La Bible ONT — מקרא הקדם

Intraduisible

nacham

נָחַם

nacham

Prononciation

na-CHAM — deux syllabes, accent sur la dernière, qui est la règle générale (§2.12).

Le ch est un het : serre le fond de la gorge comme pour souffler sur une vitre, et souffle. Jamais le « ch » de « chat », qui se fait avec la langue à l'avant.

Un homme apprend une nouvelle et le coup le prend au ventre. Ce n'est pas une pensée qui change, c'est quelque chose qui se retourne au-dedans — et c'est de là, de cet endroit remué, qu'il va voir les choses autrement. L'hébreu tient les deux moments dans un seul mot, et c'est nacham (nacham / נָחַם).

Deux dimensions, inséparables : être saisi aux entrailles, et reconsidérer depuis là. Ni un chagrin qui reste un chagrin, ni un changement d'avis qui serait affaire de raisonnement. Les deux, dans cet ordre, l'un causant l'autre.

C'est ce qui rend une phrase du corpus si difficile pour les traducteurs. Avant le mabbul, le texte dit que YHWH nacham d'avoir fait l'adam sur la Terre, et que cela lui fit mal au cœur. Les traductions écrivent « se repentit », et l'on se demande aussitôt comment celui qui ordonne le monde pourrait regretter. La question est mal posée : elle vient du mot français. Le texte ne dit pas qu'il a fait une erreur de calcul. Il dit qu'il est saisi, et que depuis cette place il reconsidère.

Le mot travaille aussi dans l'autre sens, et c'est le même mouvement. Quand Lamekh nomme son fils Noach, il dit : celui-ci nous nachamera de notre travail et de la peine de nos mains. Non pas « il nous consolera » au sens d'un réconfort verbal — quelque chose va se retourner, et ce qui pesait cessera de peser de la même façon. Le nom du fils porte la promesse d'un retournement.

Et c'est encore lui qui reviendra chez les neviʾim, dans ces passages qu'on lit comme des consolations : nachamou, nachamou ami — non pas « prenez courage », mais quelque chose va se retourner pour vous.

Un même mot pour ce qui remue le ventre de YHWH avant les eaux et pour ce qui relèvera un peuple : la langue ne sépare pas ces deux mouvements, parce que c'est le même.

Source

5162 · נָחַם

Dans le corpus

8 occurrences