La Bible ONT — מקרא הקדם

Intraduisible

maqom

מָקוֹם

Formes : maqom, Maqom, ha-Maqom

Prononciation

ma-QOM — deux syllabes, accent sur la dernière, qui est la règle générale (§2.12).

Le q est un qof : un k produit tout au fond, contre la luette.

Pose une pierre sur une table. Elle tient.

Maintenant demande-toi ce qui la fait tenir. Pas « où elle est » — ça, tu le vois. Mais ce qui fait qu'elle ne s'effondre pas, ne dérive pas, occupe cette place-là et pas une autre.

L'hébreu a un mot pour cette question, et le français ne l'a pas.

Ce que le mot dit

Maqom (מָקוֹם) vient de qum (qum / קוּם) — se lever, se tenir debout, prendre position.

C'est la racine du relèvement : celle qu'on emploie pour ce qui est remis debout après être tombé.

Un maqom, ce n'est donc pas un emplacement. C'est le lieu où une chose tient debout — et le mot porte la tenue, pas la coordonnée.

Ce que le grec en a fait, et pourquoi ça compte

Le mot grec est topos, et il désigne autre chose : un espace-contenant. Une boîte, qui existerait tout aussi bien vide, et qui est indifférente à ce qu'elle contient.

| | ce que c'est | son rapport au contenu | |---|---|---| | topos | un contenant | aucun — la boîte ne fait rien à ce qu'elle range | | maqom | une tenue | actif — sans lui, la chose ne se tiendrait pas |

De cette différence sort tout le reste. Chez les Grecs, si quelque chose est dans autre chose, le contenant est plus grand — donc supérieur. Un dieu logé dans le monde serait inférieur au monde, ce qui oblige à le placer hors de tout.

L'hébreu ne pose jamais cette question. Il ne demande pas qui contient qui. Il demande qui tient qui debout. Et cette relation-là ne se renverse pas : ce qui tient n'a besoin de rien pour être tenu.

Le composé, et le renversement qu'il porte

De là un titre : ha-Maqom — le Lieu.

> YHWH est le maqom du monde. Le monde n'est pas son maqom.

Ce n'est pas une manière élégante de dire qu'il est partout. C'est dire que les catégories de « près » et de « loin » ne s'appliquent pas à lui, parce qu'elles supposent un espace où il serait situé — et il est ce dans quoi tout espace se tient.

Un naviʾ le formule presque comme une définition : suis-je un ʾElohim de près, et non un ʾElohim de loin ?

Ce que ça change pour qui cherche

Chercher, pour nous, c'est franchir une distance. Aller là où l'autre se trouve, et ne pas l'avoir tant qu'on n'y est pas.

Mais s'il n'y a pas de dehors, il n'y a pas de trajet. Ce qui change n'est jamais sa position : c'est la nôtre, et surtout ce que nous sommes devenus capables de recevoir.

Le mot pour cela est kli.

Source

4725 · מָקוֹם

Dans le corpus

9 occurrences