Nom propre
Shinʿar
Prononciation
Shin-ʿAR — deux syllabes, accent sur la dernière, qui est la règle générale (§2.12).
Le sh est un shin : c'est le « ch » de « chat » — dans l'ONT, c'est sh qui porte ce son, jamais ch.
Le ' est un alef ou ayin : un petit arrêt de la glotte qui coupe la syllabe, comme dans « ah ! ah ! » prononcé nettement.
La voyelle devant le n n'est pas nasale : on détache, jamais le « on » de « bon » ni le « an » de « banc ».
Le Shem
(Shinʿar / שִׁנְעָר) est le nom hébreu de la plaine de Mésopotamie méridionale — le pays des grands fleuves, celui de Sumer et d'Akkad, plus tard celui de Bavel.
L'étymologie n'est pas assurée, et le corpus ne la propose pas. Ce qu'il donne est une position dans le monde : la plaine, au midi des montagnes d'ʾArarat.
La plaine où l'on s'arrête
Sa fonction dans le récit tient à sa forme, et le texte y insiste.
Après le mabbul, l'humanité descend des montagnes et trouve une plaine. Ils s'y établissent, et c'est là qu'ils disent : bâtissons-nous une ville et une tour dont la tête soit dans les Cieux, et faisons-nous un Shem.
Regardez l'opposition que le corpus construit. Sur les montagnes d'ʾArarat, un homme se pose parce qu'ʾElohim l'a fait cesser d'errer. Dans la plaine de Shinʿar, des hommes se posent pour ne plus être dispersés, et se donnent un Shem à eux-mêmes.
Le premier reçoit son repos. Les seconds le fabriquent.
Ce que la plaine devient
C'est de là que part la dispersion, et c'est là que Bavel reçoit son nom du balal, la confusion — une polémique étymologique contre Bab-ilim, la porte des dieux.
La plaine reviendra dans le corpus comme le lieu de l'empire. C'est le pays d'où sort Avram, et celui où son peuple sera un jour déporté.
Voir aussi
Le repère opposé : ʾArarat, la montagne où Noach se pose.
Ce que la plaine porte : la ville et la tour, le Shem que les hommes se font, et le balal qui les disperse.
Ce qui reste à écrire : le récit est en *Bereshit* 11, déjà écrit ; cette fiche s'enrichira quand la couche des Shemot y sera portée.
Source
8152 · שִׁנְעָר