Intraduisible
tevah
תֵּבָה
arche
Prononciation
TÉ-VAH — deux syllabes, accent sur la dernière, qui est la règle générale (§2.12).
Le v est un vet, le b privé de son point durcissant. Le h final ne se prononce pas : il porte la voyelle.
Ce que le mot dit
Tevah (תֵּבָה) désigne un caisson. Pas un navire.
C'est le premier point à tenir : le corpus a des mots pour « bateau » et il n'en emploie aucun ici. La tevah de Noach n'a ni proue, ni gouvernail, ni rame, ni voile. On ne la pilote pas. Elle flotte, et c'est tout ce qu'on lui demande.
Le fait qui décide de tout
Ce mot ne paraît que dans deux récits de tout le corpus.
- la tevah de Noach, portée sur les eaux du mabbul ; - la tevah de Mosheh, posée sur les eaux du fleuve.
Deux enfants d'un même geste : quelqu'un est enfermé dans un caisson enduit de poix, confié à l'eau, sans aucun moyen de se diriger, et il en ressort pour recommencer un monde.
Un vocabulaire aussi resserré n'est jamais un hasard dans ce corpus. Le mot lui-même fait le lien entre les deux récits, et il le fait sans qu'aucune phrase ait à le dire.
Ce que la forme dit de la fonction
Une tevah n'est pas un moyen de transport, c'est un moyen de survivre à un passage. Elle ne va nulle part : elle tient pendant que le monde autour se défait.
C'est pourquoi son absence de gouvernail n'est pas un manque. Celui qui est dedans n'a rien à décider, et c'est le sens même de la scène : ce qui le porte n'est pas ce qu'il fait.
Ce sur quoi cette fiche repose
*Bereshit* 6-8 et le récit de l'enfance de Mosheh. Le relevé des mots de navigation du corpus, qui ne sont employés ni dans l'un ni dans l'autre.
Formes
tevah · hatevah · batevah · tevat
Source
8392 · תֵּבָה