La Bible ONT — מקרא הקדם

Intraduisible

barakh

בָּרַךְ

doter

Formes : barakh, vayevarekh

Prononciation

ba-RAKH — deux syllabes, accent sur la dernière, qui est la règle générale (§2.12).

Le kh est un khaf : frottement contre le palais mou — le ch de l'allemand Bach. Ni un k, ni un « ch » de « chat ».

Un père pose la main sur son fils et dit quelques mots. Le fils repart, et sa vie s'en trouve changée — non parce qu'il se sent encouragé, mais parce que quelque chose lui a été transmis qu'il n'avait pas. Dans ce monde-là, ce transfert est réel : c'est pourquoi une bénédiction volée ne se rend pas, et pourquoi Yitzchak ne peut pas la reprendre à Yaakov une fois qu'elle est partie.

C'est ce qui doit être compris avant tout : barakh (barakh / בָּרַךְ) ne décrit pas un souhait. C'est la transmission d'une capacité fonctionnelle active — la puissance de croître, de porter, de tenir son office.

D'où la faiblesse de « bénir » en français. Notre bénédiction est devenue une parole pieuse : on bénit un repas, un mariage, un bateau, et personne n'attend qu'il en sorte quoi que ce soit de vérifiable. Le corpus attend l'inverse : ce qui a été barakh fonctionne mieux. Les poissons se multiplient, la terre porte, le troupeau grossit, le nom court plus loin.

Regarde comment le mot travaille dans la première page. ʾElohim barakh les vivants des eaux et leur dit : croissez et multipliez. Ce n'est pas une permission, ni un vœu — c'est la capacité de le faire, déposée en eux. Puis il le fait pour l'adam, en y ajoutant la charge de gouverner. Et il le fait enfin pour un jour, le septième, qui n'a pourtant rien à faire croître : ce jour-là est doté d'une capacité propre.

Son contraire éclaire encore mieux. ʾarur n'est pas l'absence de dotation — c'est sa perversion : la capacité demeure, et fonctionne de travers. L'adamah frappée continue de produire, mais des ronces avec le pain. Rien n'a été retiré. Tout est devenu pénible.

Le mot est apparenté à berekh, le genou. Fléchir le genou et transmettre une capacité viennent du même geste — celui qui se met plus bas pour donner.

Formes

vayevarekh · uverakhti · mevarakhekhah · vayevarakhehu

Source

1288 · בֵּרַךְ