La Bible ONT — מקרא הקדם

Chapitre 3

Sefar Gibbaraya 3

Les noms des puissants

Voici les noms des gibbarayaʾ [une liste de noms est une pièce, dans ce monde, non une commodité de lecture. On en dresse pour les fils d'un père, pour les rois d'une ville, pour les bêtes et les jarres d'un domaine : ranger des noms à la file, c'est inscrire quelque part. Et le chapitre s'ouvre par les mots mêmes qui ouvriront Shemot — elleh shemot, voici les noms. Là-bas ils comptent ceux qui descendent en Mitsrayim et qui en sortiront ; ici ils comptent ceux que les eaux vont effacer. La même formule, deux issues] : ʾOhyah (ʾOhyah / אוהיה) [étymologie incertaine — racine hébraïque non identifiable avec certitude dans les fragments ; géant majeur lié aux songes], Hahyah/Ahyah (Hahyah/Ahyah / ההיה) [étymologie incertaine — vocalisation Hahyah/Ahyah laissée ouverte par les manuscrits ; frère d'Ohyah], fils de Shemichazah [chef des ʿirin (ch. 1)] [et le père nommé est l'un des ʿirin. *Genèse* 6:4 dit seulement que les gibborim naquirent de l'union, et ne nomme aucun père : la Torah laisse la filiation ouverte. Ce livre-ci l'écrit, et il l'écrit dans les deux sens — deux fils reçoivent un père, et Shemichazah devient le père de quelqu'un, ce qu'un veilleur ne pouvait pas être] ; Mahaway (Mahaway / מהוי) [malʾakh des gibbarayaʾ — envoyé vers Chanokh pour recevoir l'interprétation ; envoi venant d'en bas, sans mandat divin — inversion de la structure du malʾakh YHWH], fils de Baraqel [l'un des ʿirin, père de Mahaway] ; Gilgamesh (Gilgamesh / גלגמיש) [nom de mémoire mésopotamienne placé ici sous décret] ; Chobabish (Chobabish / חובבש) [nom étranger intégré à la mémoire des gibbarayaʾ] [la recherche le rapproche de Humbaba, le gardien de la forêt de cèdres que le roi d'Ourouk abat dans l'épopée. Le rapprochement n'est pas assuré et se discute encore ; s'il tient, la liste range le tueur et sa victime côte à côte, sous le même décret et sans un mot pour les séparer] [et la liste a une forme, qu'il faut voir avant son contenu. Les trois premiers noms sont donnés « fils de » quelqu'un ; les deux derniers arrivent sans père. Dans une liste ancienne, être fils de quelqu'un est ce qui vous situe — c'est ainsi que *Bereshit* 10 range les peuples, et c'est la seule adresse dont on dispose. Gilgamesh et Chobabish entrent donc dans cette mémoire par le nom seul, sans rien qui les rattache à personne].

Ces noms furent grands parmi les hommes, mais leur Shem (shem / שֵׁם) [et le verset ne conteste pas leur renom. Ils l'ont eu, il fut grand, la mémoire des nations l'a gardé. Seulement le Shem n'est pas une réputation : c'est la place qu'on occupe dans l'ordre, ce qui fait qu'on est quelqu'un et non quelque chose. *Genèse* 6:4 les nomme déjà anshei ha-shem, « les hommes du Shem », et c'est là toute la pointe : on peut avoir le Shem que les hommes donnent et n'avoir aucune place] ne les établit pas [« établir » est le mot du relèvement, dans ce corpus : la racine est celle qui fait se tenir debout, et c'est elle qui dit ce que YHWH fait d'une berith — il ne la conclut pas, il la fait tenir. Un Shem qui n'établit pas est donc un nom qu'on peut prononcer et qui ne soutient personne : il ne porte aucun poids, ni pour celui qui le porte, ni pour ceux qui le disent] dans le tsedeq (tsedeq / צֶדֶק) [ordre juste, conformité fonctionnelle au domaine assigné ; non pas justice abstraite grecque] [et le mot vient du marché. *Lévitique* 19:36 réclame des balances de tsedeq, des poids de tsedeq, un boisseau de tsedeq — et un poids de tsedeq n'est pas un poids honnête au sens où nous l'entendons : c'est un poids qui pèse exactement ce qu'il annonce peser. Tenez la pierre dans la main, posez-la sur le plateau : soit elle dit vrai, soit elle ment, et rien d'intérieur n'entre là-dedans. Voilà ce qui manque à ces noms : ils annoncent une grandeur, et ils ne pèsent pas ce qu'ils annoncent].

ʾOhyah était puissant parmi eux, et Hahyah/Ahyah son frère se tenait avec lui [retiens ces deux-là, ce sont eux qui rêveront. Le livre ne fait pas d'eux les plus violents ni les plus grands : il en fait ceux à qui la vision arrive, et c'est déjà un renversement. Dans les récits des nations, le songe qui décide vient au roi, et il lui vient parce qu'il est roi. Ici il vient à des puissants qui ne sauront pas le lire] [« puissant parmi eux » gradue ce qui n'a pas de mesure. Le dire de l'un d'entre eux n'ajoute rien à l'ordre du monde : cela note seulement qu'à l'intérieur d'une masse que personne n'a postée, il y a encore des rangs. Un rang n'est pas une place — l'un se prend sur ceux d'à côté, l'autre se reçoit de plus haut. Tout le chapitre travaille cet écart] [et voyez la barre entre les deux formes du second nom. Elle n'est pas une hésitation d'éditeur qu'on aurait oublié de lever : c'est l'état du témoin. Les fragments sont brisés, l'araméen s'écrit sans ses voyelles, et rien ne dit laquelle des deux prononciations portait ce frère. Trancher donnerait une page plus lisse et ferait croire à un savoir qu'on n'a pas ; l'ONT laisse donc les deux debout].

Mahaway était mobile entre les lieux [et le voilà nommé par un mouvement. Dans une liste où chacun est désigné par ce qu'il pèse ou par le père dont il sort, celui-ci est désigné par ce qu'il traverse. C'est exactement la définition d'un envoyé, et c'est ce qui le rendra utilisable au chapitre 6 : il est le seul de la bande dont la valeur ne soit pas une masse], capable d'aller chercher réponse auprès de Chanokh lorsque les songes devinrent trop lourds [un songe pesant se porte chez quelqu'un, et dans le monde où ce livre se dit, ce quelqu'un est un homme de métier : il tient des recueils où les images sont rangées par séries, il sait ce que vaut une eau, un feu, un arbre arraché, et le roi ne se lève pas sur un rêve avant qu'il ait parlé. Les gibbarayaʾ ont les songes et personne pour les lire. C'est pour cela qu'il leur faudra envoyer l'un des leurs hors de leur propre monde (ch. 6)] [et une réponse, dans ce monde, est quelque part. On ne consulte pas à distance : il faut le temps d'une marche, et c'est pourquoi les lieux où l'on interroge sont des lieux, avec une porte, un seuil et des gens qui attendent leur tour. Le verset compte donc un prix que nous ne comptons plus : savoir demande de partir, et de revenir].

Gilgamesh fut nommé parmi eux, et avec lui Chobabish [ce nom-là, tout le monde le connaissait. L'épopée du roi d'Ourouk s'est recopiée pendant des siècles, et jusqu'ici : on en a retrouvé un morceau à Meguiddo, en Kenaʿan. Ce qu'elle raconte est resté : un roi qui pèse trop lourd pour sa propre ville, qui va tuer le gardien de la forêt, et qui court après une vie qu'il n'obtiendra pas. Celui qui rencontre ce nom ici ne découvre donc pas un inconnu — il le trouve rangé parmi les fils de la démesure, et le livre n'argumente pas : il le met dans la liste] [et l'épopée finit sur un mur. Le roi rentre bredouille de sa course après la vie, et le poème s'achève comme il avait commencé : en faisant admirer la muraille de sa ville, la brique cuite, les fondations. Voilà ce qu'un homme laisse quand il n'a que sa force — ce qu'il a bâti. Le livre qu'on lit ici mesure autrement : ce qui reste d'un homme n'est pas son ouvrage, c'est la place qu'il a reçue, et c'est pourquoi il peut prendre ce nom sans discuter un seul de ses exploits] [« fut nommé » — et le verbe est passif. Il n'est pas venu s'inscrire : on l'a inscrit. Porter quelqu'un sur une liste est un acte qu'on exerce sur lui et non avec lui, et personne n'a demandé au roi d'Ourouk ce qu'il pensait du rang qu'on lui donne].

Ces noms venus de la mémoire des nations furent pris dans le récit des gibbarayaʾ et soumis à une autre lecture [le livre ne dit pas qu'ils n'ont pas existé, et ne dit pas non plus qu'ils étaient méprisables. Il fait autre chose, et c'est plus radical : il change le dossier où leur nom est classé. Mêmes exploits, même mémoire, versés dans une autre affaire — celle de ce qui a pesé sur la Terre avant les eaux. Rien n'est nié ; tout est recompté] [et le corpus a déjà ce geste, sur des choses. Au cinquième jour, les grands dragons des eaux — divinités du chaos chez les voisins — deviennent des vivants parmi d'autres, comptés dans une liste ordinaire. À Bavel, le nom qui voulait dire « porte du dieu » est renvoyé à balal, « il embrouilla ». C'est la même opération ici, appliquée cette fois à des noms d'hommes : on ne réfute pas, on reclasse] [et une liste appartient à un peuple. Chacun garde la sienne, et ce qu'il y range dit ce qu'il tient pour grand. Prendre un nom dans la liste d'un autre pour le ranger dans la sienne n'est donc pas un emprunt d'ornement : c'est une prétention sur ce qui compte].

Ils ne furent pas célébrés comme héros d'épopée, mais placés sous le décret de celui qui ordonne les domaines [deux façons de compter un homme se croisent ici. L'épopée le mesure à ce qu'il a accompli, et plus il déborde, plus elle chante. Le décret (din / דין) le mesure à la place qu'il tient, et ce qui déborde y est précisément ce qui accuse. Noter enfin qui prononce : non un juge venu du dehors, mais celui qui a attribué les domaines. La main qui a séparé est la même que celle qui juge ce qui a franchi] [le mot araméen qui porte ce décret est din, et c'est celui de *Daniel* 7:10 : le jugement siégea, et les livres furent ouverts. Un même mot pour la sentence et pour la cour qui la rend — parce que dans cette langue la décision et l'instance qui la prend ne se séparent pas. Il n'y a pas de règle qui flotterait au-dessus des personnes : il y a quelqu'un qui siège] [et deux régimes de parole se croisent ici. Une épopée se récite : elle a un auditoire, un rythme, et elle vit de revenir. Un décret ne se récite pas — il se lit une fois, devant celui qu'il vise, et toute sa force est de n'avoir pas besoin d'être redit. Le verset fait passer ces noms de l'un à l'autre en une ligne].

Les gibbarayaʾ se réunissaient en assemblée (kenishtaʾ / כנישתא) [assemblée de délibération ; ici pseudo-conseil des puissants, sans mandat royal légitime] [et une assemblée se tient quelque part. Dans les villes de ce monde, elle siège à la porte : c'est là qu'on achète un champ devant témoins (*Genèse* 23:10), là qu'on règle une affaire de rachat (*Ruth* 4:1-11), là que passe tout ce qui entre et sort. Une décision prise à la porte est prise devant tout le monde, et c'est ce qui la rend opposable ensuite. Le verset ne dit pas où celle-ci se réunit] [et il y a un vrai conseil dans ce corpus. YHWH y siège, l'armée des Cieux se tient à sa droite et à sa gauche, et un dessein s'y forme (1 Rois 22:19-22) ; c'est là qu'on entend ha-satan prendre la parole en *Iyov* 1. Ce qui s'y décide engage parce que quelqu'un y préside. L'assemblée du verset a toute la forme — on s'y réunit, on y parle, on y décide — et il n'y a personne au bout de la table].

Ils parlaient comme ceux qui gouvernent, mais leur gouvernement n'avait pas été attribué [gouverner, dans ce cosmos, ne se prend pas : cela se reçoit. Les luminaires gouvernent le temps parce qu'ils ont été installés dans la voûte pour cela (natan / נָתַן) ; l'Être façonné du sol gouverne le vivant parce que le mandat lui a été remis, et il peut en rendre compte. Un gouvernement que personne n'a attribué n'est donc pas un pouvoir illégitime au sens où nous l'entendons, avec un titulaire légitime qu'on aurait écarté — il est vide, il ne repose sur rien, et il ne tient qu'aussi longtemps que la force qui le tient] [et un mandat, ça se voit. Un gouverneur du Proche-Orient ancien porte un sceau : on le roule sur l'argile fraîche, l'empreinte s'y imprime, et c'est elle qui parle à sa place quand il n'est pas là. Ce qui manque à cette assemblée n'est donc pas la force — elle en a plus que quiconque : c'est l'empreinte de quelqu'un d'autre sur ce qu'elle décide] [et un envoyé ouvre toujours en nommant celui qui l'envoie. « Ainsi parle un tel » : la formule est celle des messagers, des hérauts et des lettres, et elle deviendra celle des neviʾim — « ainsi parle YHWH ». Rien de ce que dit cette assemblée ne peut commencer ainsi : il n'y a personne à nommer devant leurs paroles].

Ils portaient des noms, mais leurs noms ne les inscrivaient pas dans l'ordre juste [le verset 2 revient, dans d'autres mots, et ferme le passage sur lui-même : là un Shem qui n'établit pas dans le tsedeq, ici des noms qui n'inscrivent pas dans l'ordre juste. Entre les deux, la scène de l'assemblée aura servi de démonstration : ils parlent comme on gouverne, ils portent des noms comme on en porte, et rien de tout cela n'inscrit. La reprise ne répète pas, elle conclut] [et l'on est inscrit ailleurs que chez soi. Le corpus connaît un livre où sont écrits ceux qui appartiennent : un homme demande à en être effacé plutôt que de voir son peuple perdu (*Exode* 32:32-33), et *Daniel* 12:1 dit que sera délivré quiconque s'y trouve écrit. Être inscrit n'est donc pas porter un nom : c'est figurer sur une liste que quelqu'un d'autre tient. Le songe de la tablette (ch. 5) leur montrera de quelle liste il s'agissait] [et un nom qu'on dit n'est pas un nom qu'on tient. Le premier vit tant qu'il y a des bouches pour le répéter, et il s'éteint avec elles. Le second est rangé quelque part, sur un support, et il subsiste quand plus personne ne le prononce. Les deux ne s'échangent pas : toute la renommée du monde ne fait pas une inscription].

Alors leurs paroles commencèrent à changer [c'est ici que le livre bascule, et la charnière est un changement de sujet de conversation. Jusque-là ils parlaient de ce qu'ils peuvent faire ; à partir d'ici, de ce qui leur arrive. La liste qui suit n'est d'ailleurs pas une énumération : eau, feu, tablettes, noms effacés, ce sont les deux songes des chapitres 4 et 5, que le lecteur entend nommer avant qu'on les lui raconte]. Auparavant, ils parlaient de force, de guerre et de prise ; puis ils parlèrent de songes (chelmin / חלמין) [rêves porteurs de décret dans l'imaginaire apocalyptique araméen], de signes [un signe se lit, il ne se ressent pas. Dans le monde de ce livre, on ne fait rien d'un présage tant qu'un homme n'a pas confronté l'image à ce qui est écrit : un vol d'oiseaux, une forme dans le foie d'une bête, une lune mangée — tout cela est rangé, apparié, tranché par métier, sur des tablettes qu'on interroge. Les gibbarayaʾ reçoivent des signes et n'ont pas la table où les apparier ; c'est ce manque-là, et non un manque de force, que le verset installe] [et un songe, dans ce monde, n'est pas une affaire privée. Celui qui vient à un roi porte sur le royaume : il annonce une famine, une chute, une durée de règne, et c'est pour cela qu'on convoque des hommes pour le lire au lieu de le garder pour soi. Ce que ces songes-ci portent est donc l'assemblée entière, et non deux frères qui ont mal dormi] [et l'on va parfois chercher un songe. On se couche dans un sanctuaire pour en recevoir un, et les récits de Mésopotamie racontent des rois qui s'y rendent avant de bâtir, pour savoir ce qu'on attend d'eux. Ceux-ci ne sont allés nulle part : les songes sont venus, et ils sont venus à des gens qui n'ont aucun lieu où les porter], d'eau, de feu, de tablettes et de noms effacés.

La vision entra dans leur assemblée [et notez qu'elle entre. Elle ne les convoque pas ailleurs, elle ne les fait pas monter : elle vient chez eux, dans le lieu même où ils se croyaient entre eux et où l'on comptait les prises. C'est le mouvement que ce corpus donne au davar — il arrive à quelqu'un, on ne va pas le chercher —, et il faut mesurer ce que cela leur retire : il n'y a pas de porte à fermer] comme une limite que le bras ne pouvait briser [le bras est leur mesure entière, et le livre l'a déjà fait dire par l'un d'eux : « avec la force de mon bras puissant » (ch. 2). C'est aussi la phrase exacte que les rois faisaient graver sur leurs stèles, avant la liste des villes prises. Ici, pour la première fois, quelque chose se tient devant eux que le bras ne peut ni saisir ni rompre : non un adversaire plus fort — ce serait encore de la force, et l'on saurait quoi en faire — mais une chose d'un autre ordre que la force].

Les fils de la démesure comprirent que la grandeur de leur chair ne suffisait pas contre une écriture céleste [écrire est le geste par lequel une décision cesse d'être révocable. Une parole se reprend ; une tablette se grave, se scelle, se range, et celui qui la lit arrive après que la chose ait été décidée. Ce n'est pas un sort qui serait fixé d'avance dans les astres, ni un fil que l'on filerait : c'est un décret déjà pris, mis par écrit comme un roi fait sceller le sien. Ce qu'ils comprennent n'est donc pas qu'ils vont mourir — c'est que la chose ne se combat pas. Le songe de la tablette (ch. 5) leur montrera ce que cette écriture fait de leurs noms] [et chez les voisins, une tablette pareille se vole. Leurs récits en connaissent une qui porte les destins et qui donne le pouvoir à qui la tient : un oiseau de tempête la dérobe au dieu qui la gardait, et il faut aller la reprendre par les armes. Là-bas, l'écriture d'en haut n'est donc pas une limite — c'est un enjeu de bataille, et un bras peut quelque chose contre elle. Ici il n'y a rien à aller reprendre : personne ne tient la tablette pour quelqu'un d'autre, et c'est cela que leur force découvre] [et « la grandeur de leur chair » est une mesure prise sur ce qui meurt. Le corpus a un mot pour cela — basar, ce par quoi on est un vivant parmi les vivants. Ce n'est ni le contraire de l'esprit ni le siège du désir, comme le français l'a entendu plus tard : c'est l'existence incarnée, fragile et partagée, ce qui respire et qui cesse. Bâtir sa grandeur là-dessus n'est pas être fort à tort — c'est appuyer son poids sur ce qui va s'en aller].

Notes philologiques

  • Les noms ʾOhyah, Hahyah, Mahaway, Gilgamesh et Chobabish sont attestés dans les fragments ou dans les traditions étroitement associées.
  • Les graphies araméennes sont données comme repères de niveau 3 ; les manuscrits étant fragmentaires, l'appareil critique complet exigerait une édition diplomatique. La vocalisation Hahyah/Ahyah est laissée ouverte.
  • Gilgamesh et Chobabish ne sont pas des importations héroïques célébrées ; ils sont réinterprétés dans un cadre juif de jugement. Chobabish est souvent rapproché de Humbaba dans la recherche moderne.

Notes ontologiques

  • Le Shem peut être mémoire de puissance sans être établissement dans l'ordre.
  • L'assemblée des gibbarayaʾ imite le conseil, mais sans mandat.
  • La vision limite la force : elle introduit un ordre que la puissance physique ne peut pas manipuler.

Parallèles bibliques éventuels