La Bible ONT — מקרא הקדם

Intraduisible

Tahor

טָהוֹר

Tahor

Formes : Tahor, tahor, lo tahor

Prononciation

ta-HOR — deux syllabes, accent sur la dernière, qui est la règle générale (§2.12).

Le h est un he : un vrai souffle, comme le h de l'anglais house. Il se prononce — il n'est pas muet comme en français.

Un homme s'approche du sanctuaire. Avant d'entrer, il faut savoir s'il peut — et la question n'est pas de savoir s'il est propre ni s'il a bien agi. La question est : son état permet-il ce contact ? S'il le permet, il est tahor (tahor / טָהוֹר). Sinon il est tamé, et il attendra.

Retiens que rien ici ne relève de la morale ni de l'hygiène. Un homme qui vient d'enterrer son père est tamé — et il a fait exactement ce qu'il devait faire. Une femme qui vient d'accoucher l'est aussi. Toucher un mort, donner la vie, guérir d'une maladie : ces états ne sont ni des fautes ni des saletés. Ce sont des situations qui rendent le contact impossible pour un temps.

C'est une notion de compatibilité, et l'image juste est électrique plutôt que morale : certains états peuvent entrer en contact avec le domaine mis à part sans le perturber, d'autres non. On ne juge personne. On règle un passage.

Voilà pourquoi « pur » et « impur » désorientent à ce point. Ces mots convoquent chez nous la souillure, la faute, la honte — et le lecteur en conclut qu'un monde entier a vécu dans l'obsession de la saleté. Le texte ne dit rien de tel. Il dit qu'il y a des moments où l'on approche et des moments où l'on attend, et que la vie ordinaire fait passer sans cesse de l'un à l'autre.

La catégorie est là bien avant qu'aucune loi ne soit donnée. Au moment d'entrer dans l'arche, Noach prend sept paires des bêtes tahor et une paire des autres — et personne n'a encore reçu la moindre prescription. Le texte suppose que la distinction va de soi : elle est déjà opératoire dans le monde, comme le sont le jour et la nuit.

Celui dont la charge est de tenir ce passage ouvert est le Kohen, et son travail le plus constant n'est pas d'offrir : c'est d'enseigner la distinction — quel état permet quel contact. Un geste de binah, appliqué au seuil.

Source

2889 · טָהוֹר

Dans le corpus

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