Bereshit 11
Bereshit 11:1-32
La tour de Bavel
Et toute la Terre était d'une seule lèvre (safah ahat / שָׂפָה אֶחָת) [safah — la lèvre, l'organe concret de l'articulation. Non pas leshon (la langue) ni un terme abstrait : la lèvre comme instrument physique de la parole. Une seule lèvre = un seul mode de donner forme au monde par les mots — une unité fonctionnelle de la parole humaine] et de devarim unifiés (devarim ahadim / וּדְבָרִים אֲחָדִים) [devarim — intraduisible, pluriel de davar (דָּבָר) : la parole ET la chose — en hébreu antique, la parole et la réalité qu'elle désigne sont le même mot. La distinction française parole/chose n'existe pas en hébreu : un seul terme pour les deux réalités inséparables. Premier emploi de davar / devarim dans l'ONT. Ahadim — unifiés, d'un même type, convergents vers un seul horizon : non pas simplement une langue commune mais une orientation commune du davar sur le monde].
Et en cheminant depuis l'Orient (miqqedem / מִקֶּדֶם) [miqqedem — depuis/vers l'Orient, le côté du soleil levant. Mais qedem signifie aussi "l'avant, ce qui précède" — le mouvement vers l'orient est dans Bereshit le mouvement d'éloignement fonctionnel : l'expulsion de l'Eden était vers l'orient (Bereshit 3:24), Qayin s'était établi à l'orient d'Eden (Bereshit 4:16). Le texte ne commente pas — il pose le mouvement], ils trouvèrent une plaine (biq'ah / בִּקְעָה) dans le pays de Shin'ar (Shin'ar / שִׁנְעָר) et ils s'y établirent.
Et ils formulèrent (vayomeru / וַיֹּאמְרוּ) [vayomeru — la parole collective des bâtisseurs. Le texte utilise le même verbe que la parole divine performative de Bereshit 1 — mais ici c'est la parole humaine qui s'auto-mandate. La formule "allons" (havah) reproduit la structure de la parole divine "faisons" de Bereshit 1:26], chacun à son prochain : « Allons, fabriquons des briques (nivneh levenim / נִלְבְּנָה לְבֵנִים) [levenim — briques cuites au feu. Non pas la pierre naturelle que la création a posée : les briques sont fabriquées, artificielles. L'humanité bâtit avec ce qu'elle produit elle-même] et cuisons-les à la cuisson (venisrefah lisrefah / וְנִשְׂרְפָה לִשְׂרֵפָה). » Et la brique (levenah / לְבֵנָה) leur servit de pierre (even / אָבֶן) [commentaire narratif discret : brique ≠ pierre. La brique est fabriquée et périssable, la pierre est naturelle et permanente. Ce que l'humanité bâtit avec ses propres matériaux ne dure pas comme ce qu'Elohim a posé] et le bitume (chemar / חֵמָר) [chemar — goudron naturel, bitume des sources asphaltées de Shin'ar. Même terme que celui qui étanchéifiait la tevah de Noach en Bereshit 6:14 — le même matériau sert ici à construire ce que YHWH va défaire] leur servit de mortier (homer / חֹמֶר) [jeu sonore : chemar / homer — deux termes de la même famille. Le bitume (chemar) sert de mortier (homer) : le texte joue avec ses propres matériaux de construction].
Et ils formulèrent : « Allons, bâtissons (nivneh-lanu / נִבְנֶה-לָּנוּ) [banah — bâtir, ériger. Même verbe que la construction de l'Ishah en Bereshit 2:22. Ce que YHWH bâtissait, l'humanité prétend maintenant le faire pour elle-même — avec le même verbe] pour nous une ville (ir / עִיר) et une tour (migdal / מִגְדָּל) [migdal — hauteur fortifiée, tour : structure verticale qui défie la délimitation cosmique entre Terre et Cieux posée en Bereshit 1. Non pas un sacrilège au sens moral — une confusion fonctionnelle des domaines : la Voûte (raqia) est la frontière entre le domaine humain et le domaine céleste. La tour vise à franchir cette frontière] dont le sommet atteint les Cieux (verosho vashamayim / וְרֹאשׁוֹ בַשָּׁמַיִם), et faisons-nous un Shem (vena'aseh-lanu shem / וְנַעֲשֶׂה-לָּנוּ שֵׁם) [naaseh-lanu shem — "faisons-nous un Shem". L'acte de nommer appartient à YHWH : c'est lui qui nomme et fait entrer dans l'existence fonctionnelle en Bereshit 1 et 2, qui nomme les luminaires, qui permet à l'adam de nommer les créatures. Ici l'humanité prétend se donner elle-même son Shem — s'auto-nommer, s'auto-fonder dans l'ordre sans passer par YHWH. C'est le mouvement inverse de tout ce que Bereshit a posé] — de peur que nous ne soyons dispersés (pen-nafuts / פֶּן-נָפוּץ) [nafuts — se disperser. Le même terme qu'en Bereshit 10:18 et 32. Ils bâtissent précisément pour éviter la dispersion — et la dispersion sera exactement ce que YHWH accomplira. La peur nommée devient le résultat] sur la face de toute la Terre. »
Et YHWH descendit (vayered YHWH / וַיֵּרֶד יְהוָה) [yarad — descendre. L'ironie est dans le verbe : ils ont bâti une tour dont le sommet atteint les Cieux — et YHWH doit descendre pour la voir. La distance entre la prétention humaine et la réalité cosmique est rendue visible par ce seul verbe. Ce n'est pas un anthropomorphisme naïf — c'est une ironie narrative délibérée et précise] pour voir (lir'ot / לִרְאוֹת) [ra'ah — le même regard évaluateur qu'en Bereshit 1. YHWH examine — et ce qu'il voit déclenche une réponse fonctionnelle] la ville et la tour que bâtissaient les fils de l'adam (benei ha'adam / בְּנֵי הָאָדָם) [benei ha'adam — les fils de l'adam : l'humanité dans sa généralité rassemblée. Non pas "les fils d'un ancêtre" mais "les fils de l'être humain" — toute l'humanité dans cet acte collectif].
Et YHWH formula : « Voici — un peuple unique (am echad / עַם אֶחָד) et une seule lèvre pour tous (safah ahat / שָׂפָה אַחַת) [écho délibéré du v.1 — YHWH reprend les mots d'ouverture du récit. Ce que le narrateur a posé comme état, YHWH le constate comme réalité fonctionnelle] — et voici ce qu'ils ont commencé de faire (hehel / הִחִלָּם) [hehel — même racine que le hehel de Nimrod en Bereshit 10:8 : commencer et peut-être profaner. L'humanité rassemblée inaugure quelque chose — YHWH l'identifie avant d'y répondre] — et maintenant rien ne sera retenu (lo-yibatser / לֹא-יִבָּצֵר) [batsar — retenir, rendre inaccessible : de la même racine que bitser (forteresse, ce qui est hors de portée). YHWH constate une réalité fonctionnelle : si rien n'est fait, aucune limite ne tiendra pour eux] de tout ce qu'ils projettent de faire. »
« Allons, descendons (neradah / נֵרְדָה) [neradah — descente au pluriel délibératif. YHWH parle à la première personne du pluriel : "allons, descendons, confondons". Le même pluriel que Bereshit 1:26 ("faisons l'adam à notre image"). YHWH s'adresse à son Conseil divin — présence qui traversera tout l'ONT jusqu'aux Prophètes] et confondons (venablah / וְנָבְלָה) [balal — confondre, mélanger. De cette racine le texte va forger le Shem de Bavel. Ils voulaient se faire un Shem — YHWH leur donne un Shem qui dit exactement ce qui leur est arrivé : Bavel = confusion] là leur lèvre de sorte qu'ils n'entendent plus (lo yishme'u / לֹא יִשְׁמְעוּ) [shema — entendre, comprendre. La réponse de YHWH est chirurgicalement précise : il ne détruit pas la tour, il ne punit pas les bâtisseurs — il touche la lèvre, l'instrument de leur unité. Là où il y avait une seule lèvre, il y aura maintenant des lèvres qui ne se rejoignent plus], chacun la lèvre de son prochain. »
Et YHWH les dispersa (vayafets / וַיָּפֶץ) [puts — disperser. Le même puts qui décrivait la dispersion naturelle des peuples en Bereshit 10. Ce que l'humanité voulait éviter (pen-nafuts, v.4), YHWH l'accomplit. La crainte nommée est devenue le résultat] de là sur la face de toute la Terre — et ils cessèrent (vayahdelu / וַיַּחְדְּלוּ) [hadal — cesser, s'arrêter, s'abstenir. Distinct de shavat (la cessation souveraine de l'œuvre accomplie en Bereshit 2) : hadal est la cessation forcée de l'œuvre inachevée. Shavat couronne — hadal interrompt] de bâtir la ville.
C'est pourquoi on nomma (qara / קָרָא) [qara — nommer, acte souverain. Ici c'est YHWH qui nomme Bavel — l'acte de nommer appartient à YHWH, non aux bâtisseurs qui voulaient se faire un Shem eux-mêmes. Le Shem qu'ils reçoivent dit leur échec] son Shem : Bavel (Bavel / בָּבֶל) [Bavel — de balal (confondre) : étymologie hébraïque délibérément polémique. Le nom babylonien est "Bab-ilim" (porte des dieux) — là où les habitants de Bavel entendaient "porte de Dieu", l'hébreu entend "confusion". La démythologisation passe ici par l'étymologie même du nom] — car là YHWH confondit (balal / בָּלַל) la lèvre de toute la Terre — et de là YHWH les dispersa sur la face de toute la Terre.
Les toledot de Shem
Voici les engendrements (toledot / תּוֹלְדֹת) de Shem. Shem (Shem / שֵׁם) [Shem — déjà introduit en Bereshit 5 et 10. La liste des nations (Bereshit 10) s'ouvrait sur ses toledot en surface — ici commence la ligne droite de Shem jusqu'à Avraham, le fil conducteur de tout ce qui suit] avait cent ans lorsqu'il engendra Arpakhshad (Arpakhshad / אַרְפַּכְשַׁד) — deux ans après le mabbul (mabbul / מַבּוּל) [la précision "deux ans après le mabbul" ancre la généalogie dans la chronologie de la re-création. La lignée d'Avraham commence à compter depuis le mabbul comme depuis un second zéro].
Après avoir engendré Arpakhshad, Shem vécut cinq cents ans et engendra des fils et des filles.
Arpakhshad (Arpakhshad / אַרְפַּכְשַׁד) vécut trente-cinq ans et engendra Shelah (Shelah / שֶׁלַח).
Après avoir engendré Shelah, Arpakhshad vécut quatre cents et trois ans et engendra des fils et des filles.
Shelah (Shelah / שֶׁלַח) vécut trente ans et engendra Ever (Ever / עֵבֶר).
Après avoir engendré Ever, Shelah vécut quatre cents et trois ans et engendra des fils et des filles.
Ever (Ever / עֵבֶר) vécut trente-quatre ans et engendra Peleg (Peleg / פֶּלֶג) [Peleg — de palag (diviser) : son Shem porte la division des langues de Bereshit 11. La généalogie et le récit de Bavel se rejoignent ici en un seul point chronologique : la confusion des lèvres se produit dans la génération de Peleg].
Après avoir engendré Peleg, Ever vécut quatre cents et trente ans et engendra des fils et des filles.
Peleg (Peleg / פֶּלֶג) vécut trente ans et engendra Re'u (Re'u / רְעוּ) [Re'u — de ra'ah (פָּעַל) : paître, conduire un troupeau. Le pasteur — nom qui porte une fonction de conduite].
Après avoir engendré Re'u, Peleg vécut deux cents et neuf ans et engendra des fils et des filles.
Re'u (Re'u / רְעוּ) vécut trente-deux ans et engendra Serug (Serug / שְׂרוּג) [Serug — de sareg : entrelacer, ramifier. Le nom porte l'image de la ramification — un être qui se prolonge en plusieurs directions].
Après avoir engendré Serug, Re'u vécut deux cents et sept ans et engendra des fils et des filles.
Serug (Serug / שְׂרוּג) vécut trente ans et engendra Nahor (Nahor / נָחוֹר) [Nahor — de nahar : souffler fort, renifler. Nom d'un souffle puissant. Porté par deux personnages dans cette généalogie : ce Nahor grand-père d'Avraham, et Nahor frère d'Avraham au v.29].
Après avoir engendré Nahor, Serug vécut deux cents ans et engendra des fils et des filles.
Nahor (Nahor / נָחוֹר) vécut vingt-neuf ans et engendra Terah (Terah / תֶּרַח) [Terah — peut-être de yareah (יָרֵחַ) : la lune. Un nom lié au domaine lunaire — et Ur des Chaldéens, point de départ de cette famille, était un centre majeur du culte de Sin, le dieu-lune. Le Shem de Terah porte peut-être l'horizon religieux d'où sortira Avraham].
Après avoir engendré Terah, Nahor vécut cent dix-neuf ans et engendra des fils et des filles [les durées de vie se raccourcissent de génération en génération depuis le mabbul : Noach vivait 950 ans, Shem 600, Arpakhshad 438, Shelah 433, Ever 464, Peleg 239, Re'u 239, Serug 230, Nahor 148. La trajectoire est continue — l'humanité postdiluvienne s'installe progressivement dans une durée de vie plus proche de ce que le lecteur connaît].
Terah (Terah / תֶּרַח) vécut soixante-dix ans et engendra Avram (Avram / אַבְרָם) [Avram — de av (père) et ram (élevé, haut) : "père élevé". Son Shem sera complété en Avraham ("père d'une multitude") en Bereshit 17, quand YHWH lui donnera un Shem nouveau. Ici son Shem porte déjà une élévation fonctionnelle — un père qui monte avant que sa descendance soit visible], Nahor (Nahor / נָחוֹר) et Haran (Haran / הָרָן) [Haran — à distinguer de Haran la ville (חָרָן) : le personnage s'écrit הָרָן, la ville חָרָן. Les deux formes sont identiques en translittération française mais distinctes en hébreu — ambiguïté onomastique que le texte va laisser résonner : Haran meurt avant son père à Ur, et la famille s'arrêtera dans la ville de Haran].
Les toledot de Terah
Et voici les engendrements (toledot / תּוֹלְדֹת) de Terah. Terah engendra Avram, Nahor et Haran. Et Haran engendra Lot (Lot / לוֹט) [Lot — de lut (לוּט) : s'envelopper, se couvrir, voiler. Un Shem d'enveloppement et d'opacité — qui portera son sens dans le récit de Sedom].
Et Haran mourut (vayamot / וַיָּמֹת) [vayamot — la mort d'un fils avant son père. Rupture dans la chaîne des générations : dans toute la généalogie de Bereshit 5 et 11, jamais un fils ne précède son père dans la mort. Haran est le premier à mourir avant son père — bifnei Terah aviv (en présence de / devant Terah son père) est la formule hébraïque qui dit qu'il mourut pendant la vie de son père, le précédant dans la mort. Cette inversion de l'ordre générationnel installe d'emblée la fragilité dans la famille qui sera celle d'Avraham] en présence de Terah son père dans le pays de sa naissance, en Ur des Chaldéens (Ur Kasdim / אוּר כַּשְׂדִּים) [Ur Kasdim — Ur des Chaldéens, la grande cité sumérienne du bas Euphrate. Centre du culte de Sin (dieu-lune). Point de départ géographique de la lignée d'Avraham — et lieu de la mort de Haran avant même que le voyage commence].
Et Avram et Nahor prirent pour eux des femmes (nashim / נָשִׁים) [nashim — les femmes, pluriel de ishah : deux mariages décrits ensemble]. Le Shem de l'Ishah (eshet / אֵשֶׁת) d'Avram : Sarai (Sarai / שָׂרַי) [Sarai — de sar (שַׂר) : souverain, chef, celui qui gouverne. "Ma souveraine" ou "celle qui gouverne". Son Shem sera complété en Sarah (שָׂרָה) en Bereshit 17 — le changement de Shem marquant une transformation fonctionnelle. Ici elle entre dans le récit avec son Shem de gouvernance — avant que sa stérilité soit déclarée au verset suivant]. Et le Shem de l'Ishah de Nahor : Milkah (Milkah / מִלְכָּה) [Milkah — de melekh (מֶלֶךְ) : roi, royauté. "La reine". Fille de Haran — Nahor a épousé la fille de son frère mort. L'endogamie familiale est posée dès l'origine de cette lignée], fille de Haran, père de Milkah et père d'Iska (Iska / יִסְכָּה) [Iska — de sakah (שָׂכָה) : regarder, voir. Certaines traditions rabbiniques identifient Iska à Sarai — mais le texte lui-même ne tranche pas. L'ambiguïté est délibérément maintenue ouverte].
Et Sarai était stérile (aqarah / עֲקָרָה) [aqarah — de aqar (עָקַר) : arracher, déraciner. La stérile est celle dont la racine est arrachée, à qui l'enracinement dans le temps par la descendance est refusé. Premier emploi dans l'ONT — et cette stérilité va structurer tout le récit d'Avraham : la promesse d'une descendance sans nombre faite à une femme dont la racine est arrachée. L'impossibilité humaine totale est posée ici pour que la parole de YHWH s'y greffe] — elle n'avait pas d'enfant (ein lah walad / אֵין לָהּ וָלָד) [walad — l'enfant né, la naissance accomplie. Le texte redouble : stérile ET sans enfant. La répétition dit l'impossibilité absolue — deux fois le même vide, deux fois la même attente].
Et Terah prit Avram son fils et Lot fils de Haran — fils de son fils — et Sarai, l'Ishah (eshet / אֵשֶׁת) d'Avram son fils, et ils sortirent ensemble d'Ur des Chaldéens pour aller vers le pays de Kena'an (erets Kena'an / אֶרֶץ כְּנָעַן) [erets Kena'an — le pays de Kena'an : la destination annoncée dès le départ. Le mouvement vers Kena'an est initié par Terah — mais il ne l'achèvera pas. C'est Avraham qui reprendra ce mouvement en Bereshit 12, sur parole de YHWH] — et ils arrivèrent jusqu'à Haran (Haran / חָרָן) [Haran la ville — l'homonymie avec Haran le fils mort n'est pas fortuite dans un texte où les Shem portent la destinée. Ils partent après la mort de Haran, et s'arrêtent dans la ville de Haran. Le texte ne commente pas — il laisse la résonance ouverte] et ils s'y établirent.
Et les jours de Terah furent deux cents et cinq ans — et Terah mourut (vayamot / וַיָּמֹת) [vayamot — le refrain de mort. Mais Terah ne meurt pas à la fin d'un récit accompli comme dans Bereshit 5 : il meurt à Haran, à mi-chemin entre Ur et Kena'an. Le mouvement vers Kena'an reste inachevé — Terah meurt sans avoir accompli ce pour quoi il était parti. C'est Avraham qui recevra la parole et reprendra le chemin en Bereshit 12] à Haran.