elle le nie — elle eut peur, précise le texte. Et la réponse ne la condamne pas : non, tu as ri.

Le corpus ne moralise pas. Il garde. Et le nom du fils gardera le rire avec lui : Yitschaq, il rit — de sorte que le doute de sa mère est inscrit dans le Shem de l'héritier, et prononcé chaque fois qu'on l'appelle.

Sa mort, et le premier morceau de terre

Elle meurt à Chevron, et ʾAvraham achète pour l'ensevelir la grotte de Makhpelah — comptant l'argent devant témoins, refusant qu'on la lui donne.

C'est le seul terrain que celui à qui toute la terre est promise possédera jamais de son vivant. Un tombeau. La promesse tient sur une berith ; ce qu'il tient dans la main est l'endroit où il pose sa ʾishah.

Ce sur quoi cette fiche repose

*Genèse* 17:15 à 23:20. Avant le changement de Shem, voir Sarai.

Voir aussi

Ce qu'elle était : Sarai.

Sa maison : ʾAvraham son ʾish, Yitschaq son fils, Hagar et Ishmaʿel qu'elle renvoie.

Ce que son Shem touche : la reformulation simultanée de celui d'ʾAvraham, et la berith de *Bereshit* 17.

Source

8283 · שָׂרָה