La Bible ONT — מקרא הקדם

Intraduisible

goy

גּוֹי

goy

Formes : goy, goyim

Prononciation

GOY — une syllabe, qui se dit comme elle s'écrit.

Le pluriel fait go-YIM, deux syllabes, accent sur la dernière — la règle générale du §2.12, et le réflexe français la déplace vers l'avant.

Un peuple précis, pas une catégorie

Un goy (goy / גּוֹי) est un peuple précis : celui-ci, avec sa langue, son sol, ses rois. Pas « un païen », pas « un étranger ».

La table du chapitre dix les compte un par un, soixante-dix, rangés par lignée : les fils de Yafet, ceux de Cham, ceux de Shem, chacun selon sa langue, selon sa famille, dans son territoire. Ce ne sont ni des tribus flottantes ni des catégories d'esprit. Ce sont des peuples avec une langue, un sol et une organisation — et c'est cela, des goyim.

Le mot est concret de bout en bout. Rien d'abstrait, rien de religieux.

Les deux traductions courantes trahissent, chacune à sa façon

« Les nations » fait une abstraction : un collectif vague, l'humanité en dehors d'Israël, une masse sans contour. Le texte, lui, nomme des peuples qu'on peut compter.

« Les gentils » est pire. Le mot vient du latin par la traduction chrétienne, et il porte une catégorie religieuse tardive — forgée pour dire les non-juifs, puis les non-chrétiens. Il projette une frontière de croyance là où le texte trace des frontières de langue et de sol.

Et cette projection rend illisible ce qui suit.

Israël est un goy, et le corpus ne s'en cache pas

La promesse dit à ʾAvram : je ferai de toi un grand goy.

Ce n'est pas un accident de vocabulaire. Être un goy, c'est la forme normale de l'existence collective, et la promesse porte exactement là-dessus : une descendance, une terre, une organisation, un nom qui compte parmi les autres.

Ce qui déplace ce qu'on croit lire ensuite. Quand ʾAvraham reçoit d'être le père d'une multitude de goyim, il ne s'agit pas d'un rayonnement spirituel : il s'agit de peuples entiers, avec leurs rois et leurs langues, rattachés à lui.

La table des soixante-dix n'est pas le catalogue de ceux qui sont dehors. C'est la liste de ceux que la promesse vise.

Ce que les goyim élèvent, et ce que le texte en fait

C'est ce qui donne son poids à la scène du Sefar Gibbaraya, où Gilgamesh est rangé parmi les gibbarayaʾ jugés : ce que les goyim chantent en héros, le texte le classe parmi la démesure.

La critique ne porte pas sur les peuples. Elle porte sur ce qu'ils élèvent.

Le mot prendra plus tard une couleur qu'il n'a pas ici

Dans l'usage postérieur, goy finira par dire l'altérité — celui qui n'est pas des nôtres. Cette couleur n'est pas dans le corpus, et l'ONT ne l'y met pas.

Ce sur quoi cette fiche repose

Sur la table de *Bereshit* 10, sur la promesse de *Bereshit* 12 et 17, et sur la scène du Sefar Gibbaraya. Le singulier et le pluriel vivaient sur deux fiches jusqu'au 16 septembre 2026 ; elles disaient la même chose et se partageaient un lemme. Décision de l'auteur : une seule.

Formes

goy · goyim · goyei · begoyeihem · goy gadol · iyei hagoyim · kol goyei haʾarets

Source

1471 a · גּוֹי

Dans le corpus

46 occurrences