La Bible ONT — מקרא הקדם

Intraduisible

dibber

דִּבֶּר

parla (distinct de vayomer)

Formes : dibber, vayedabber

Prononciation

dib-BER — deux syllabes, accent sur la dernière, qui est la règle générale (§2.12).

Deux verbes pour parler, et le corpus ne les emploie jamais l'un pour l'autre.

ʾamar est la parole qui institue : que la lumière soit. Elle n'a pas besoin de destinataire — elle pose ce qu'elle nomme, et l'ONT la rend par formuler.

Dibber (Dibber / דִּבֶּר) est autre chose. C'est la parole adressée à quelqu'un — de la même racine que le davar, mais dans sa dimension de rencontre. Elle suppose un vis-à-vis, et l'ONT la rend par parler pour que la distinction se voie en français.

L'écart n'est pas mince. Un dieu qui ʾamar ordonne le monde depuis une souveraineté sans visage. Un dieu qui dibber s'adresse — il y a un interlocuteur, une relation, quelqu'un qui peut répondre ou se taire. Le passage de l'un à l'autre est exactement celui que le corpus fait entre son premier et son second chapitre : ʾElohim formule, puis YHWH ʾElohim parle à un homme qu'il vient de façonner de ses mains.

Le corpus emploiera dibber pour les moments les plus proches. YHWH dibber à Mosheh, dit le texte, panim contre panim, comme un homme parle à son compagnon. Le verbe porte cette proximité-là ; ʾamar ne l'aurait pas portée.

Et il donne son nom au cinquième livre. Les Devarim — les paroles-événements adressées à un peuple avant qu'il entre dans la terre. Le grec l'a appelé Deutéronome, « seconde loi », en le rangeant du côté du texte juridique. En hébreu, ce sont des paroles adressées : quelqu'un parle à quelqu'un, une dernière fois, avant de ne plus pouvoir.

Traduire les deux verbes par « dire » efface tout cela — et avec, la différence entre un ordre lancé au cosmos et une phrase dite à un homme.

Formes

vayedabber · dibber

Source

1696 · דִּבֶּר