La Bible ONT — מקרא הקדם

Intraduisible

behemah

בְּהֵמָה

grands quadrupèdes

Prononciation

be-he-MA — trois syllabes, accent sur la dernière, qui est la règle générale (§2.12).

Le h final est un he, et il ne se prononce pas : c'est une lettre-support, qui porte la voyelle sans ajouter de son. On dit be-he-MA. Ne pas l'aspirer — et ne pas le confondre avec le he initial de hineni, qui s'entend, lui.

Le troupeau qui rentre le soir, les bêtes de somme sous le bât, l'âne au piquet devant la maison. La behemah (behemah / בְּהֵמָה), ce sont les animaux de l'espace proche — ceux qu'on mène, qu'on nourrit, qu'on compte, et dont la vie est mêlée à celle des hommes.

Le sixième jour range le vivant terrestre en trois, et le classement n'est pas celui d'un naturaliste. Nous trierions par forme ; le texte trie par rapport à l'espace habité : la behemah, qu'on mène ; le remes, qui se meut au ras du sol ; la chayah de l'ʾeretz, la vie du dehors qu'on ne mène pas. Trois rapports, pas trois espèces.

Ce qui explique que la behemah revienne partout où il est question de ce que l'homme a en charge. Elle entre dans l'arche avec lui, elle se repose avec lui le septième jour — le texte le précise, et c'est frappant : la cessation vaut pour le fils, la fille, le serviteur, l'étranger et labehemah====. On ne fait pas travailler son âne un jour où l'on ne fait pas œuvre soi-même.

Elle entre aussi dans la berith d'après les eaux, qui n'est pas conclue avec Noach seul mais avec tout Nefesh vivant sorti de l'arche.

Et elle porte la première distinction tahor du corpus, avant qu'aucune loi n'existe : sept paires des bêtes qui permettent le contact, une paire des autres. Le texte suppose la catégorie connue, comme il suppose connu le jour et la nuit.

Le mot voisin behemot, au pluriel amplifié, servira ailleurs à nommer une bête énorme et insaisissable — la behemah poussée au-delà de ce qu'un homme peut mener. La langue joue sur le contraste : ce qui devrait être à portée, et qui ne l'est pas.

Source

929 · בְּהֵמָה