La Bible ONT — מקרא הקדם

Intraduisible

kanaf

כָּנָף

aile

Prononciation

ka-NAF — deux syllabes, accent sur la dernière, qui est la règle générale (§2.12).

L'aile — mais le mot dit d'abord ce qui permet d'habiter le domaine aérien. Comme partout dans ce chapitre, l'organe est nommé par sa fonction : la kanaf (kanaf / כָּנָף) est ce par quoi le ʿof occupe l'espace qui lui est assigné.

Le mot glisse ensuite vers tout ce qui, d'un objet, s'étend et couvre. La kanaf d'un vêtement est son pan, le bord qui retombe et qu'on peut rabattre sur quelqu'un. Les kanfei de la terre sont ses extrémités, là où elle s'étend jusqu'à s'arrêter.

De ce glissement naît une des images les plus reprises du corpus, et elle cesse d'être sentimentale dès qu'on tient les deux sens. Être sous leskanaf==de quelqu'un, ce n'est pas être caressé : c'est êtresous le pan de son manteau==, dans l'espace qu'il couvre — donc sous sa protection et sous sa responsabilité. Ce que fait un homme qui étend son vêtement sur une femme, et ce que le corpus dit de YHWH envers ceux qui viennent s'y mettre.

Le geste est même un acte juridique : rabattre son pan sur quelqu'un, c'est le prendre en charge. Ruth le demande en toutes lettres à Boaz — étends ta kanaf sur ta servante —, et ce n'est pas une déclaration d'amour, c'est une demande de protection légale.

Le mot revient enfin pour les êtres du domaine d'en haut. Les keruvim du sanctuaire étendent leurs kanfei au-dessus du couvercle, et les vivants de la merkavah en ont plusieurs paires. L'aile n'y dit pas qu'ils volent comme des oiseaux : elle dit qu'ils appartiennent au domaine d'en haut et qu'ils couvrent ce qui est en dessous.

Un même mot pour l'aile d'un moineau, le pan d'un manteau et l'extrémité du monde — et rien d'incohérent là-dedans : partout, ce qui s'étend et abrite.

Source

3671 · כָּנָף