Intraduisible
qum
קוּם
Prononciation
QOUM — une seule syllabe.
Le q est un qof, et c'est la seule difficulté : un `k` produit tout au fond de la bouche, contre la luette, là où le `k` français ne va jamais. Ne le lis pas comme le « qu » de « que », qui se fait bien plus en avant (§2.12). Le ou comme « loup ».
Ce que fait un corps
Tu étais assis, ou couché. Maintenant tu es debout. C'est tout le verbe, et il faut le tenir dans cette platitude avant de le voir servir à autre chose.
Lot est assis à la porte de Sedom quand les deux arrivent le soir ; vayaqom liqraʾtam — il se leva à leur rencontre (*Genèse* 19:1). Un homme qui se met debout pour accueillir : rien de plus.
Se lever contre
Mais un corps qui se lève prend une position, et une position peut être hostile.
*Genèse* 4:8, dans les champs : vayaqom Qayin ʾel Hevel ʾachiv — Qayin se dressa contre son frère. Le même mot que pour Lot à la porte. Le texte ne change pas de verbe pour dire que le geste a changé de sens ; il laisse le lecteur voir que se mettre debout, c'est déjà se placer quelque part.
Et c'est aussi le mot qui lance une vie entière : qum hithalekh baʾarets — lève-toi, parcours le pays (*Genèse* 13:17). Tout commence par là. On ne va nulle part assis.
Ce qu'on fait tenir debout
À la forme causative — heqim — le verbe cesse de parler du corps qui se lève et parle de ce qu'on met debout.
Et ici, un fait de comptage qui décide de la fiche : sur les seize emplois de *Genèse* 1-19, sept sont la forme causative appliquée à la berith, et à rien d'autre. *Genèse* 6:18, 9:9, 9:11, 9:17, 17:7, 17:19, 17:21. Presque la moitié du verbe, pour un seul objet.
Le §3.2 le dit déjà, et le compte le confirme : la berith n'est pas coupée (karat, le verbe ordinaire des traités), elle est faite tenir debout. La différence est fonctionnelle et non stylistique. Un traité qu'on coupe est un acte entre deux parties qui s'obligent ; une chose qu'on met debout tient par celui qui l'a dressée, et elle continue de tenir même si l'autre s'effondre.
C'est exactement pourquoi la berith de *Genèse* 15 est unilatérale. On ne dresse pas une pierre à deux.
D'où vient maqom
Le mot maqom est bâti sur ce verbe.
Ne le lis pas comme un emplacement, un point sur une carte, un contenant indifférent à ce qu'il contient. Une fois que tu as vu qum faire son travail — un corps qui se met debout, une berith qu'on dresse —, le nom devient évident : un maqom est l'endroit où une chose se tient debout, et qui l'y tient.
C'est la même racine, et c'est le même geste, une fois pour ce qui se lève et une fois pour le lieu qui le porte.
Ce sur quoi cette fiche repose
Les 16 emplois de *Genèse* 1-19, relevés sur le témoin, et leur répartition entre le qal et la forme causative.
Formes
qum · qumu · qumi · vayaqom · vatiqom · vayaqumu · meqim · haqimoti · vahaqimoti · ʾaqim · qum hithalekh baʾarets
Source
6965 b · קוּם