La Bible ONT — מקרא הקדם

Intraduisible

sherets

שֶׁרֶץ

qui grouillent

Prononciation

she-RETS — deux syllabes, accent sur la dernière, qui est la règle générale (§2.12).

Le sh est un shin : c'est le « ch » de « chat » — dans l'ONT, c'est sh qui porte ce son, jamais ch.

Le ts est un tsade : d'un seul geste, comme dans « tsar ».

Le cinquième jour, les eaux sherets (sherets / שֶׁרֶץ) — et le verbe ne dit pas qu'elles se remplissent : il dit qu'elles fourmillent. Une eau vue de près, en été, où l'on ne distingue plus les individus mais un mouvement continu.

Le sherets est cette catégorie-là : le grouillement dense et foisonnant, propre au milieu aquatique. Ce n'est pas une espèce, pas même un groupe d'espèces — c'est une façon d'occuper un domaine, par le nombre plutôt que par la taille.

Ce qui montre comment le premier chapitre peuple ses domaines. Il n'énumère pas des animaux, il installe des manières d'habiter. Dans les eaux, le sherets et les grands tanninim — l'infiniment nombreux et l'immense. Sur la terre, la behemah qu'on mène, le remes qui circule en dessous, la chayah du dehors. Chaque domaine reçoit ce qui le remplit, et le texte vérifie à chaque fois que c'est tov.

Le mot est d'ailleurs employé avec la bénédiction qui va avec : les vivants des eaux sont barakh et reçoivent de croître et de se multiplier. Le foisonnement n'est pas un désordre toléré — c'est une capacité donnée, et le premier être vivant du corpus à recevoir cette dotation est ce qui grouille.

Le corpus emploiera plus tard le même mot pour des bêtes rampantes de la terre, dans les listes du service, et l'usage se resserrera. Mais l'idée reste : ce qui se compte par masses, non par têtes.

Traduire par « reptiles » ou « petits animaux » manque tout. Ce sont des mots de zoologie, et le sherets n'est pas une classe d'êtres : c'est une densité.

Source

8318 · שֶׁרֶץ