Intraduisible
remes
רֶמֶשׂ
rampants
Prononciation
re-MES — deux syllabes, accent sur la dernière, qui est la règle générale (§2.12).
Le verbe ramas dit se mouvoir au ras du sol — ramper, grouiller, glisser. Le remes (remes / רֶמֶשׂ) est ce qui se déplace ainsi : non pas une espèce, mais une manière d'occuper l'espace.
C'est ce qu'il faut tenir pour lire les listes du sixième jour sans les prendre pour de la zoologie approximative. Le texte range le vivant terrestre en trois selon son rapport à l'espace habité : la behemah qu'on mène, la chayah du dehors qu'on ne mène pas, et le remes — ce qui circule en dessous, entre les pieds, dans les interstices.
Aucun mépris là-dedans. Le remes reçoit le même traitement que les autres : il est fait selon son espèce, et ʾElohim examine et constate que c'est tov. Ajusté à sa destination, comme le reste.
Le même verbe sert pour les eaux, avec une nuance que la traduction perd : ce qui ramas dans les eaux, c'est le grouillement — et le corpus a pour cela un mot voisin, le sherets, le foisonnement dense du milieu aquatique. Deux mots pour deux façons de remplir un domaine par le nombre plutôt que par la taille.
Le remes entre dans l'arche, il entre dans la berith d'après les eaux, il est nommé quand la nourriture est distribuée. Il n'est jamais oublié dans les énumérations, et cette insistance dit quelque chose : le domaine terrestre est peuplé jusqu'en bas, et ce qui circule au ras du sol tient sa place dans l'ordre au même titre que ce qui marche debout.
Une seule fois le mot prendra une autre couleur — quand un naviʾ verra sur les murs d'un temple des figures de remes qu'on y adore. Ce n'est pas la bête qui est en cause, c'est le renversement : ce qui était en dessous mis au-dessus.
Source
7431 · רֶמֶשׂ