La Bible ONT — מקרא הקדם

Toledot Adam ve-Chavah 6

Le témoignage de Chavah

Quand ils furent revenus, et qu'Adam vit qu'il n'y avait pas de remède, Chavah se tint au milieu de ses enfants, et elle dit : « Écoutez-moi, mes enfants, et je vous dirai comment nous avons dévié, et ce que nous avons perdu — afin que vous le sachiez, et vos fils après vous.

Aux jours du Jardin, votre père et moi étions revêtus de la kavod (kavod / כָּבוֹד) [la densité, le poids fonctionnel d'existence — nous en étions revêtus comme d'un vêtement de lumière], et nous ne connaissions pas la nudité ; car il n'y avait entre nous et YHWH Elohim (YHWH Elohim / יְהוָה אֱלֹהִים) aucun écart, et nous marchions devant sa face sans nous détourner.

Et YHWH Elohim nous avait donné tout arbre du Jardin pour nourriture ; un seul, il l'avait retenu — l'arbre de la connaissance de ce qui est tov (tov / טוֹב) [ajusté à sa fonction dans l'ordre] et de ce qui est ra (ra / רַע) [l'opposé fonctionnel de tov — ce qui rate sa destination] — disant : « Le jour où vous en mangerez, vous retournerez au sol concret. »

Or le serpent (hanachash / הַנָּחָשׁ) était le plus habile (arum / עָרוּם) [habile : la capacité de percevoir les relations entre les choses] de toutes les bêtes des champs.

Il vint à moi comme je me tenais seule près de l'arbre, et il formula sa parole de travers : « Est-ce vrai qu'Elohim a dit : vous ne mangerez d'aucun arbre du Jardin ? »

Et je lui répondis : « Nous mangeons des arbres du Jardin ; mais du fruit de l'arbre qui est au milieu, Elohim a dit : vous n'en mangerez pas, de peur que vous ne retourniez au sol concret. »

Alors le serpent dit : « Vous ne retournerez pas au sol concret.

Car Elohim sait que le jour où vous en mangerez, vos yeux s'ouvriront, et vous serez comme Elohim, connaissants de ce qui est tov et de ce qui est ra. »

Et je regardai l'arbre, et je vis qu'il était tov pour la nourriture, et qu'il était un plaisir pour les yeux, et désirable pour rendre habile.

Et ma main se tendit avant que mon cœur eût jugé ; je pris de son fruit, et j'en mangeai ; et j'en donnai aussi à votre père qui était avec moi, et il mangea.

Et à l'instant, nos yeux s'ouvrirent, comme le serpent l'avait dit.

Mais ce que ce regard vit d'abord ne fut pas la grandeur d'Elohim : ce fut nous-mêmes. Nous nous vîmes dénudés de la kavod [dénudés de la gloire — l'allègement (qalal / קָלַל) de ce qui nous tenait], allégés du poids qui nous avait revêtus ; et pour la première fois nous eûmes honte l'un devant l'autre.

Et nous cousîmes des feuilles de figuier, et nous nous en couvrîmes, car nous ne pouvions plus soutenir d'être vus.

Et vers le déclin du jour, nous entendîmes le son (qol / קוֹל) de YHWH Elohim qui marchait dans le Jardin à la Ruach (ruach / רוּחַ) [souffle-vent-esprit — ici la brise du soir] du jour.

Et nous, qui avions été façonnés pour lui faire face, nous nous cachâmes de sa face (panim) [la face pour laquelle nous fûmes façonnés ; nous en détourner, c'est nous tourner désormais vers la face du sol concret] parmi les arbres du Jardin.

Et YHWH Elohim appela votre père et dit : « Où es-tu ? »

Et votre père répondit : « J'ai entendu ton son dans le Jardin, et j'ai eu peur, car j'étais nu, et je me suis caché. »

Et YHWH Elohim dit : « Qui t'a dit que tu étais nu ? As-tu mangé de l'arbre dont je t'avais instruit de ne pas manger ? »

Et votre père dit : « La ishah que tu as placée avec moi, c'est elle qui m'a donné de l'arbre, et j'ai mangé. »

Et YHWH Elohim me dit : « Qu'as-tu fait ? » Et je dis : « Le serpent m'a induite, et j'ai mangé. »

Ainsi chacun de nous rejeta la faute sur un autre, et nul ne se tint devant sa propre déviation.

Alors YHWH Elohim réordonna nos vies : au serpent, de ramper ; à moi, la douleur (itsavon / עִצָּבוֹן) [la douleur qui traverse désormais la génération et le travail] dans l'enfantement ; à votre père, la sueur, et l'épine, et le retour au sol concret.

Et YHWH Elohim ne nous laissa pas nus comme nous l'étions devenus : il nous fit des enveloppes de peau (kotnot or / כָּתְנוֹת עוֹר) [or : la peau, la dépouille — ce que le texte dit sans le commenter : qu'une créature dut mourir pour nous couvrir], et il nous en revêtit.

Nous qui avions porté la kavod comme un vêtement, nous fûmes revêtus de la peau des bêtes ; et à ce vêtement même nous connûmes ce que nous avions perdu.

Et il nous renvoya du Jardin, pour servir le sol concret d'où votre père avait été pris ; et il établit les Kheruvim pour garder le chemin de l'arbre de la Vie.

Voilà, mes enfants, pourquoi votre père retourne aujourd'hui au sol concret, et pourquoi la mort est entrée parmi nous.

Ne dites pas dans vos cœurs : c'est Elohim qui a manqué envers nous. Car Elohim ne nous a pas retiré sa face ; c'est nous qui avons quitté l'ordre où nous étions tov, et qui avons voulu juger nous-mêmes ce que lui seul ordonne. »