Intraduisible
toledot
תּוֹלְדוֹת
engendrements
Prononciation
TO-LE-DOT — trois syllabes, accent sur la dernière, qui est la règle générale (§2.12).
Ce que le mot dit
Toledot (תּוֹלְדוֹת) vient de יָלַד — enfanter, mettre au monde. La forme est causative : ce ne sont pas les naissances, ce sont les engendrements.
Ce que le mot désigne, ce n'est donc pas une liste de gens. C'est ce qui est sorti de. Ce qu'une chose a produit.
Pourquoi ce n'est pas une généalogie
Nous lisons « généalogie » et nous pensons : un arbre, des dates, des ancêtres. Une pièce d'archive.
Regarde alors ce qui gêne : le corpus emploie toledot pour les Cieux et la Terre — elleh toledot hashamayim vehaʾarets. Or les Cieux n'ont pas de descendance.
La formule ne dit pas « voici les ancêtres ». Elle dit voici ce qui est sorti de ceci. Une généalogie n'en est qu'un cas particulier, celui où la chose qui produit est un homme.
Ce que le mot fait dans le récit
C'est un mot d'articulation. Il ne raconte pas, il découpe : chaque fois qu'il paraît, il ferme ce qui précède et ouvre ce qui suit.
Sa fonction est donc architecturale plus que narrative. Il dit que l'histoire procède, que rien n'apparaît sans venir de quelque chose. Dans un monde où exister c'est tenir une place, toledot dit d'où la place a été reçue.
Ce sur quoi cette fiche repose
Les emplois de Bereshit, dont celui des Cieux et de la Terre en 2:4 — le plus révélateur, parce qu'il résiste à la lecture généalogique.
Formes
toledot · toledotam · toledotav · elleh toledot
Source
8435 · תּוֹלְדֹת