La Bible ONT — מקרא הקדם

Intraduisible

mabbul

מַבּוּל

mabbul

Prononciation

mab-BOUL — deux syllabes, accent sur la dernière, qui est la règle générale (§2.12).

Le u se dit « ou », comme dans « loup » — jamais le u français de « lune ».

Le mot n'apparaît nulle part ailleurs dans toute la Bible hébraïque. Il est réservé à un seul événement, celui des jours de Noach, et cette exclusivité est déjà une information : ce qui arrive là n'est comparable à rien d'autre.

Ce n'est donc pas une inondation. L'hébreu a des mots pour l'eau qui monte — nahar pour le fleuve, mayim pour les eaux — et il ne les emploie pas ici. Le mabbul (mabbul / מַבּוּל) est autre chose, et pour le voir il faut se souvenir de comment le monde a été monté.

Au commencement, tout est eau : le tehom, l'abîme sans forme, où rien n'a de place parce que rien n'a de bord. Puis ʾElohim sépare. Il met une voûte au milieu des eaux et repousse les unes en haut, les autres en bas ; il rassemble celles d'en bas pour que le sec paraisse. Le monde habitable n'est pas fabriqué : il est dégagé, comme on assèche un terrain. Ce qui le tient n'est pas un mur, c'est une séparation maintenue.

Le mabbul est cette séparation qui lâche. Le texte le dit très exactement : les sources du grand abîme se fendent, et les écluses des cieux s'ouvrent. Les eaux d'en haut et les eaux d'en bas se rejoignent. Ce n'est pas une pluie qui dure — c'est le monde qui se referme sur ce qu'il avait été avant qu'on l'ouvre. Une décréation, et le récit la raconte à l'envers de la première page, geste pour geste.

D'où ce qui suit, et qui n'a rien d'un simple assèchement. Une Ruach passe sur les eaux — les mêmes mots qu'au deuxième verset du corpus, littéralement. Les eaux baissent, le sec reparaît, les vivants sortent par espèces, et une bénédiction reprend : croissez et multipliez. Ce n'est pas la fin d'une catastrophe. C'est une seconde inauguration, écrite avec le vocabulaire de la première.

Et c'est pourquoi la berith qui vient ensuite porte tout le poids qu'elle porte : elle est la promesse que la séparation ne lâchera plus.

Source

3999 · מַבּוּל

Dans le corpus

70 occurrences