La Bible ONT — מקרא הקדם

Intraduisible

ha-satan

הַשָּׂטָן

ha-satan

Prononciation

ha sa-TAN — 2 mots, chacun accentué sur sa dernière syllabe, qui est la règle générale (§2.12).

Une assemblée. Ceux qui servent se présentent devant celui qui gouverne, et parmi eux il y en a un dont la charge est de relever ce qui ne va pas. Il examine, il objecte, il met en cause. Rien dans la scène n'indique qu'il soit un ennemi : il est à sa place, dans le Conseil, et il fait ce pour quoi il est là.

Le mot pour cela est satan — de la racine qui veut dire accuser, s'opposer, se dresser en travers. Et le corpus l'écrit presque toujours avec l'article : ha-satan (ha-satan / הַשָּׂטָן), l'accusateur. Cet article change tout, et il est facile à ne pas voir.

Un article défini ne se met pas devant un nom propre. On ne dit pas « le Pierre ». S'il est là, c'est que le mot désigne une fonction, pas quelqu'un : l'accusateur, celui qui tient ce rôle-là — comme on dirait le procureur, le greffier, le veilleur.

Ce qui écarte d'un coup deux lectures que l'histoire a superposées au texte. Ce n'est pas le Satan du dualisme — un dieu rival, un principe du mal, une puissance qui disputerait le monde à YHWH : le corpus hébreu ne connaît aucune symétrie de ce genre, et un fonctionnaire du Conseil n'est le rival de personne. Et ce n'est pas non plus le serpent du Jardin : le texte ne les identifie jamais, et l'assimilation est très postérieure.

Le mot peut d'ailleurs se dire d'un homme, ou même d'un envoyé de YHWH qui se dresse en travers d'un chemin pour arrêter quelqu'un. Être un satan, c'est occuper une position — se tenir en obstacle —, pas appartenir à une espèce.

Son locus véritable est Iyov, où toute la scène d'ouverture est une séance du Conseil, et le traitement définitif y est réservé. Ce qu'il faut tenir d'ici là : quand le corpus le nomme, il ne montre pas un adversaire cosmique. Il montre une charge dans une assemblée, et il garde l'article pour le dire.

Source

7854 · הַשָּׂטָן

Dans le corpus

7 occurrences