La Bible ONT — מקרא הקדם

Nom propre

Noach

Prononciation

No-ACH — deux syllabes, accent sur la dernière, qui est la règle générale (§2.12).

Le ch est un het : serre le fond de la gorge comme pour souffler sur une vitre, et souffle. Jamais le « ch » de « chat », qui se fait avec la langue à l'avant.

Le Shem

De nuach (nuach / נוּחַ) — se poser, trouver sa demeure, cesser d'errer.

Le mot ne dit pas le sommeil ni l'inaction. Il dit l'arrêt de celui qui cherchait où se mettre : l'oiseau qui se pose, la nuée qui s'immobilise sur un lieu, l'homme qui cesse de se déplacer parce qu'il est arrivé.

C'est la même famille que shavat — la cessation souveraine de *Bereshit* 1, celle d'ʾElohim au septième jour. On n'y cesse pas de fatigue : on cesse parce que l'œuvre tient.

Et le Shem est posé sur un enfant né dans une génération qui ne tient rien. Son père le nomme en disant : celui-ci nousnachamera — nous soulagera de notre ouvrage et de la peine de nos mains, à cause de l'adamah que YHWH a frappée de dysfonctionnement.

Le nom est donc une attente formulée à voix haute, dans un monde où le sol résiste depuis Qayin.

Celui qui trouve grâce

Le corpus le présente au moment le plus noir. La Terre est remplie de chamas, toute chair a corrompu sa voie, et YHWH est nacham d'avoir fait l'ʾadam — saisi aux entrailles, et reconsidérant depuis cet endroit.

Puis vient une phrase qui retourne tout : maisNoachtrouva grâce aux yeux de YHWH.

Le texte ne dit pas qu'il l'a méritée. Il dit qu'il l'a trouvée, et l'ordre des mots compte : la grâce précède ce qu'on apprend ensuite de lui — qu'il était tsadiq, intègre dans ses générations, et qu'il cheminait avec ʾElohim.

Ce dernier trait le relie à un seul autre homme avant lui. Chanokh-qui-marche-avec-Elohim cheminait — même verbe, même forme. Ils sont deux dans l'ère d'avant le mabbul, et le second est celui par qui elle finit.

L'homme par qui le monde recommence

Sa fonction est structurelle plus que morale, et c'est ce que le français rate quand il en fait un « juste » au sens moral.

Il bâtit la tevah, il traverse le mabbul — la dé-création temporaire —, et il ressort sur une Terre où les eaux se retirent comme au premier jour. Le ruach d'ʾElohim passe sur les eaux, mot pour mot comme en *Genèse* 1:2 : le corpus signale par son vocabulaire qu'il s'agit d'une re-création.

C'est lui qui bâtit le premier mizbeach et fait monter l'ʿolah. C'est à lui qu'est posée la première berith unilatérale — où ʾElohim seul s'engage, et où il n'est rien demandé en retour.

Et c'est de lui que repart l'humanité entière : Shem, Cham et Yafet, dont *Bereshit* 10 fera toutes les nations.

Ce que son Shem finit par dire

L'attente de son père s'accomplit, mais pas comme elle était formulée.

Le sol n'a pas cessé de résister. Ce que YHWH promet après l'ʿolah, c'est de ne plus retirer de kavod à l'adamah — non de lui rendre celle qu'elle a perdue. Le repos n'est pas la restauration : c'est une limite posée au dysfonctionnement.

Et l'homme du repos finira ivre sous sa tente, découvert, et prononcera sur son propre petit-fils la seule parole de arur que le corpus mette dans une bouche humaine.

Le corpus ne l'excuse pas et ne le condamne pas. Il pose les deux — l'homme par qui tout recommence, et l'homme qui ne tient pas — et il continue.

Voir aussi

Sa maison : Lamekh-fils-de-Metoushelach son père qui le nomme, Metoushelach son grand-père, et ses fils Shem, Cham, Yafet.

Celui qui chemine avant lui : Chanokh-qui-marche-avec-Elohim, seul autre homme de l'ère d'avant le mabbul dont le texte dise qu'il cheminait.

Ce que son Shem touche : shavat et la cessation du septième jour, le nacham de son père et celui de YHWH, la berith, l'ʿolah, et la kavod que l'adamah ne perdra plus.

Ce qui reste à écrire : le récit de sa traversée est en *Bereshit* 6 à 9, déjà écrits ; cette fiche s'enrichira si les Nistarot ou les Besorot le reprennent.

Source

5146 · נֹחַ