La Bible ONT — מקרא הקדם

Nom propre

Kenaʿan

Prononciation

Ke-na-ʿAN — trois syllabes, accent sur la dernière, qui est la règle générale (§2.12).

Le ' est un alef ou ayin : un petit arrêt de la glotte qui coupe la syllabe, comme dans « ah ! ah ! » prononcé nettement.

La voyelle devant le n n'est pas nasale : on détache, jamais le « on » de « bon » ni le « an » de « banc ».

Le Shem

De kanaʿ (kanaʿ / כָּנַע) — s'agenouiller, être soumis, plier.

Le nom porte donc dans sa racine ce qui lui arrivera, et le corpus le relève : il est prononcé avant que l'incident n'ait lieu. Le narrateur nomme le fils de Cham au moment où il introduit la scène de la vigne, et le lecteur hébreu entend déjà l'agenouillement dans le nom.

La généalogie n'est pas neutre — elle prépare ce qui va être prononcé.

Celui sur qui tombe le arur

C'est le point difficile du chapitre, et l'ONT ne l'adoucit pas.

Cham voit la nudité de son père et le dit dehors. Mais le arur que Noach prononce au réveil ne tombe pas sur Cham : il tombe surKenaʿan, son fils, qui n'était pas dans la scène.

Le texte ne l'explique pas. Il ne dit pas pourquoi le fils porte ce que le père a fait, et la règle de l'ONT est de ne pas combler ce silence. On note ce que le texte fait — il déplace la parole d'une génération — et on ne fabrique pas la raison.

Et arur ne signifie pas la suppression. C'est la dotation qui demeure mais devient dysfonctionnelle : celui qui est frappé continue d'exister, mais ce qu'il tient ne porte plus.

Le pays qui portera le nom

Le Shem devient ensuite celui d'un pays, et c'est là que le corpus l'emploie le plus.

Le pays de Kenaʿan est la terre promise à Avraham, celle qu'il traverse sans la posséder, celle où il achète une seule caverne pour y enterrer sa ʾishah. Ses peuples figureront dans la liste de ceux qu'il faudra déposséder — sept peuples dont l'avon était complet au temps de la conquête, précise le corpus.

Ce dernier point est décisif pour ne pas mal lire : ce n'est pas le arur d'un ancêtre qui justifie la dépossession, c'est un avon accompli. Le corpus tient les deux séparés.

Voir aussi

Sa maison : Cham son père, Noach son grand-père, Shem-fils-de-Noach et Yafet ses grands-oncles.

Ce que son Shem touche : le arur prononcé sur lui, l'avon de ses peuples, et la terre promise qu'il nomme.

Ce qui reste à écrire : le pays traverse tout *Bereshit* 12 à 50 ; cette fiche s'enrichira à mesure que la couche y sera portée.

Source

3667 a · כְּנָעַן