La Bible ONT — מקרא הקדם

Intraduisible

shaliach

שָׁלִיחַ

shaliach

Formes : shaliach, shlichim

Prononciation

sha-li-ACH — trois syllabes, accent sur la dernière, qui est la règle générale (§2.12).

Le sh est un shin : c'est le « ch » de « chat » — dans l'ONT, c'est sh qui porte ce son, jamais ch.

Le ch est un het : serre le fond de la gorge comme pour souffler sur une vitre, et souffle. Jamais le « ch » de « chat », qui se fait avec la langue à l'avant.

Un roi envoie un homme porter sa parole à un autre roi. Cet homme entre dans la salle, il parle — et ce qu'il dit engage celui qui l'envoie, exactement comme s'il était là. On ne l'écoute pas pour ce qu'il est : on l'écoute pour qui l'a envoyé. S'il est insulté, c'est son maître qui l'est.

Ce principe a un nom dans le droit de ce monde-là, et il est très ancien : l'envoyé d'un homme est comme cet homme lui-même. Celui qui le porte est un shaliach (shaliach / שָׁלִיחַ), de shalach — envoyer, mandater.

Le mot ne dit donc rien de la personne. Il ne dit ni son rang, ni sa dignité, ni ses qualités : il dit seulement qu'elle a été envoyée, et par qui. C'est une fonction pure — comme le malʾakh, dont il est le jumeau exact : malʾakh vient d'une racine qui veut dire la même chose, et les deux se distinguent par l'usage plutôt que par le sens.

Ce qui explique un choix de l'ONT que le corpus tient fermement : on n'écrit jamais « apôtre ». Le grec apostolos traduit shaliach à l'origine — puis, dans l'histoire chrétienne, il est devenu un titre, un rang dans une institution, presque une dignité personnelle. Le mouvement est exactement inverse à celui de l'hébreu, qui efface la personne derrière l'envoi.

C'est le même glissement que le vault refuse pour le n° 44. Dire Maʿasim ha-Shlichim, « les actes des envoyés », ferait des hommes les sujets de leurs propres exploits. L'ONT écrit Gevurot ha-Neviʾim : les gevurot de YHWH accomplies à travers ses neviʾim. Le sujet grammatical est celui qui envoie ; l'envoyé est l'instrument.

Et c'est pourquoi le corpus tient que naviʾ et shaliach ne sont pas deux catégories. Tout naviʾ authentique est structurellement un envoyé ; tout envoyé accomplit la fonction du naviʾ. Le grec les a décomposés en offices distincts — l'hébreu n'en connaît qu'un.

Source

— · שָׁלִיחַ

Le témoin porte le verbe hébreu — shalach (7971), huit cent quarante- sept emplois — et aucun nom d'agent en hébreu. Le 7972 qu'on trouve parfois cité est de l'araméen, et c'est un verbe. שָׁלִיחַ est postérieur.

Racine : 7971 · shalach. Le tiret n'est pas un oubli : le témoin ne porte pas ce nom, et la fiche le déclare plutôt que de se taire.

Dans le corpus

8 occurrences