La Bible ONT — מקרא הקדם

Intraduisible

banah

בָּנָה

édifia

Prononciation

ba-NA — deux syllabes, accent sur la dernière, qui est la règle générale (§2.12).

Le h final est un he, et il ne se prononce pas : c'est une lettre-support, qui porte la voyelle sans ajouter de son. On dit ba-NA. Ne pas l'aspirer — et ne pas le confondre avec le he initial de hineni, qui s'entend, lui.

Deux verbes, deux façons de faire un être humain, et le texte prend soin de ne pas employer le même.

Pour l'adam : yatsar, le verbe du potier. On pétrit, on modèle, on donne forme à une matière molle avec les mains. Le mot est celui de l'artisan penché sur son tour.

Pour celle qui vient ensuite : banah (banah / בָּנָה). Et banah, c'est le verbe de l'architecte — on bâtit une maison, un mur, une ville, un temple. On ne modèle pas : on édifie, avec un plan, en assemblant, pour que cela tienne debout et serve.

La différence n'est pas un ornement de style. On pétrit une matière ; on bâtit une structure. Ce que le texte dit en changeant de verbe, c'est que ce qui est fait là n'est pas une seconde fournée de la même pâte : c'est une construction, avec une destination.

Laquelle ? Le texte l'a dit juste avant : ezer kenegdo — un appui qui fait face. On bâtit pour. Une maison est bâtie pour qu'on y habite, un mur pour qu'il porte ; la ʾIshah est banah pour tenir en vis-à-vis de l'ʾIsh, ce qu'il ne pouvait pas faire seul et qui manquait au monde — le seul lo tov de toute la page.

Et le matériau dit le reste. Elle n'est pas bâtie de la terre, comme lui, mais de lui : os de ses os, chair de sa chair. Ce n'est pas une origine subordonnée, c'est une parenté de substance — la même que celle qui liait l'adam à l'adamah, transposée d'un cran. Chacun est tiré de ce à quoi il est destiné.

Le corpus emploie ailleurs le même verbe pour ce qu'on dresse afin qu'il dure : les villes de Nimrod, la tour de Bavel, le mizbeach qu'on relève après les eaux.

Formes

vayiven · banah

Source

1129 · בָּנָה