La Bible ONT — מקרא הקדם

Intraduisible

merkavah

מֶרְכָּבָה

merkavah

Prononciation

mer-ka-VA — trois syllabes, accent sur la dernière, qui est la règle générale (§2.12).

Le h final est un he, et il ne se prononce pas : c'est une lettre-support, qui porte la voyelle sans ajouter de son. On dit mer-ka-VA. Ne pas l'aspirer — et ne pas le confondre avec le he initial de hineni, qui s'entend, lui.

Un homme au bord d'un fleuve, dans un pays qui n'est pas le sien, parmi des déportés. Le ciel s'ouvre, et ce qu'il voit, il met un chapitre entier à essayer de le dire : des vivants à quatre faces, des roues dans des roues pleines d'yeux, une étendue comme du cristal, et au-dessus une forme d'homme sur quelque chose qui ressemble à un trône. Il n'affirme presque rien — il écrit comme, une sorte de, l'aspect de.

Ce qu'il a vu porte un nom : merkavah (merkavah / מֶרְכָּבָה). La racine rakhav veut dire monter, chevaucher, prendre place sur un attelage.

Il ne faut pourtant pas y voir un chariot. Notre mot dit un véhicule, quelque chose qu'on utilise pour se déplacer, un objet. La merkavah est le trône qui se meut — le siège du gouvernement du monde, et le fait qu'il se déplace est l'information principale. Un trône qui bouge est un trône qui n'est pas attaché à un lieu.

C'est ce qui rend la vision si lourde à l'endroit où elle survient. L'homme qui la reçoit est en exil ; le Temple est loin, et il sera détruit. Voir la merkavah au bord d'un fleuve étranger, c'est voir que le gouvernement n'est pas resté là-bas — qu'il n'est pas prisonnier d'un bâtiment.

Le corpus range ces textes dans un mode qui leur est propre, les Nistarot : ce qui est structurellement voilé, l'architecture du réel derrière l'histoire visible. On n'y monte pas par curiosité. La tradition juive fera de la merkavah le domaine le plus réservé de l'étude, et le corpus garde cette prudence.

Son premier emploi en corps de texte, dans l'ONT, se trouve dans Toledot Adam ve-Chavah. Le mot reste en hébreu partout : « char divin » ferait un objet, « trône-char » ferait une glose. L'hébreu tient les deux en un mot, et c'est ce qu'il faut garder.

Source

4818 · מֶרְכָּבָה

Dans le corpus

8 occurrences