La Bible ONT — מקרא הקדם

Nom propre

Mosheh

Prononciation

mo-SHÉ — deux syllabes, accent sur la dernière, qui est la règle générale (§2.12).

Le sh est un shin : c'est le « ch » de « chat » — dans l'ONT, c'est sh qui porte ce son, jamais ch.

Le h final est un he, et il ne se prononce pas : c'est une lettre-support, qui porte la voyelle sans ajouter de son. On dit mo-SHÉ. Ne pas l'aspirer — et ne pas le confondre avec le he médian d'ʾAvraham, qui s'entend, lui.

Le nom que sa mère n'a pas donné

Un enfant est posé sur le fleuve dans une caisse enduite de poix, parce qu'un roi a ordonné qu'on jette les garçons. Une fille de ce roi le trouve, le garde, et c'est elle qui le nomme : Mosheh (Mosheh / מֹשֶׁה).

Le texte donne la raison qu'elle en donne : parce que je l'ai tiré des eaux. En hébreu, mashah (מָשָׁה) veut dire tirer hors de l'eau. Et la forme du nom est active : non pas « celui qui a été tiré », mais celui qui tire.

C'est la première chose à voir, et elle décide de tout le reste. On l'a nommé d'après ce qu'on lui a fait, et le nom dit ce qu'il fera : il tirera un peuple hors des eaux. Il ne le sait pas encore. Personne ne le sait. Le Shem est posé quatre-vingts ans avant que la chose arrive.

Ce qu'il est dans le corpus, et ce qu'il n'est pas

Il n'est pas un fondateur de religion. Il est celui par qui une parole passe, et le corpus insiste beaucoup sur ce qu'il lui en coûte : il bégaie, il refuse, il demande qu'on envoie quelqu'un d'autre, il se met en colère, il frappe un rocher qu'il devait seulement nommer. On lui refusera d'entrer dans le pays vers lequel il a marché quarante ans.

Ce n'est pas un accident du récit. C'est ce que le corpus tient pour vrai d'un naviʾ : il ne porte pas le davar malgré sa vie, il le porte par elle. Un envoyé qui n'aurait rien à traverser transmettrait une annonce ; celui qui traverse transmet une profondeur.

La face, le dos, et ce que ça nous apprend

C'est à lui qu'il est dit : tu ne peux pas voir ma face et vivre. On le place dans le creux d'un rocher, une main le couvre, et il ne voit qu'un dos.

La scène passe souvent pour un refus. Elle n'en est pas un — elle décrit une contrainte de structure. Ce qui est vu là est un mode de présence emprunté, et d'un mode emprunté on ne peut voir que le mode. Le corpus le dit ailleurs sans détour : ce dos est celui d'un malʾakh, et c'est pourquoi il n'y a jamais contradiction entre « YHWH lui apparut » et « le malʾakh de YHWH lui apparut ». C'est le même événement, dit une fois par sa source, une fois par son vêtement.

Ce que la fiche porte, et ce qui reste à venir

Elle repose sur ce que le corpus dit de lui hors de Shemot, qui n'est pas encore écrit. Le buisson, le Nom, les Dix Paroles et la mort sur la montagne relèvent tous du §7 — la partie du travail que l'auteur se réserve. Cette fiche sera reprise en entier quand ces textes existeront ; ce qu'elle porte aujourd'hui n'est que ce qui a déjà servi ailleurs.

Voir aussi

naviʾ, pour ce qu'il est. malʾakh et ʿolam, pour ce qu'il a vu de dos. davar, pour ce qu'il porte. Et Chanokh-qui-marche-avec-Elohim, l'autre homme du corpus dont la fin échappe au récit ordinaire.