La Bible ONT — מקרא הקדם

Intraduisible

ʾor

אוֹר

Lumière

Prononciation

OR — une syllabe.

Le premier mot que ʾElohim prononce fait paraître la or (ʾor / אוֹר). Et le lecteur moderne bute aussitôt sur une objection : les luminaires — soleil, lune, étoiles — ne sont installés qu'au quatrième jour. D'où viendrait donc cette lumière-là ?

L'objection tombe dès qu'on cesse de chercher un phénomène physique. Ce qui est institué au premier jour n'est pas un rayonnement : c'est ce qui rend toute distinction possible. Là où il n'y a que du choshekh, on ne peut rien séparer de rien — non parce qu'il fait sombre, mais parce qu'aucun bord n'apparaît. La or est ce par quoi il y a des bords.

C'est pourquoi le geste qui suit immédiatement est badal : ʾElohim sépare la or d'avec le choshekh, puis nomme l'une jour et l'autre nuit. La lumière n'est pas versée dans un espace vide — elle inaugure la possibilité de la limite, et l'alternance qui en découle est le temps.

Le quatrième jour ne contredit donc rien : il installe des fonctionnaires dans un ordre déjà posé. Les luminaires ne créent pas la lumière, ils la gouvernent — le texte le dit en toutes lettres, ils sont là pour régner sur le jour et sur la nuit, et pour marquer les moadim, les rendez-vous. Ce sont des horloges dans une maison qui a déjà ses murs.

Ce qui explique aussi que le corpus puisse dire ailleurs des choses qui, autrement, sembleraient des métaphores : marcher dans la or, être une or pour les goyim. Il ne s'agit pas d'éclat. Il s'agit de ce qui permet de distinguer — et un peuple qui montre où passent les limites fait pour les nations ce que le premier jour a fait pour le monde.

L'ONT écrit la or avec la majuscule là où c'est l'Ordre lui-même qui est en cause, et non l'éclairage d'une scène.

Formes

or · haʾor

Source

216 · אוֹר