La Bible ONT — מקרא הקדם

Intraduisible

meorot

מְאֹרֹת

luminaires

Prononciation

ME-O-ROT — trois syllabes, accent sur la dernière, qui est la règle générale (§2.12).

Ce que le mot dit

Meʾorot (מְאֹרֹת) est formé sur אוֹר, la lumière, avec le préfixe qui fabrique un instrument. Ce ne sont pas des sources de lumière : ce sont des porte-lumière. Des lampes.

Et il faut entendre ce que ça retire. Une lampe ne produit pas ce qu'elle porte : on l'allume, on la place, on la suspend. Elle est un objet dans la main de quelqu'un.

Ce que le corpus refuse de dire

Voici le fait le plus parlant du récit d'ouverture, et il est fait d'un silence.

Chez les peuples voisins, le soleil et la lune sont des dieux, avec des noms, des temples, des prêtres. Ce sont eux qui décident du temps, des saisons, des destins.

Le récit hébreu les mentionne — et ne les nomme pas. Il dit « le grand porte-lumière » et « le petit porte-lumière ». Les mots hébreux pour soleil et lune existent pourtant, et il ne les emploie pas ici.

Ce n'est pas de la pudeur. Refuser un nom, c'est refuser une existence fonctionnelle — le §3.2 le pose pour le Shem : nommer, c'est faire entrer dans l'ordre. Ne pas nommer les deux plus grands dieux du voisinage, c'est dire qu'ils n'ont pas de place à ce rang.

Et ce que le mot leur donne à la place

Une fonction, précise et subalterne : ils gouvernent le temps. Ils marquent les temps fixés, les jours, les années. Ce sont des instruments de mesure suspendus dans la Voûte.

Le récit va plus loin encore : il les mentionne après la lumière, qui existait dès le premier jour. Ils ne sont donc même pas l'origine de ce qu'ils portent.

Ce sur quoi cette fiche repose

*Genèse* 1:14-18, le §4.3 sur la démythologisation, et le contraste avec les cosmologies voisines où les luminaires sont nommés et divinisés.

Formes

meʾorot · maor · hameʾorot · limʾorot

Source

3974 · מְאֹרֹת