La Bible ONT — מקרא הקדם

Intraduisible

Neshamah

נְשָׁמָה

Neshamah

Formes : Neshamah, neshamah

Prononciation

Ne-sha-MAH — trois syllabes, accent sur la dernière, qui est la règle générale (§2.12).

Le sh est un shin : c'est le « ch » de « chat » — dans l'ONT, c'est sh qui porte ce son, jamais ch.

Le premier chapitre ne montre jamais ʾElohim en train de toucher quoi que ce soit. Il formule, et cela est. Les vivants paraissent par familles, la Terre les fait sortir, tout est ordonné à distance.

Puis, au chapitre suivant, quelqu'un s'agenouille dans la terre. Il pétrit. Il approche son visage — et il souffle dans des narines. C'est le geste le plus proche de tout le corpus, et le mot pour ce qu'il transmet est Neshamah (Neshamah / נְשָׁמָה).

Il faut mesurer ce que le texte fait là. Les bêtes, les oiseaux, les poissons sont des Nefesh vivants dans les mêmes termes que l'adam — le texte le dit deux fois, aux versets 20 et 24. La vie ne le distingue pas. Ce qu'il reçoit et qu'ils ne reçoivent pas, c'est ce souffle-ci, donné bouche contre narines, sans intermédiaire.

Et il ne faut pas se hâter d'y voir une âme. La Neshamah n'est pas une pièce immatérielle logée dans un corps, qui en sortirait à la mort pour aller ailleurs : cette architecture est grecque et le corpus l'ignore. La Neshamah est le souffle même, celui qui entre et sort de toi maintenant, et qui vient de là. On ne l'a pas ; on la respire.

Ce qui donne son poids à une phrase qu'on lit d'ordinaire sans y penser. Après la fracture, la sanction tombe : à la sueur de tes narines tu mangeras ton pain. Les traductions écrivent « de ton front », parce que la sueur du front nous paraît normale. Le mot hébreu dit les narines — exactement l'endroit où le souffle avait été déposé. Ce qui sortait de là était la vie reçue ; ce qui en sort maintenant, c'est l'effort. Le texte ne commente pas. Il pose les deux scènes au même endroit du visage et laisse faire.

Le corpus tient donc trois mots que les traductions fondent en un seul : la Nefesh, la vie concrète qui a soif ; la Ruach, ce qui meut, dans l'homme comme dans le monde ; et la Neshamah, le souffle reçu par contact. Trois opérations distinctes. Aucune n'est « l'âme ».

Source

5397 · נְשָׁמָה

Dans le corpus

16 occurrences