Nom propre
ʾArarat
Prononciation
A-ra-RAT — trois syllabes, accent sur la dernière, qui est la règle générale (§2.12).
Le Shem
Ce n'est pas un mot hébreu. (ʾArarat / אֲרָרָט) est la forme sous laquelle l'hébreu écrit Ourartou — un royaume réel, situé dans les hautes terres de l'Arménie antique, au septentrion de Shinʿar.
Le corpus ne l'explique donc pas par une racine : il nomme un lieu du monde connu, un massif que ses lecteurs situaient. C'est un des cas où le texte fait de la géographie, et où il faut la prendre pour ce qu'elle est.
Là où la tevah se pose
Le nom paraît une seule fois dans Bereshit, et à un instant précis : la tevah s'arrête sur les montagnes d'Ararat, le septième mois, le dix-septième jour.
Il faut entendre le verbe. Elle ne s'échoue pas, elle ne s'écrase pas : elle se pose. Et l'homme qui la conduit s'appelle Noach, de nuach — se poser, cesser d'errer.
Le corpus le relève lui-même : l'arche accomplit ce Shem en se posant. Le nom de l'homme et le geste du navire se rejoignent sur cette montagne.
Le premier sol du monde recommencé
C'est aussi le premier point ferme d'un monde qui vient d'être dé-créé. Les eaux se retirent, les sommets apparaissent, et le récit repart de là.
Le corpus ne fait rien de plus de ce lieu — aucun peuple n'en sort dans la table des nations, aucune promesse ne s'y attache. Il est le point où l'on touche terre, et rien d'autre. La règle de l'ONT est de ne pas combler ce que le texte laisse sobre.
Voir aussi
Qui s'y pose : Noach, et la tevah qui accomplit son Shem.
Le repère qui le situe : Shinʿar, au midi — la plaine où l'humanité se rassemblera ensuite pour bâtir.
Source
780 · אֲרָרָט