Intraduisible
boqer
בֹּקֶר
matin
Prononciation
BO-QER — deux syllabes, accent sur la dernière, qui est la règle générale (§2.12).
Le q est un qof : un `k` produit tout au fond, contre la luette.
Ce que le mot dit
Boqer (בֹּקֶר) vient de בָּקַר — fendre, ouvrir en deux, examiner.
C'est un verbe de séparation active. La même racine donne le verbe qu'on emploie pour inspecter un troupeau : passer les bêtes une à une, les distinguer, voir laquelle boite.
Donc le matin ne se contente pas d'éclairer. Il fend. Il rend les choses de nouveau distinctes les unes des autres.
Le couple qu'il forme
- erev (עֶרֶב) — mêler : les contours se perdent - boqer (בֹּקֶר) — fendre : les contours reviennent
Les deux mots ne sont pas « fin » et « début » : ce sont deux opérations inverses sur la distinction. Et c'est pourquoi la formule du récit d'ouverture les met dans cet ordre — du mêlé vers le distinct, chaque jour refaisant le geste qui fonde le récit.
Ce que cela dit du regard
Un détail vaut d'être vu. Baqar — fendre, inspecter — est aussi ce que fait celui qui évalue. Le matin n'est pas un état du ciel : c'est l'heure où l'on peut de nouveau juger, distinguer le sain du malade, le bon du gâté.
Un monde où exister c'est occuper une place distincte a besoin d'un moment où les places redeviennent lisibles. C'est ce moment-là que le mot nomme.
Ce sur quoi cette fiche repose
*Bereshit* 1 et le §2.4. La racine בָּקַר est attestée pour l'inspection du bétail et pour l'examen attentif en général.
Formes
boqer · haboqer · vaboqer · livqarim
Source
1242 · בֹּקֶר