La Bible ONT — מקרא הקדם

Intraduisible

ʾAdam

אָדָם

l'Être façonné du sol (Bereshit 1-7)

Formes : ʾAdam, ha-ʾAdam

Prononciation

a-DAM — deux syllabes, accent sur la dernière, qui est la règle générale (§2.12).

Le mot pour « sol » est adamah — la terre travaillée, celle qu'on retourne, pas le territoire ni la planète. Le mot pour l'être humain est adam (ʾadam / אָדָם). Une lettre d'écart, et personne dans cette langue ne peut prononcer l'un sans entendre l'autre.

C'est pourquoi l'ONT n'écrit pas « l'homme », qui n'entend rien, mais l'Être façonné du sol — une périphrase, oui, et elle rend visible ce que le français efface : quand le texte dit que YHWH ʾElohim le façonna de la poussière du sol concret, il ne donne pas une origine matérielle, il donne une parenté. L'adam et l'adamah sont faits l'un pour l'autre. Il est le jardinier de ce dont il est tiré.

Le verbe employé n'est pas non plus celui du premier chapitre. Là, ʾElohim formulait et cela était. Ici, il façonne — yatsar, le verbe du potier. Il prend en main, il pétrit, il approche son visage et souffle dans des narines. C'est le même ʾElohim, dans une tout autre proximité.

Une chose déroute et il faut la tenir : adam n'est pas un nom propre dans ces chapitres, et ce n'est pas non plus « un homme » par opposition à une femme. C'est l'être tiré du sol, la catégorie. Il n'y a pas d'ʾIsh tant que personne ne se tient en face — le mot n'apparaît qu'à ce moment-là, et il apparaît en même temps que ʾIshah.

Ce que la charge implique se lit dans le mandat : servir le Jardin et le garder, avad et shamar. Ces deux verbes-là ne sont pas des mots d'agriculture. Ce sont ceux du service du sanctuaire — les mêmes qui décriront le travail des kohanim dans le Tabernacle. L'adam n'est pas un exploitant, il est un desservant.

Et lorsque cela se défait, la sanction porte sur la parenté elle-même : c'est l'adamah qui est allégée de sa kavod, et le travail devient peine. On n'a pas puni un homme en lui retirant un privilège — on a distendu le lien entre un être et ce dont il est tiré.

Le corpus change de traitement après les eaux : à partir de *Bereshit* 8, adam reste en hébreu, sans périphrase. Ce n'est pas un relâchement mais un changement de régime — dans les contextes légaux de *Bereshit* 9, ha-adam désigne l'humanité entière, et la périphrase complète briserait les chiasmes du droit.

Formes

adam · ha-adam · ba-adam · benot ha-adam · benei haʾadam · pera adam · adam ayin

Source

120 · אָדָם

Dans le corpus

76 occurrences