La Bible ONT — מקרא הקדם

Intraduisible

tsedeq

צֶדֶק

tsedeq

Prononciation

tse-DEQ — deux syllabes, accent sur la dernière, qui est la règle générale (§2.12).

Le ts est un tsade : d'un seul geste, comme dans « tsar ».

Le q est un qof : un k produit tout au fond, contre la luette.

Un fil à plomb pendu le long d'un mur. Le mur est droit ou il ne l'est pas, et cela ne se discute pas : le fil le dit. L'hébreu appelle tsedeq (tsedeq / צֶדֶק) cet état de conformité — non pas une opinion sur ce qui devrait être, mais l'aplomb effectif d'une chose par rapport à ce qu'elle doit être.

C'est la racine dont sortent trois mots que le corpus ne confond jamais. Le tsedeq est l'ordre juste lui-même. La tsedaqah en est la forme agissante — le fait de tenir cet ordre autour de soi. Le tsadiq est l'homme chez qui il tient. Et son envers, le rashaʿ, est celui dont l'existence a dévié.

Le français a fondu tout cela dans « justice », et le mot a pris une couleur qu'il n'a pas en hébreu. Notre justice est morale et abstraite : une idée qu'on peut discuter en soi, une vertu qu'on possède, une institution. Le tsedeq ne se discute pas plus qu'un aplomb : il se vérifie. Des poids exacts dans un sac, une frontière de champ respectée, un salaire versé le soir même, une veuve qui n'est pas dépouillée — voilà où il se constate.

Le nom d'un homme le porte, et cet homme paraît une seule fois dans tout le corpus. Malki-tsedeq — malki : mon roi ; tsedeq : l'ordre juste. Il sort à la rencontre d'Avram avec du pain et du vin, il est Kohen d'ʾEl ʿElyon, il bénit, il reçoit le dixième, et il disparaît. Ni lignée, ni sanctuaire, ni loi : la fonction avant l'institution, et le nom dit ce qu'il tient.

Le mishpat, enfin, est ce qui rétablit le tsedeq quand il s'est rompu. L'un est l'état, l'autre l'acte — et le corpus les nomme presque toujours ensemble, parce qu'un ordre sans décision qui le redresse ne tient pas une génération.

Source

6664 · צֶדֶק

Dans le corpus

6 occurrences