Intraduisible
badal
בָּדַל
distinguer
Formes : badal, vayavdel
Prononciation
ba-DAL — deux syllabes, accent sur la dernière, qui est la règle générale (§2.12).
Le verbe revient cinq fois dans la première page, et il fait à lui seul presque tout le travail. ʾElohim badal (badal / בָּדַל) la lumière d'avec l'obscurité, les eaux d'en haut d'avec les eaux d'en bas, le jour d'avec la nuit. Séparer — non pas éloigner, mais poser une limite entre deux choses, de sorte que chacune tienne d'un côté.
Il faut voir que c'est là l'acte créateur principal. On attend une production, quelque chose qui sort du néant ; ce que le texte montre, c'est une distribution. Rien n'est ajouté au monde : des frontières sont tracées, et de chaque côté quelque chose commence à exister — parce qu'exister, ici, c'est occuper une place, et qu'une place est d'abord une limite.
Le mot survit dans un geste que les familles juives font encore chaque semaine. À la fin du Shabbat, on allume une tresse, on lève une coupe, on respire des épices, et l'on dit une bénédiction sur celui qui sépare — entre le sacré et l'ordinaire, la lumière et l'obscurité, le septième jour et les six jours. Cette cérémonie s'appelle la Havdalah, et c'est le même mot.
Ce qui donne son poids à ce que fait le mabbul. Les eaux d'en haut et les eaux d'en bas se rejoignent : c'est la séparation du deuxième jour qui lâche. Le monde ne subit pas une inondation, il perd sa limite — et sans limite, il redevient ce qu'il était avant qu'on l'ouvre.
Et c'est ce qui rattache ce verbe à toute une famille. La binah sépare entre deux choses ; le qodesh est ce qui a été mis à part ; le tahor est ce dont l'état permet le contact. Séparer, distinguer, discerner : un seul geste, décliné du cosmos jusqu'au seuil du sanctuaire.
Formes
vayavdel · lehavdil · ulehavdil
Source
914 · הִבְדִּיל