La Bible ONT — מקרא הקדם

Intraduisible

mizbeach

מִזְבֵּחַ

autel

Prononciation

miz-be-ACH — trois syllabes, accent sur la dernière, qui est la règle générale (§2.12).

Le ch est un het : serre le fond de la gorge comme pour souffler sur une vitre, et souffle. Jamais le « ch » de « chat », qui se fait avec la langue à l'avant.

Le mot vient de zavach — égorger. Littéralement : le lieu où l'on égorge. On traduit par « autel », et le mot français a pris avec le temps quelque chose de paisible : une table, des fleurs, un lieu de recueillement.

Il faut effacer cette image. Un mizbeach (mizbeach / מִזְבֵּחַ) est une construction de pierres brutes, en plein air, avec du sang qui coule le long des faces et un feu qui brûle. On y tue des bêtes. L'odeur, la chaleur, le bruit — tout ce que la traduction a lissé était là.

C'est pourquoi l'ONT rend le mot par « autel », mais impose son niveau 3 à chaque première occurrence : le lecteur doit voir le mot hébreu et savoir d'où il vient, sinon il lit une table.

Le premier de tout le corpus est dressé par Noach. Il sort de l'arche sur une terre où plus rien n'a été fait de mémoire d'homme ; son premier geste n'est ni de bâtir une maison, ni de semer, ni de compter ce qui reste. Il monte un mizbeach et y fait monter des ʿolah. Le monde recommence par là, et la berith vient juste après.

Le corpus tiendra plus tard une règle sur ces pierres : ni taillées, ni travaillées au fer. Un mizbeach n'est pas un ouvrage d'art. Il n'est pas non plus, comme ailleurs dans la région, la table où l'on nourrit un dieu qui aurait faim — le corpus écarte cette idée partout où elle affleure. C'est un point de passage : l'endroit où quelque chose de la Terre monte vers le domaine d'en haut.

D'où le lien avec le Kohen, dont la charge est de tenir ce passage ouvert. Le mizbeach est le lieu, le Kohen est celui qui s'y tient, l'ʿolah est ce qui monte.

Source

4196 · מִזְבֵּחַ