La Bible ONT — מקרא הקדם

Intraduisible

L'Être façonné du sol

Formes : L'Être façonné du sol, l'Être façonné du sol, ʾAdam

Prononciation

L'Êt-RE fa-çon-NÉ dou sol — 4 mots, chacun accentué sur sa dernière syllabe, qui est la règle générale (§2.12).

Le ' est un alef ou ayin : un petit arrêt de la glotte qui coupe la syllabe, comme dans « ah ! ah ! » prononcé nettement.

Ce n'est pas un nom, c'est une périphrase (ha-adam / הָאָדָם) — six mots français là où l'hébreu en a un. Le vault a choisi de la porter dans le corps du texte, et il vaut la peine de comprendre pourquoi, parce que cela coûte cher à la lecture.

Le mot hébreu est adam. Le mot pour le sol travaillé est adamah. Une lettre d'écart : personne, dans cette langue, ne peut prononcer l'un sans entendre l'autre. Quand le texte dit que YHWH ʾElohim le façonna de la poussière du sol concret, il n'énonce pas une origine matérielle — il fait entendre une parenté, dans le son même.

Écris « l'homme », et tout cela disparaît. Le lecteur français reçoit une catégorie générale, sans terre, sans lien, sans écho. Il lit ensuite que cet homme doit servir et garder le Jardin, puis qu'après la fracture le sol est allégé de sa kavod — et rien ne lui dit que ces trois phrases parlent de la même parenté.

Écris l'Être façonné du sol, et la lourdeur elle-même travaille. On ne peut plus lire distraitement. Chaque occurrence rappelle d'où il vient et pour quoi il est là : le jardinier de ce dont il est tiré.

La périphrase a des bornes, et le vault les tient serrées. Elle ne vise que le générique — ha-adam, l'être tiré du sol, l'humanité. Le nom propre d'un individu reste un nom propre. Et elle ne vaut que pour le régime antédiluvien : *Bereshit* 1 à 7, plus tout récit qui se tient avant le mabbul, comme le Sefar Gibbaraya. À partir de *Bereshit* 8, le corpus laisse adam en hébreu, sans périphrase.

Ce changement n'est pas un relâchement. Dans les textes légaux de *Bereshit* 9, ha-adam désigne l'humanité entière comme sujet de droit, et la périphrase complète briserait les chiasmes sur lesquels la formulation repose. Le critère est l'ère, pas le livre : ce qui commande, c'est le régime du monde dans lequel la phrase est prononcée.

Dans le corpus

60 occurrences